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surréalistes, la grande prêtresse est en fait Isis, la femme, la mystérieuse, l’archétypale. Ar-rive la catastrophe finale, une pluie de météorites s’abat sur la Terre, « des chiens venus on ne sait d’où couvraient les femmes en haletant ». La reine se fait violer par un nègre qui avec « ahan de stupre laboure du priape le pli turgescent et secret des voluptés fémi-nines ». Un même météorite les écrase tous deux ».
Ce « roman de mystère, de magie et d’amour » doit sa renommée à l’assertion selon la-quelle le poète Robert Desnos (1900-1945) l’aurait coécrit sous le pseudonyme de « Pierre de Ruynes ». Jean-José Marchand a démontré en 1998, lors d’un colloque consacré aux Ratés de la littérature (Du Lérot, 1998), que « Pierre de Ruynes » dissimulait en fait Pierre Renaud (1894-1965), romancier populaire et poète oublié. « Jehan Silvius » est en revanche fermement attribué au surréaliste ésotérique Ernest Gengenbach (Jean Gen-bach, 1903-1973). Esprit provocateur, il aimait se promener en soutane parmi les sur-réalistes. André Breton écrit de lui qu’il « parvient à concilier comme nul autre n’a su le faire son amour du religieux et son amour du profane », pratiquant la transgression éro-tique, telle une « tache d’encre sur un nénuphar blanc ». Il est l’auteur d’un mémorable
Satan à Paris (1927).
Mais l’ouvrage n’en finira jamais d’intriguer les bibliophiles puisque depuis quelques an-nées la paternité même de Gengenbach est discutée. Certains avancent aussi le nom de Renée Dunan.
On joint dans la même collection et de même provenance
SYLVIUS (Jehan) [Ernest Gengenbach]. M ESSES NOIRES . S ATANISTES ET L UCIFÉRIENS , C HOSES VUES . Les Editions de Lutèce, 33 rue Pixérécourt, Paris 1929 . In-8° broché. Couverture couleurs illustrée non signée. Edition originale. 12 x 19 cm. 184 pp. Bon état, quelques rousseurs, manque la page d’achevé d’imprimer, dos défraîchi, bord intérieur du 2ème plat légèrement décollé en haut.
Roman attribué à Ernest Gengenbach. A moins qu’il ne s’agisse de Pierre Renaud à qui l’on reconnaît aujourd’hui formellement la paternité de La Papesse du diable … L’auteur du blog littéraire « Au carrefour étrange » propose l’analyse suivante du livre : « Se présentant tout d’abord comme une immersion dans les milieux satanistes et lucifériens sans aucune prise de position […], l’ouvrage vire de bord vers un fatras occultiste où tout se mélange (sabbat, messe noire, envoûtement et même vampi-risme… le narrateur de ces « choses vues » est même violé par deux succubes), puis vers un texte racoleur décrivant par le menu les pratiques sexuelles de bien étranges rituels, pour finir par un chapitre complètement déjanté voulant prouver au monde que le retour d’Isis Trismégiste est imminent, très attendu du moins… au point que le narrateur l’implore de toute son âme dans une déclamation incantatoire du plus bel effet. Je crois qu’on entre encore ici dans la folie littéraire la plus pure. Si je devais avancer une hypothèse sur l’identité de l’auteur, je pencherais volontiers pour Gengenbach. Ce dernier est d’ailleurs cité à deux reprises dans le livre, et ses ouvrages sont évoqués comme des références. L’auteur, Desnos, Gengenbach, Pierre Renaud ou qui que ce soit d’autre, possède, quoi qu’il en soit, une connaissance approfondie de l’occultisme (ou de très bons dictionnaires à portée de main). Les citations et les références abondent, littéraires (Huysmans, Rachilde, Verlaine, etc.) ou occultes (Pic de la Mirandole, Eliphas Levi, Papus, etc.). Le surréalisme fait une courte apparition en la personne d’Aragon, cité pour un article dans la Révolution Surréaliste , ce qui me pousse à penser que Gengenbach n’est pas loin. Quant à Desnos, j’ai tout simplement du mal à l’imaginer derrière tout ça, mais pourquoi pas… Je n’apporterai pas ici la clé d’une énigme qui mérite presque de le rester tant le mystère est inquiétant. »
250 / 300 €
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113 DIDE (Maurice). D ES TROUBLES CIRCULATOIRES ENCÉPHALIQUES ASSOCIÉS AUX PHÉNOMÈNES
CONVULSIFS - RECHERCHES EXPÉRIMENTALES - TRAVAIL DU LABORATOIRE DU P ROFESSEUR A LIX J OFFROY .
Paris,C. Naud 1900
Thèse de doctorat de médecine du plus grand aliéniste français de l’entre-deux-guerres. ENVOI AUTO-GRAPHE de Dide à André Barbé.
Héritier de Joseph Capgras et Paul Sérieux, il étudiera notamment les délires d’interprétation et de revendication et donnera de passionnants travaux sur la psychiatrie de guerre. Cette thèse menée dans le laboratoire crée par Alix Joffroy avait fait beaucoup de bruit à l’époque. Plus tard, Maurice Dide reviendra sur le sujet. Il remarquera notamment en 1926 une similitude de symptômes entre les séquelles observées chez les survivants de l’épidémie d’encéphalite léthargique Von Economo entre 1917 et 1920 et les manifestations hébéphréniques de la démence précoce.
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