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L’exemplaire de Saint François de Sales
46- TIRAQUEAU, André.
De nobilitate, et iure primigeniorum.
Lyon,
Guillaume Rouillé, 1573.
In-folio, vélin rigide, dos à nerfs
(reliure de
l’époque)
Baudrier, IX, 343 ; Sybille von Gültlingen, X, 785.
Troisième édition, corrigée et augmentée.
Ouvrage orné d’un beau titre architectural gravé sur bois ; portrait de l’auteur au
verso.
Ce traité de la noblesse est l’un des principaux ouvrages d’André Tiraqueau, en latin
Andreas Tiraquellus
(1488-1558), juriste et humaniste vendéen qui fréquenta, au
Cénacle de Fontenay-le-Comte, Guillaume Budé, Pierre Lamy et surtout Rabelais
– le
Tiers livre
est en grande partie inspiré de son
De legibus
. Tiraqueau contribua
à réorganiser les institutions juridiques françaises, à la frontière du droit commun
et du droit coutumier. Théodore de Bèze, qui admirait son esprit et son savoir, le
surnomma «le Varron de son siècle».
P
récieux
exemplaire ayant appartenu à
saint
F
rançois de
S
ales
(1567-1622).
Dans une note manuscrite en latin – quatre lignes à l’encre brune tracées au-dessus
de l’encadrement du titre gravé – un sieur Bouard nous apprend que l’exemplaire,
provenant de la bibliothèque personnelle de l’auteur de l’
Introduction à la vie
dévote
, lui a été offert par le frère de François de Sales, Jean-François (1578-1635),
qui succéda à son aîné sur le siège épiscopal de Genève. Sous la signature de Bouard
se trouve celle de l’un de ses héritiers, Hyacinthe Bouard ou Bovard, avocat à
Annecy au début du XVIII
e
siècle.
Un traité juridique de la noblesse et du droit d’aînesse trouvait tout naturellement
sa place sur les tablettes de l’étudiant François de Sales, jeune aristocrate savoyard
que son père destinait à la magistrature et qui, vers 1578, «montait» à Paris pour y
étudier les «exercices de la noblesse» : rhétorique, latin, grec, hébreu, philosophie,
théologie. On connaît la suite : la passion pour la théologie, le trouble causé par
le débat sur les doctrines de la grâce et la prédestination, la crise mystique. C’est
encore pour plaire à son père que François part étudier le droit – et la théologie – à
Padoue, où il obtient en 1592 le doctorat des mains de son maître, le célèbre Guido
Panciroli. L’année suivante, il est ordonné prêtre et renonce à son droit d’aînesse. La
carrière juridique rêvée par Monsieur de Boisy n’est plus qu’un souvenir.
Autres provenances : Chevrey, chanoine à Chambéry, avec note manuscrite à l’encre
sur une garde :
«Outre la matière dont il traite et le nom de son auteur, ce livre est
remarquable, surtout par ce qu’il a appartenu au grand S
t
François de Sales, comme
l’atteste l’inscription ci-contre. Il m’est agréable de le faire passer en propriété à
la Bibliothèque déjà si précieuse des RR. PP. Capucins de cette ville. Chambéry 1er
Mars 1842».
– Bibliothèque des capucins de Chambéry (étiquette imprimée sur les
premiers contre plats et deux cachets au bas du titre). – La note manuscrite en latin
mentionnant deux autres ouvrages de Tiraqueau (quatre lignes à l’encre noire sur le
premier contre plat) est peut-être aussi de la main de saint François de Sales.
Coins émoussés, mors supérieur fendu en tête ; quelques taches sans gravité.
8000/12000
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