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148 ELUARD (Paul). COMME DEUX GOUTTES D'EAU. POÈME AUTOGRAPhE SIGNÉ, dans un cahier d'écolier.

Sans date [1932]. 8 pages in-12, sous chemise demi-maroquin noir.

4 000/6 000 €

I

NTÉRESSANT MANUSCRIT

,

DONNANT UNE PREMIÈRE VERSION DE CE RECUEIL

.

Comme deux gouttes d'eau fut publié en plaquette en 1933 aux Editions Surréalistes et repris l'année suivante dans La Rose publique.

Nous avons ici une première version de ce texte, complète en soi, rédigée sur un cahier d'écolier à couverture illustrée portant : Le

bon sens populaire. Il existait une autre version, encore antérieure, appartenant à Lise Deharme (vente Drouot, 6 mai 1953). Notons

que ce manuscrit porte un titre primitif, biffé : En moins de mots qu'il n'en faut pour tout dire.

Ce texte, qu'Eluard appelait mon grand poème, fut composé en 1932, en pleine agitation politique et à la suite de la rupture entre les

surréalistes et Aragon. Eluard, qui venait de publier La Vie immédiate, s'y abandonne à une méditation intimiste un peu nostalgique :

…De tout ce que j'ai dit de moi que reste-t-il

Un navire inutile joint mon enfance à mon ennui

Mes jeux à la fatigue

Un départ à mes chimères

La tempête à l'arceau des nuits où je suis seul

Une femme abandonnée à la femme retrouvée

Une île sans animaux aux animaux que j'aime

Une main est tendue sans cesse vers la mienne…

Par rapport à l'imprimé (voir Pléiade, t. I, p. 407-413), le manuscrit comporte de nombreuses variantes, confirmant qu'il s'agit bien là

d'un état antérieur. Outre que la disposition des strophes n'est pas exactement la même, certains vers offrent un texte différent ; d'autres

ne se trouvent pas dans l'imprimé. Une strophe, biffée, est ensuite reprise tout à la fin. Le troisième poème du texte définitif ne figure

pas encore ici.

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