Page 121 - Mise en page 1

This is a SEO version of Mise en page 1. Click here to view full version

« Previous Page Table of Contents Next Page »

122

avec le titre d’administrateur d’un asile, le droit de pénétrer dans ses locaux : il est ainsi mieux à même de démontrer les conditions de vie inhu-maines faites aux malades et les irrégularités dans la comptabilité. Peu de temps après, éclate le scan-dale de l’hôpital londonien de Bethléem, qui avec l’affaire Norris en 1815, met définitivement à bas le vieux système asile pénitentaire anglais. En 1815, Samuel Tuke, écrit encore « Notes pra-tiques sur la construction et l’organisation des asiles destinés aux aliénés indigents », avec les in-dications données aux architectes qui ont présenté les plans de l’asile de Wakefield, puis en 1820 prend la direction de la Retreat, jusqu’à sa mort en 1857. C’est son fils, Daniel-Hack Tuke qui prendra la succession.

La date de l’envoi à Esquirol est très importante : Jean-Etienne Esquirol avait passé sa thèse en 1805, mais ce n’est que le 1 er

mai 1811, à la mort de Pussin, l’illustre surveillant de Pinel – le véritable artisan en fait de la libération des aliénés délivrés de leurs chaînes – qu’Esquirol sera nommé médecin surveillant à la division des folles de la Salpetrière. Il ne deviendra médecin ordinaire que l’année suivante, au mois de novembre. Autrement dit, il reçoit ce livre au moment même où il se voit tout juste confier des responsabilités dans sa carrière professionnelle. Nous savons, combien il doit à la lecture de cet ouvrage, par la lecture du célèbre rapport de 1819 auprès du Ministère de l’intérieur, « Des établissements consacrés aux aliénés en France et des moyens de les améliorer ». Si le livre a entériné certaines conceptions chez Esquirol, elle ne les a pas cependant provoquées : dès 1807, il avait entrepris, deux ans après sa thèse, un long voyage à travers la France pour visiter tous les établissements d’alié-nés. Il en garda un souvenir horrifié qui l’ancra dans son désir de réformer l’institution asilaire française. Il reprendra, en 1821, ce périple en l’élargissant cette fois à la Belgique, où il visitera la célèbre colonie familiale de Gheel, et aux Pays-Bas en compagnie de son élève, Jean-Pierre Falret.

Les envois à Esquirol sont inexistants (lui-même en faisait peu). Son domicile de la rue de Buffon flamba l’année de sa mort, emportant bibliothèque et papiers. C’est également à ce désastre que l’on doit la disparition des deux cents portraits d’aliénés qu’Esquirol avait fait dessiner par Georges-Francois-Marie Gabriel. 27 furent utilisés dans son Atlas des « Maladies Mentales considérées sous les rapports médical, hygiénique et médico-légal » publié en 1838. Il n’en reste que 70 aujourd’hui, 60 avaient été déposés par Esquirol à l’Académie de Médecine où il était rentré en 1820 et une dizaine d’exemplaires sont entre des mains privées. La présence de l’ex-libris de Charcot permet de penser que le livre avait peut-être été prêté par Esquirol à Jean-Pierre Falret qui l’avait transmis à son fils. On sait que Jules Falret, qui avait succédé en 1884 à Moreau de Tours à la Salpetrière, avait cédé quelques volumes de sa collection à Charcot, collectionneur avide de documents concernant les origines de la psychiatrie, et notamment des deux ancêtres Pinel et Esquirol, à côté d’une collection impressionnante sur les sorcières, possédées et gué-risseurs (cf. René Sémelaigne, « Nouveaux souvenirs d’un passé récent », Annales Medico-Psychologiques 1932).

8 000 / 9 000 €

u

300 VINCENT (Clovis). D ES MÉNINGITES CHRONIQUES SYPHILITIQUES - LA LÉSION DES NERFS DE LA BASE DU CERVEAU DANS LE TABÈS . Paris, G. Steinheil 1910

Grand in-8° relié, demi-toile verte, plats de couverture conservés, 104 pages et 16 planches hors-texte. Bel et long ENVOI AUTOGRAPHE de l’auteur, sur la page de garde, à Henri Claude. Très rare thèse de doctorat de médecine de Clovis Vincent soutenue en 1910 devant Raymond, accompagné de Chauffard, André Broca et Henri Claude.

Clovis Vincent est le pionnier et l’inventeur de la neuro-chirurgie française. Avec Thierry de Martel, il se rend aux Etats-Unis pour s’informer des méthodes du « pape » de la neuro-chirurgie mondiale, le Pr. Harvey Cushing du Peter Bent Bigham Hospital

de Boston. Dans la grande tradition chirurgicale française, il y montre son goût pour « la technique et les réalisations manuelles soignées » et de-vient bientôt un spécialiste unanimement reconnu de l’exérèse des tu-meurs hypophysaires et autres méningiomes. Sa dextérité lui vaut l’admiration de Cushing qui, lors d’une visite à Paris, aurait déclaré au doyen de la Faculté de Médecine « avoir vu opérer le meilleur neurochi-rurgien du monde ». Cette appréciation est partagée par la Fondation Rockefeller qui a permis à Clovis Vincent de créer en 1933 le Centre neu-rochirurgical de La Pitié-Salpétrière où l’on étudie la physiologie des lobes

299

Page 121 - Mise en page 1

This is a SEO version of Mise en page 1. Click here to view full version

« Previous Page Table of Contents Next Page »