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149 ELUARD (Paul). LE LIVRE OUVERT I (1938-1940). LE LIVRE OUVERT II (1939-1941). Paris, Cahiers d’Art,
1940-1942. 2 volumes in-12, demi-maroquin citron et bleu, à coins, dos à nerfs, têtes dorées, non rognés, couvertures
et dos conservés, sous un même étui (Georges hugnet, 1940).
6 000/8 000 €
Édition originale de ces magnifiques poèmes.
U
N DES
2
EXEMPLAIRES SUR
C
hINE
sous couverture de papier de Montval havane, non signalé dans le tirage et justifié par Paul Eluard :
E
XEMPLAIRE SUR
C
hINE
1/2
SPÉCIALEMENT DESTINÉ à
G
EORGES
h
UGNET
. PE
Exemplaires portant
DEUX ENVOIS
autographes de l’auteur, au crayon, à Georges hugnet :
En témoignage de reconnaissance
(si je ne t’avais pas, la
vie me serait très
difficile, et grise)
Suivi sur le second volume de :
pour Georges
la nième répétition d’un
geste d’amitié naturelle
Paul
Sont insérés dans l’exemplaire :
- les manuscrits autographes de Rencontres : 11 poèmes autographes (Livre Ouvert I, pages 39 et 40) dédicacés à Germaine et Georges
hugnet pour un jour de fête le 1er juin 1940, datés Mignères, mai 1940. Paul Eluard.
Certains poèmes manuscrits comportent de légères variantes par rapport au texte imprimé. Les poèmes IV et V ont été inversés dans
la version imprimée, le poème VI manuscrit ne figure pas dans la version imprimée ; les poèmes VIII manuscrits diffèrent de la ver-
sion imprimée ; le poème X manuscrit est légèrement différent de celui imprimé.
- une lettre autographe de Paul Eluard signée et datée du 9 juin 1940 relative à l’envoi de ces 11 poèmes.
- un feuillet autographe de la main d’Eluard portant les corrections à apporter au jeu de bonnes feuilles du second volume.
- dédicace imprimée, reproduite en fac-similé.
(quelques piqûres sur les tranches des poèmes manuscrits.)
150 ELUARD (Paul). LA DERNIÈRE NUIT. POÈME AUTOGRAPhE SIGNÉ. [1942]. 3 pages in-4, sous chemise
demi-maroquin noir.
5 000/7 000 €
M
ANUSCRIT COMPLET DE CE TRÈS BEAU POÈME DE LA
R
ÉSISTANCE
,
ÉDITÉ CLANDESTINEMENT EN
1942.
Ce long poème de protestation, divisé en sept sections, fut édité clandestinement aux Cahiers d'Art, en 1942, par Christian Zervos,
sous forme d'une plaquette tirée à 65 exemplaires ornée d'un frontispice d'henri Laurens. Il sera repris la même année dans Poésie et
vérité 1942. C'est l'époque où Eluard s'engage dans la Résistance : réinscrit au parti communiste alors illégal, il entre lui-même dans
la clandestinité, quittant Paris pour vivre chez Zervos, près de Vézelay.
Eluard a su trouver un ton simple et juste, vibrant d'indignation :
Ce petit monde meurtrier
Est orienté vers l'innocent
Lui ôte le pain de la bouche
Et donne sa maison au feu
Lui prend sa veste et ses souliers
Lui prend son temps et ses enfants. (…)
Ils avaient mis à vif ses mains courbé son dos
Ils avaient creusé un trou dans sa tête
Et pour mourir il avait dû souffrir
Toute sa vie…
Nous jetons le fagot des ténèbres au feu
Nous brisons les serrures rouillées de l'injustice
Des hommes vont venir qui n'ont plus peur d'eux-mêmes
Car ils sont sûrs de tous les hommes
Car l'ennemi à figure d'homme disparaît.
Ce manuscrit comporte, à la suite du texte complet du poème, une justification du tirage elle aussi autographe :
Le tirage de cet
ouvrage, destiné aux amis de l'auteur et de l'illustrateur, a été limité à soixante-trois exemplaires
(…). La belle signature d'Eluard
s'étale en diagonale sur une pleine page.
Texte conforme à l'imprimé (œuvres complètes, Pléiade, t. I, p. 1099-1101).




