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4 APOLLINAIRE (Guillaume). LETTRE AUTOGRAPhE SIGNÉE GUI à LOU (Louise de Coligny-Châtillon), datée

1

er

fév.1915, 2 pages grand in-4 sur papier à en-tête du café Tortoni, à Nîmes.

18 000/25 000 €

T

RÈS BELLE LETTRE D

'

AMOUR à

L

OU

.

Caserné à Nîmes, Apollinaire avait profité d'une permission pour venir retrouver Lou à Nice durant trois jours (23-25 janvier 1915).

Retrouvailles un peu amères, car il s'étonnait de la réticence et des dérobades de sa maîtresse. Peut-être savait-il qu'elle avait un autre

amant, qu'elle devait bientôt aller visiter sur le front. Cet état de doute et de jalousie le poussèrent à écrire cette lettre, long cri d'amour

pour Lou.

Il vient de lui écrire le jour même, mais n'hésite pas à lui réécrire ce soir, encore tout joyeux de ses lettres. Il signale d'abord une faute

de versification ...

dans le petit conte en vers sans prétention que je t'ai envoyé hier

[poème jamais retrouvé]. Il ajoute cette curieuse

précision :

Comme c'est en vers réguliers, que je consacre les vers réguliers à la correspondance et que je les écris au courant de la

plume comme s'il s'agissait de prose, je suis très jaloux qu'il n'y ait plus aucune faute de versification.

Et, sans aucune transition,

il exalte tout son amour, en une longue déclaration qui occupe presque toute la lettre :

Lou je t'adore et t'adorant je me souviens de

toute ma vie passée, de mes amours insipides auprès de celui qui est maintenant toute ma vie. Ma vie parsemée en arrière de doux

regards de femmes comme une prairie où paraissent quelques fleurs est maintenant un beau parterre où ton regard est à la fois toutes

les plus belles fleurs du monde.... O Lou, Lou câline et tendre, je t'adore car tu es ce que l'univers a de plus parfait, tu es ce que j'aime

le mieux, tu es la poésie, chacun de tes gestes est pour moi toute la plastique, les couleurs de ta carnation sont toute la peinture, ta

voix est toute la musique, ton esprit, ton amour toute la poésie, tes formes, ta force gracieuse sont toute l'architecture...

En une sorte

de litanie, il évoque lyriquement le corps de Lou : ...

Sois bénie pour t'être donnée complètement, sans restrictions. Sois bénie d'être

belle comme tu l'es, sois bénie dans tes yeux, dans ta bouche, sois bénie dans tes seins qui sont comme de petites juments faisant des

caprioles

[sic]

, sois bénie dans tes lombes où vibre la noire et terrible volupté, sois bénie dans tes jambes qui sont comme de beaux

canons peints en blanc, sois bénie en tes pieds qui sont les socles du plus beau monument que la terre ait vu, ton corps de déesse

(...).

Sois bénie en ta chevelure qui est comme du sang versé. Je t'aime. Bonsoir Amour.

Lettres à Lou (éd. M. Décaudin), lettre n° 65.

2

2 APOLLINAIRE

(Guillaume).

LES

PEINTRES

CUBISTES (Méditations esthétiques). Paris, Figuière et

Cie, 1913. In-4, maroquin rouge janséniste, dos lisse, titre

doré, doublure et gardes de maroquin anthracite, couver-

ture et dos conservés, chemise et étui (Alix).

6 000/8 000 €

Édition originale illustrée de 45 planches hors texte reproduisant

des tableaux de Picasso, Braque, Gleizes, Gris, Léger,

Picabia, etc.

U

N DES

10

EXEMPLAIRES SUR

J

APON

, seul tirage en grand

papier (n°3).

3 APOLLINAIRE (Guillaume) et André ROUVEYRE.

VITAM IMPENDERE AMORI. Poèmes et dessins. Paris,

Mercure de France, 1917. Plaquette in-8, brochée, chemise

demi-maroquin rouge, étui.

4 000/5 000 €

Édition originale, ornée de 8 gravures sur bois d’André

Rouveyre.

U

N DES

5

PREMIERS EXEMPLAIRES SUR

C

hINE

, signé par André

Rouveyre (n° 5).

« Ces quatrains mélancoliques et attendris où le tragique

semble toujours près d’affleurer sous la légèreté des images

et du chant sont parmi les vers les plus purs qu’ait écrits

Apollinaire » (Marcel Adéma).