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Catalogue de vente du 24 juin 2014
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il reconnaît que l’orthographe lui demande des efforts : « […]
je n’ai
été à l’école que jusqu’à 14 trottoirs […] je me suis mis à scribouiller, à
lire assez tard (en cabane parce que je m’emmerdais). Paraz m’a beaucoup
aidé. Il vous dira du bien de mon argot puisqu’il l’utilise à tout va.
» Il
propose quelques éléments sur la méthode de classement du vocabu-
laire, «
désuet
», «
peu courant
», «
argot des hôpitaux, des clochards
». Et
termine en souhaitant que ce travail lui rapporte quelques subsides,
«
un peu de carbure
[…]
je ne suis pas un idéaliste
[…] »
On joint : un manuscrit autographe de Paul Chambrillon, en feuilles,
sous chemise demi-toile noire. Il s’agit probablement de la liste à
laquelle Boudard fait allusion. Ecrit à l’encre rouge et noire sur une
cinquantaine de feuillets, en colonne, les mots sont classés alphabéti-
quement, sans définition. Trois autres feuillets comportent le premier
mot développé, il s’agit d’«Abatage ». La liste est aussi dactylographiée
sur 118 feuillets, en 2 exemplaires.
Soit un volume et une lettre.
Voir la reproduction.
150 / 300€
129. *
BOUDARD
(Michel Boudon, dit Alphonse). Lettre auto-
graphe signée «
M. Boudon
», [adressée à Paul Chambrillon]. Sans lieu,
31 octobre 1955 ; 4 pages in-4.
Importante lettre dans laquelle l’auteur se montre enthousiaste d’un
projet commun d’un dictionnaire d’argot que lui a proposé Paul
Chambrillon. «
Hier soir je suis resté jusqu’à minuit à compulser votre
liste. J’ai déjà ajouté pas mal de mots. Ces mots ne sortent d’aucun livre,
d’aucun glossaire, je n’ai rien de ce genre sous la pogne
[…] ». Il détaille
ensuite avec précision son expérience personnelle et sa pratique de
l’argot : « […]
l’argot je le jacte depuis presque toujours. Môme ça a été
la rue, la communale, l’usine, les petits boulots. Ensuite je me suis farci la
guerre dans les paras. J’ai fait de la cabane. Je connais pour y avoir été cinq
ou six hostos, trois sanas dont Brévannes, le dépotoir de crouilles, de cloches
et de tricards. Voilà les références. Je n’en tire ni gloriole ni honte
[…] ».
Les deux pages suivantes sont consacrées à des exemples et traduc-
tions de mots argotiques d’après ses propres connaissances. Ensuite,
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