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360.
Rhône / Beaujolais.
Trois manuscrits, de la même provenance que le lot précédent, mais d’une
main plus ancienne, peut-être celle d’Alexis Noyel de Belleroche (Villefranche 1703/1775), physicien, grand
bailli d’épée du Beaujolais, secrétaire perpétuel de l’Académie de Villefranche (1739-1745) et membre de
l’Académie de Lyon (1745-1775). Un des manuscrits possède plusieurs signatures « Noyel ».
- Manuscrit autographe d’un « Discours sur la subordination prononcé à la rentrée de bailliage du Beaujolais, après
la St Martin 1733 ». 14 pp. in-4 avec qq. corrections.
- Manuscrit autographe « Ethica seu moralis », daté 1721, portant 2 signatures « Noyel ». 52 pp. in-8.
- Manuscrit en partie autographe, avec additions et corrections de la même main que les précédents. 113 pp.
couverture de réemploi en parchemin avec lacet de fermeture. Vers 1730. Textes en vers tirés d’auteurs contemporains
et textes originaux avec corrections et passages entièrement réécrits, dans un esprit libertin et licencieux : La Culotte
conte tiré de Bocace, le valet du couvent, la queue de la jument, etc.
400 / 800 €
361.
Roumanie. Elisabeth de Roumanie
(1843/1916), reine de Roumanie (1881-1914). L.A.S. à Coquelin
aîné. 10 pp. in-4. Sinaia (Romanie), 24 juin 1903. Grande enveloppe timbrée.
Très longue et magnifique lettre à l’acteur Constant Coquelin, créateur du rôle de Cyrano de Bergerac.
« Mon
cher Cyrano, Prenez votre voix la plus murmurée, celle avec laquelle vous soufflez les paroles d’amour que vous
n’osez dire, celle avec laquelle Gringoire n’avoue pas qu’il meurt s’il n’est pas compris, et soyez mon interprète auprès
de ces deux chers poètes, vous qui m’avez annoncé cette fête de l’âme, vous qui êtes le porte-voix des plus grands
poètes, parlez pour moi cette fois ! Je n’ose pas leur écrire directement car il me semble que je deviendrai muette
devant leur éloquence, interdite devant leur splendeur, silencieuse et songeuse devant la puissance du verbe entre
leurs mains […]. Nous avons oublié les horreurs et la terreur, nos peines et nos soucis, nous ne nous sommes plus
vus mille ans en arrière, lorsque les Prétoriens tuaient et couronnaient, lorsque Rome et Byzance déclinaient dans la
fange –
nous marchions avec des ailes aux pieds, dans le jardin des fées, entourés d’harmonies et de parfums,
avec la sensation que l’humanité faisait un grand pas en avant vers l’éternellement pur et l’éternellement
brave.
Rostand pouvait se passer de vers ! Il semait les fleurs sur son passage comme un Dieu de l’Inde, et nulle
autre que Vogué ne devait le recevoir ! C’était comme la résonnance d’un temple majestueux aux sons de la voix d’un
troubadour. Ah ! il y a longtemps que j’aime ces deux hommes admirables comme des frères. Ils font comprendre
l’inspiration biblique qui paraît toujours céleste […]. Depuis la première lecture mon cœur brûle à quarante degrés
pour leur dire – leur dire – leur dire […] ». ».
Avec deux petites photos de la reine Elisabeth et du roi Charles I
er
de Roumanie.
400 / 600 €
362.
Russie. Michel François Damame-Démartrais
(1763/1827), peintre et graveur ; il vécut en
Russie jusqu’en 1805 et en rapportât des dessins qui lui servirent à la publication de plusieurs ouvrages.
L.A.S. à « Monseigneur », 1 p. in-folio. Paris, 25 novembre 1819.
Publication des
Vues des principales villes de Russie
. « J’ai l’honneur de prévenir Votre Excellence que je viens de
déposer au bureau des Beaux-arts trente cahiers de gravures formant le complément de la 7
ème
, 8
ème
et 9
ème
livraison
de mon ouvrage sur les points de vue, les usages et voitures de Russie […] ».
Accompagnée du prospectus de l’ouvrage « Vues des principales villes de Russie ; usages et costumes des habitans
de cet empire, dessinés et gravés par M.-F. Damame-Démartrais », 2 pp. in-4.
300 / 500 €
363.
Saint-Domingue.
6 lettres de Joseph Orens Cénac de Montcaud + 1 de Bajon, colons de Saint-Domingue.
21 pp. in-4. Petit-Goave [Saint-Domingue], 1770-1782. Rognures en haut des lettres.
Correspondance de Cénac de Montcaud, prévôt de la maréchaussée de Saint-Domingue à Petit-Goave
, à son
frère conseiller du roi à Mirande. Il évoque le changement de gouverneur, sa nomination à la prévôté de Petit-Goave,
ses ambitions à la colonie « vous ne m’y verrez jamais que riche », et donne nouvelles du pays. «
Nous éprouvons
un sec dans ce païs icy des plus considérables, point de pluye depuis neuf mois, et des chaleurs excessives ;
tout sèche et les denrées du païs hors de prix par la petite quantité qu’on en fait par rapport à la sécheresse
.
Nous avons changé de général, nous avons aujourd’huy Monsieur le Comte de Nollivos. J’espère en être protégé, je
n’ay pas encore pu luy rendre visite par rapport à mes occupations qui sont sans relâche […]. Je suis actuellement au
Port au Prince pour y présenter mes respects au nouveau général. On a tout lieu d’espérer que nous aurons un règne
fort tranquille et bien gouverné. Bajon se porte bien et se dispose à partir pour France dans un an. Nous sommes fort
souvent ensemble, avec Mr Broudeau de Condom et autres circonvoisins, et je vous assure que nous passons notre
temps fort agréablement à boire à la santé de nos parents qui ne pensent guère à nous, ne connoissant ny carême ny
quatre temps et où aucune espèce de viande n’est deffendüe, les estomacs y étant trop faibles [...] ».
Avec une lettre de son ami Bégon qui dépeint le pays en des termes peu flatteurs : «
je suis le plus puni d’être
comme exilé dans un pays ennemi juré de la vertu ; et où les méchans triomphent presque toujours des bons,
un pays sans affabilité, sans droiture, sans religion où l’on ne connaît presque d’autres amis que l’intérêt
.
Combien de fois je me suis repenti d’avoir quitté l’Europe […]. Ce pays n’est plus pour y faire des fortunes ; il y vient
trop d’Européens et toutes les places sont briguées avec rien, l’on ne gagne rien ou bien peu de chose […] ».
Joint :
le brouillon d’une réponse de son frère sur l’habitation qu’il vient d’acquérir à St Domingue + une lettre de
Bajon écrite de Mirande.
300 / 400 €
Saint-Domingue : voir également n°354.




