N° 50 – Catalogue de vente du 15 juin 2026 14 15 43. [MANUSCRIT d’une jeune femme âgée de 16 ans]. « Collection complette des oeuvres de Madame de D. G. âgée de seize ans ». Recueil de quatre comédies d’une jeune femme dramaturge à la Révolution. Circa 1795. In-4 (245 × 195mm). Reliure révolutionnaire, en demi-veau havane, dos lisse orné d’une pièce en maroquin vert et décor compartimenté aux fers dorés. 12 pp.n.ch. ; 41 pp. ; 3 pp.n.ch. 39 pp. ; 5 pp.n.ch. 48 pp. ; 2 pp.n.ch. 36pp. (Coiffe de tête un peu abîmée, plats frottés, coins émoussés. Intérieur frais. Inscriptions et notes manuscrites sur les gardes dont une datée de 1793) Beau manuscrit composé par une jeune femme, dédié à sa meilleure amie Julie. Composé de quatre comédies : « La Peureuse ou le revenant », « Les Visites importunées », « L’Orgueilleuse corrigée » et « Les Soupçons fondés ». Ouvrage très soigné, rédigé à la plume noire, rouge et verte. Titres dans une bel encadrement à motifs floraux, toutes les pages sont également encadrées de filets rouges et verts. Papier vergé de belle qualité, bien blanc. On connaît plusieurs carnets et recueils manuscrits rédigés par des femmes pendant la Révolution. Souvent conçus de poésies pour être lues dans un cercle privé, ils ouvraient un espace à la fois autorisé et stratégique d’expression, permettant à l’époque aux femmes d’exercer leur inventivité intellectuelle. Rarissimes sont ceux composés de pièces de théâtre. 300 / 400 € 44. [MANUSCRIT LITURGIQUE – Office des Morts]. Agenda defunctorum. Charmant manuscrit sur parchemin au format portatif de dévotion médiévale, mêlant gothique soigné, initiales colorées et notation grégorienne, conservé dans une reliure du temps aux armes du Dauphiné. S.l., circa 1480. In-24 (90 × 60 mm) miniature, plein veau brun foncé sur des ais de bois, ornée de filets droits avec au centre les armes du Dauphiné estampées à froid (dauphin surmonté d’une fleur de lys). Dos à nerfs. Parchemin, 182 pages. (Dos craquelé, restauration dans la partie inférieure, coins percés, manquent les attaches. Cahiers un peu déréglés. Légères traces de manipulations) Joli manuscrit, en écriture gothique à l’encre brune sur parchemin, initiales peintes en rouge et en bleu (en alternance), réglure à peine visible, avec in fine 17 pages de notations du plain-chant (grégorien) sur des portées rouges à quatre lignes. Cet Office des défunts débute par la rubrique « Agenda defunctorum » (« Ce qui doit être fait pour les défunts »), suivie de : « Ad vesperas… antiphona Placebo ». Le texte s’ouvre sur le psaume 114 : « Dilexi quoniam exaudiet Dominus vocem orationis meae… » (« J’aime le Seigneur, car il entend ma voix, mes supplications… »). Le chant commence par : « Credo quod redemptor meus vivit… » (« Je crois que mon Rédempteur est vivant et qu’au dernier jour il me ressuscitera, alléluia ! »). Les cinq dernières pages semblent avoir été rédigées légèrement postérieurement par une autre main, dans une écriture de type humanistique, voire cursive pour les derniers mots tirés de l’Angélus : « Versus. Ora pro nobis sancta Dei Genitrix. Ut digni efficiamur promissionibus Christi. Oratio. Gratia tua… » (« Priez pour nous, sainte Mère de Dieu, afin que nous devenions dignes des promesses du Christ. Prions : Que ta grâce… [se répande en nos cœurs]. ») Exemplaire bien conservé dans sa première reliure aux armes du Dauphiné. 1 000 / 1 500 € de toute connaissance, il meurt et vous refusez de l’enterrer parce que, dites-vous, il ne s’est pas confessé ? » En fin de volume, d’une autre main, figure une riche compilation de textes versifiés et de chansons populaires de l’époque : « Les Bœufs », « Le Chemin des amoureux », « Le Trappiste », « Les Hirondelles », « Le Surnuméraire », « La gourde à la patrouille » etc. 400 / 500 € 41. [MANUSCRIT – MODE] – LEBEAU (Marthe). Théorie de la pièce de couture. Intéressant manuscrit composé d’explications techniques, illustré de nombreux échantillons textiles originaux. Circa 1900. In-folio (350 × 270 mm), cahier broché, sous couverture. 