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Dame de la Garde (au recto) et une correspondance autographe si-

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Excuse mon départ subit absolument nécessaire. Ai rencontré André

Gide au train et de Marseille on te fait nos amitiés.

Jean Giono

Toutes nos amitiés conjuguées.

André Gide

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,

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[…]

Je crois que dans mon pneu de Paris et ma carte de Marseille avec

Gide je t’ai tutoyé.

Si tu n’y vois pas d’inconvénient je vais continuer.

J’ai du partir Il le fallait

.

Tu dois comprendre

.

Il y a une sorte d’impureté

que je ne peux pas supporter. Impureté du cœur du corps et de l’esprit.

Il m’a fallu quatre ans pour m’en apercevoir. Je suis simple, naïf et

candide. Garde moi ton amitié. Il n’y a rien contre toi. Rien que de la

défense contre quelqu’un d’autre

[…]

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400 - 500 €

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6 octobre 38

Vieux

,

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(Il va

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Précisions

)

Ne t’inuquiéte pas ,tu vas recevoir le

texte d’ici quelques

jours.Il

y avait quelques remaniements à faire pour

lesquels il fallait malgré tout un peu de temps.Oui, beaucoup de déser-

teurs italiens à Briançon, pour ma part j’en ai vu dix, armes casques et

bagages et fusils qu’on emmenait à la place puis à diverses reprises

j’en ai revus quatre, puis deux ou trois ,puis quelques uns les uns après

les autres .Ca ,c’est ceux que j’ai vus 0DLV XQ RI¿FLHO P¶D DI¿UPp TX¶LO

y en avait 600 à Marseille, provenant d’un bateau qui a refusé d’aller

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beaucoup de déserteurs allemands. Et il y avait également beaucoup

de déserteurs français. Mardi on a du appeler la gendarmerie de Ma-

nosque de toute urgence à Valensole ou les paysans refusaient de

partir et ne sont pas partis ; deux gendarmes blessés. Toutes les mu-

nicipalités paysannes ont démissionné.

Mercredi soir,

le département

des Basses Alpes a été en rébellion

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si nous n’avions eu la nouvelle du départ pour Munich la révolution

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étaient apposées.

Je peux te le dire parce que j’étais au premier rang

de cette organisation .Mardi à 10h j’ai fait une réunion publique sur la

place de Manosque. En plein air, sous la pluie, approuvé par tout le

monde

dans une unanimité totale devant trois malheureux gendarmes

qui n’ont pas dit un mot.

J’ai été d’une violence de langage inouïe. Ce

jour là le contingent 4 n’est pas parti de Manosque

.

Le 8 n’est pas parti.

Dans la journée de mercredi j’ai reçu plus de 800 personnes étrangères

venant de Toulon, Gap, Grenoble, Saumur, Dijon, Nantes, des marins

de Brest etc. et tout ce monde est resté à Manosque attendant l’évé-

nement

.

Il y a à la présidence du Conseil à Paris un rapport du préfet

des Basses Alpes parti de Digne mercredi à 6 h du soir qui signale la

situation comme désespérée. Si tu as quelques accointances fais toi

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