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3 Lettres de COULMIER, Directeur de la maison de Charenton à Armand de
Sade, fils du Marquis :
François Simonet de Coulmier fut nommé en 1797 Directeur de la Maison de Charenton,
transformant l’ancienne maison des frères de la Charité, en un asile, « premier de France qui ait été
uniquement destiné au traitement des aliénés ; le premier où la présence des incurables ne nuise
point à ceux qui sont encore susceptibles de guérison… ».
Des liens de sympathie se tissent entre Coulmier et Sade. « Les deux hommes avaient en commun le goût
des femmes et du libertinage, un net penchant aux plaisirs et une passion immodérée du théâtre… ».
Coulmier informe Armand qu’il a demandé au Préfet de Police de retirer le marquis de Charenton.
- Bi-feuillet in-8, du 26 germinal an 12 (16 avril 1804). Les deux premières pages sont écrites,
adresse sur la quatrième. Petit manque au deuxième feuillet.
« Quelque pénible qu’il soit, Monsieur, ce que je dois vous annoncer, je pense cependant qu’il est
indispensable de vous prévenir que forcé, par la scène la plus affreuse de Mr de Sade, j’ai prié
le Préfet de Police de le retirer, étant impossible de parler, à plus forte raison de traiter d’affaires
avec une personne aussi emportée… »
Armand lui demande alors de retirer sa plainte, ce que Coulmier accepte de faire :
- Bi-feuillet in-8, du 3 floréal an 12 (23 avril 1804). Seule la première page est écrite, adresse sur
la quatrième. Petit manque au deuxième feuillet.
« … je me suis rendu à la police pour engager Mr Parisot à suspendre le rapport sur le compte
de Mr… dont j’avais demandé le changement, n’étant pas né pour faire le malheur de qui que
ce soit, mais également ne pouvant me déterminer à recevoir de sang-froid les sottises les plus
atroces… ». Lever, page 606.
Peu rancunier, Coulmier autorise, quelques semaines plus tard, Mme Quesnet, sa dernière compagne
à vivre au côté du Marquis à Charenton :
- Bi-feuillet in-8, du 2 fructidor an 12 (20 août 1804). Seule la première page est écrite, adresse
sur la quatrième.
Coulmier, après avoir parlé de fermiers qui ne payent pas, informe «… que Monsieur votre père qui
se porte à merveille et me parait très content de ce que j’ai consenti à laisser venir Mme Quesnet
dans la maison pour y être pensionnaire. Je me suis prêté à cet arrangement dans l’espérance
d’adoucir la situation de Mr de Sade, qui paraissait le désirer. Je serai enchanté ce qui pourra lui
être agréable, tant qu’il n’en abusera pas… ».
« Admise en qualité de pensionnaire libre, Constance Quesnet occupera la chambre voisine de
Donatien qui la fera passer pour sa fille naturelle ». Lever, page 601.
2 500 / 3 000 euros
3 letters from de COULMIER, Director of the Charenton Asylum, to
Armand de Sade, the Marquis’s son
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