1f. blanc, 9 ff. manuscrits suivis de 6 ff. blancs. 11 serpentes. (Couverture très abîmée, plats volants avec manques de fragments. Quelques accrocs en bordure. Manque 3 serpentes) Remarquable témoignage de l’enseignement de la haute couture au tournant du siècle. Ce cahier de « Cours moyen », rédigé avec soin par Marthe Lebeau, détaille les méthodes de confection d’une jupe et d’un corsage selon les standards de l’époque. La mise en page est rigoureuse, à l’encre noire sous filets d’encadrement, et l’ensemble est enrichi de dix échantillons textiles originaux. Ces pièces montées illustrent la technicité du vêtement de la Belle Époque : fermetures agrafées pour corsage, volants, bandes écaillées ou encore techniques de coulissage. Plus qu’un simple cahier d’élève, ce manuscrit constitue une archive technique précieuse sur les savoir-faire textiles vers 1900. Bonne condition générale. Voir la reproduction. 200 / 400 € 42. [MANUSCRIT – MUSIQUE] – JEANNIN (Jules). Chansons anciennes et nouvelles par MM. Adeline, Berthier, Blondel, Colmance, Debraux, Hachin, Jolly, J. Jeannin et Fenée, suivi des Chansons et gaudrioles de Jules Jeannin et du Cinquantenaire de la Lice chansonnière. Manuscrit calligraphié de plus de 700 pages sur l’œuvre de Jules Jeannin, archive unique sur l’esprit montmartrois et les goguettes de la fin du XIXe siècle. Paris, 1910. In-8 carré (235 × 181 mm). Reliure en demi-chagrin vert, filets dorés sur les plats, dos à nerfs orné d’une pièce de titre et de fleurons poussés en or et peints, tête dorée. 4 ff. n. ch., XVIII-715 pages. Bel exemplaire, reliure bien conservée. Manuscrit inédit d’une belle écriture calligraphiée à la plume noire avec titres et notes en rouge et bleu. L’ouvrage est consacré à la célèbre société chantante parisienne la Lice Chansonnière et à la sauvegarde de l’œuvre de l’un de ses membres les plus illustres, le goguettier montmartrois Jules Jeannin (1824-1895). Le manuscrit contient plus de 200 morceaux de Jeannin, dont plus de 100 chansons et gaudrioles en vers inédits. L’ouvrage comprend également : – un choix de près de cinquante pièces de ses confrères et sociétaires de la Lice Chansonnière, dont Émile Debraux, Émile Cahen et Charles Colmance. – la préface d’Ernest Chebroux pour le seul ouvrage publié consacré à l’auteur (Paris, Chez Labbé, 1889). – des articles biographiques, notamment d’Eugène Imbert et Georges Montorgueil, réunis in-fine dans la partie Nécrologie. Le chansonnier et poète Ernest Chebroux, qui devint en 1900 le président de la société, écrivait en 1889 : « Il faut reconnaître dans l’auteur de tant de rimes joyeuses et hilarantes le chansonnier toujours animé de cet esprit d’à propos, subtil, réellement parisien, plein de cette gaîté expressive qu’il sait communiquer à tous ceux qui l’entendent chanter ses couplets aux chutes aussi comiques qu’inattendues. » D’après l’envoi sur la garde, l’ouvrage a été composé par Ch. Lingray, membre de la Lice Chansonnière, qui en a fait hommage à son ami Edgard Viou le 1er juillet 1910. Très bel exemplaire. Voir la reproduction. 800 / 1 500 € 38. [LIVRE D’ARTISTE] – BÉNÉZET (Mathieu). HÉLÉNON (Philippe). Ton dernier geste aurait pu nous noyer. Livre d’artiste associant l’art poétique de Mathieu Bénézet aux peintures originales de Philippe Hélénon ; exemplaire unique truffé de manuscrits, offert par le poète à son épouse. Éditions Rehauts, 2006. Grand in-8 (260 × 180 mm), en feuilles sous couverture imprimée en noir, illustrée au dos, rempliée. Sous étui entoilé de l’éditeur. Non paginé [16ff]. Édition originale illustrée de deux peintures originales à double page de Philippe Hélénon (technique mixte, gouache et aquarelle). Tirage unique