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172 ITARD (Jean-Marc Gaspard). D E L’E DUCATION D ’ UN H OMME S AUVAGE , OU D ES PREMIERS DÉVELOPPEMENS PHYSIQUES ET MORAUX DU JEUNE SAUVAGE DE L ’A VEYRON . Paris, Goujon fils 1801
In-8° relié, demi-basane havane de l’époque, dos lisse, titre gravé en long. L’exemplaire en reliure d’origine est conservé dans un emboîtage moderne, plein buffle. Très précieux exemplaire ayant appartenu à Jean-Martin Charcot avec son ex-libris imprimé portant le numéro d’inventaire de sa bibliothèque à la plume. ENVOI AUTOGRAPHE d’Itard sur la page de garde à Madame Récamier. Nous avons préféré garder cet exemplaire dans ses conditions d’origine, les coins sont cornés, les coupes frottées. On constate également une petite mor-sure de papier sur les gardes du deuxième plat. Les coiffes et le dos sont superbes et les rousseurs souvent fré-quentes sur cet ouvrage, quasi inexistantes. Publié à 400 exemplaires à l’époque, il porte toujours au verso de la page de titre les signatures de l’auteur et de Goujon, l’éditeur.
Il est, avec les ouvrages de Pinel, Esquirol et Morel, le livre le plus recherché de la psychiatrie française, il est aussi le plus rare. On ne connaît pas d’exemplaires portant un envoi d’Itard dans les plus grandes collections publiques et privées du monde.
Madame Récamier (1777-1849) tenait le plus célèbre salon littéraire du Consulat et du Directoire. Charcot ne l’a pas certainement pas connue, il n’avait que 24 ans à la mort de la « merveilleuse » et était encore un jeune interne sans le sou. Il avait acquis cet ouvrage à la vente de la succession de la baronne de Bourgoing en 1872, amie fidèle de Madame de Récamier chez qui elle s’était retirée à l’Abbaye-aux-Bois en 1819 où Chateaubriand allait la visiter. En 1873, élu à l’Académie de Médecine, Charcot offrira à l’institution les exemplaires de Chateaubriand dédi-
cacés à sa fidèle amie. Madame Récamier tenait le salon le plus important du premier quart du XIX e siècle, on y croisait Madame de Staël, Chateaubriand, Benjamin Constant, Ballanche, toute l’opposition napoléonienne était là. Elle avait été mariée à un riche banquier, Monsieur Récamier, avec qui elle n’avait qu’une relation affectueuse et platonique. Elle apprendra plus tard, qu’elle était la fille naturelle de son mari, qui avait voulu par ce procédé, veiller plus sûrement sur sa fille. On sait par les journaux intimes de Constant, qu’Itard, peu mondain, fréquentait toutefois épisodiquement le salon de Madame Récamier.
L’envoi a d’autant plus d’importance que toute la philosophie de Locke et Condillac qui imprègne son ouvrage fut acquise dans les salons de la « merveilleuse » où ces deux penseurs étaient fréquemment discutés. Beaucoup de ceux qu’il y rencontrait étaient comme lui membre de la Société des observateurs de l’homme. Il s’intéressa plus tard à la démutisation des sourds et à la rééducation du bégaiement. Comme psychiatre, il travailla un moment au côté de Pinel et donna dans un Mémoire sur quelques fonctions involontaires des appareils de la locomotion, de la préhension de la voix (1825), la première description médicale des cas d’écholalie et de coprolalie au travers du cas de la marquise de Dampierre. Charcot qui connaissait bien l’œuvre d’Itard – qu’il avait fait entièrement lire à Meige, qui plus tard prononcera une série de conférence à l’Académie de Médecine – indiquera la référence à Gilles de la Tourette, l’inventeur « officiel » de la maladie, lorsqu’il publiera son premier article sur la question « Jumping, Latah… » dans les Archives de Neurologie.
8 000 / 9 000 €
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