limité à seulement 7 exemplaires, tous sur papier Montval, celui-ci n°4/7 signé de l’auteur et l’artiste. Exceptionnel exemplaire d’association offert par l’auteur à son épouse, portant ce touchant envoi autographe : « Olga, mon amour […] ton Mathieu. » Il est enrichi de 5 pages manuscrites et dactylographiées, annotés et datés par le poète. On joint une carte de vœux manuscrite ornée d’une aquarelle originale inédite de Philippe Hélénon, adressée à Mathieu Bénézet (décembre 2005). Mathieu Bénézet (1946-2013) : Poète et romancier majeur récompensé par le Prix de la poésie de l’Académie française, il a marqué l’avant-garde par une œuvre expérimentale interrogeant les limites du récit. Philippe Hélénon (1954-2022) : Peintre et graveur lauréat du prix Guy Lévis Mano, il fut un illustrateur prolifique pour les grands éditeurs de bibliophilie (Fata Morgana) et un créateur inspiré de livres peints. 300 / 500 € 39. [LIVRE D’HEURES]. Livre d’heures ou Offices de l’Eglise illustrés par Marie Godefrin. Très beau travail d’enluminure réalisé par une jeune femme lilloise, conservé dans une fine reliure aux fermoirs. Lille, 1871. In-8 (210 × 140 mm). Reliure de luxe en plein maroquin rouge, fermoirs en laiton soulignés de filets à froid, dos lisse orné du titre à froid, tranches dorées, double filet sur les coupes, dentelle intérieure, doublures en satin moirée rouge avec au début les initiales M.G. Reliure signée Auguste-Petit. 92 pp. (Quelques points sombres sur le cuir, sinon très bon état) Superbe manuscrit enluminé de la fin du XIXe siècle, exécuté dans une écriture gothique imprimée, avec certains caractères rehaussés. Les bouts-de-ligne sont ornés de couleurs et d’or, tandis que le reste de l’ornementation est enluminé à la main, avec de riches rehauts dorés. On y trouve de nombreuses initiales historiées, six miniatures finement exécutées, dont trois hors texte, ainsi que de larges encadrements courant sur les pages, peuplés de fleurs, fruits, animaux, créatures mythologiques, personnages et armoiries. Au début, figurent les douze mois de l’année, chacun accompagné d’une petite miniature en bas de page. Bel ensemble conservé dans une élégante reliure signée. 300 / 400 € 40. [MANUSCRIT – ALGÉRIE – ARMÉE D’AFRIQUE] – BERROUYL (ou Berrouil)(H.). Refus de Sépulture : Lettre d’un militaire à un prêtre d’Oran. Témoignage vibrant sur l’anticléricalisme militaire et la condition du soldat à Oran sous le Second Empire. Accompagné de plus de 50 pages de chansons et poésies. Oran, 13 janvier 1863. In-8 (190 × 150mm). Reliure d’époque à rabat de style oriental, plein maroquin rouge, dentelle d’encadrement et fer central de feuillages et fleurs poussés en or. Dos muet. 7pp,.n.ch. 2pp.n.ch, 16ff (blancs), 1-36pp et 41-53pp., 7pp.n.ch. (Cuir passé, petite déchirure à la coiffe de pied. Environ 30 feuillets ont été découpés. Traces de manipulations) Manuscrit à l’encre noire sur carnet, d’une écriture très lisible, signé par H. Berrouyl, sous-officier au 3e Escadron du Train des Équipages militaires en garnison à Oran. Cette lettre de remontrance, au style puissant et indigné, est adressée à un prêtre d’Oran ayant refusé d’enterrer un soldat mort à l’hôpital avant d’avoir pu se confesser. Berrouyl y livre un véritable plaidoyer contre l’inhumanité du zèle sacerdotal et le dévoiement de la charité : « […] comme si, chez vous c’était un parti pris de détruire une à une toutes nos illusions, d’arracher brutalement toutes nos croyances, […] Vous nous prenez par la main, nous profanes qui, les yeux bandés ne demandions que de croire, […]. Vous nous montrez dans la pénombre du tableau, comme accompagnement obligé, l’esprit qui vous anime, l’esprit d’anarchie, d’absolutisme et d’intolérance égoïste. Comment, un soldat tombe frappé de maladie, on le transporte à l’hôpital privé 41 42
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