N° 50 – Catalogue de vente du 15 juin 2026 50 51 136. DUCHATEL (Edouard). Traité de Lithographie Artistique. Rare traité interessant pour l’évolution technique et esthétique de l’imprimerie d’art à la Belle Époque. Paris, chez l’auteur, Société des Imprimeries Lemercier & l’Artiste, s.d. (1893). In-folio (330 × 255 mm). Cartonnage à la Bradel, demi-toile bleu ciel à coins, dos lisse orné d’une pièce et fers dorés. Couvertures illustrées conservées. 52pp. 25 planches hors-texte. (Percaline un peu frottée) Édition originale. Tirage limité à seulement 200 exemplaires. Premier traité de lithographie artistique publié depuis celui d’Engelmann (1835). Édouard Duchatel, « essayeur » en chef chez Lemercier — la plus prestigieuse imprimerie lithographique de Paris — livre ici les secrets techniques ayant permis la renaissance de l’estampe originale à la fin du siècle. La belle iconographie est composée de 25 planches tirées sur différents papiers (Chine, vélin, vergé etc.) d’après les compositions de FantinLatour, Buhot, Bertrand, P. Dillon, Vogel, etc. L’ensemble comprend notamment la décomposition en six planches d’une lithographie en couleurs. Provenance : de la bibliothèque d ‘André Barrier (Paris 1870-1957) avec son ex-libris apposé sur le premier contreplat. Président à la Cour d’Appel et grand bibliophile, il a été président des Cent Bibliophiles et membre de plusieurs autres sociétés bibliophiliques. Agréable exemplaire avec les belles couvertures conservées. 400 / 600 € 137. DUFRÉNOY (Armand), BEAUMONT (Léonce Élie de), BROCHANT DE VILLIERS (André). Carte géologique de la France. Exécutée sous la direction de Mr. Brochant de Villiers, Inspecteur général des mines, par Mm. Dufrénoy et Elie de Beaumont, ingénieurs des mines. Le dessin du relief a été exécutée par A. Desmadryl. La topographie gravée par C. E. Collin, la lettre par J. M. Hacq. Premier tirage de la toute première carte géologique de la France, œuvre majeure des géologues Armand Dufrénoy et Élie de Beaumont. Cette carte monumentale en couleurs, imprimée en six feuilles (770 × 1 120 mm), est disposée en 2 colonnes × 3 lignes, pour une dimension totale de 2,32 m de largeur (2 310 mm) et 2,24 m de hauteur (2 240 mm). Un document fondateur pour la géologie française. S.l. S.n., 1840. 6 feuilles entoilées de 770 × 1 120 mm, pliées 250 × 190 cm. (La toile est un peu brunie, presente quelques petits trous au niveau des plis, sans gravité) En 1822, alors que la carte géologique d’Angleterre en six feuilles de Greenough venait de paraître, André Brochant de Villiers, inspecteur général des Mines, prit la décision de réaliser une carte géologique de la France. Il engagea deux jeunes ingénieurs des Mines, Armand Dufrénoy et Léonce Élie de Beaumont. En 1823, tous trois partirent six mois en Angleterre pour se former. À leur retour, en 1825, l’exploration géologique débuta, de Beaumont examinant la partie orientale de la France, et Dufrénoy la partie occidentale. 80 000 km furent ainsi parcourus durant presque quinze ans. La gravure du relief sera achevée en 1840, et la carte sera présentée à l’Académie des Sciences le 20 décembre 1841. Avec cette première carte géologique de la France, Dufrénoy et de Beaumont donnèrent une impulsion décisive au développement de cette science en France. Le succès fut tel que la Société géologique de Londres leur décerna en 1843 sa plus haute distinction. Et en 1868, un décret impérial décidera de la création du « Service de la carte géologique de la France ». Une ère nouvelle commençait pour la cartographie géologique française. Très bon état. 800 / 1 500 € et un idéaliste transi qui se pâme à la première description d’une belle femme : les prétendants sont des antihéros qui rivalisent de ridicule. Quatre peureux, quatre loufoques donc, qui ont des visions, d’où le titre magnifique donné à cette comédie en 1637. » Jean Desmarets de Saint-Sorlin (1595-1676) fait partie des grands oubliés de l’histoire littéraire, injustement occultés par les trois grands auteurs Molière-Corneille-Racine. Leur aîné de quelques dizaines d’années, il a défendu la codification classique du Grand Siècle. Membre fondateur de l’Académie-Française, il chercha notamment dans le domaine de la comédie l’application de la règle des trois unités. Défenseur d’un naissant, il resta cependant un baroque. 300 / 600 € 134. DIDEROT (Denis). La Religieuse. Œuvre anticléricale par excellence, La Religieuse est une ode à la liberté de choisir son destin. Paris, chez Buisson, Imprimeur-Libraire, An 5 de la République (1797). In-8 (19,2 × 12,3 cm), plein veau havane flammé et glacé de l’époque, triple filet d’encadrement sur les plats, dos lisse, orné d’un pièce en maroquin rouge et riche décor aux petits fers dorés, roulettes sur les coupes, tranches rouges. Reliure d’époque. (2) f. de faux titre et titre, 411 pages. (Manque un fragment de la coiffe de tête, coins émoussés. Intérieur frais et propre, belles marges) Édition originale de « La Religieuse » de Diderot, très rare et recherchée. Tchemerzine, II, 969. Roman-mémoires mit en chantier en 1760, achevé vers 1780 et publié à titre posthume en octobre 1796, soit douze ans après la mort de l’auteur. Diderot y fait le procès des institutions religieuses coercitives, contraires à la véritable religion dans la mesure où elles mènent les individus aux souffrances terrestres et à la damnation éternelle. Le monde clos entraîne la dégradation de la nature humaine. Oisiveté, inutilité sociale, promiscuité plongent peu à peu les reclus dans les rêveries morbides ou mystiques, puis dans la folie et les mènent parfois au suicide. On connait l’origine de ce roman, plaisanterie assez cruelle faite par le groupe de Mme d’Epinay et qui venait d’accueillir le marquis de Croismare. Ce dernier s’occupait d’un procès au sujet d’une jeune fille qui avait été placée dans un couvent contre son gré. Diderot fut chargé d’écrire les lettres de cette jeune fille au marquis et de lui faire croire à son évasion. Ces lettres constituèrent La religieuse. Le roman restera inachevé et Diderot n’a guère envie, par prudence, de le publier. En 1780, il modifie son manuscrit, le corrige. Il ne paraîtra qu’après sa mort, en 1796 d’après le manuscrit possédé par les frères Grimm. 500 / 700 € 135. DINET (Étienne) – IBRAHIM (Sliman Ben). Rabiâ el Kouloub ou le Printemps des cœurs. Légendes sahariennes. Splendide édition Piazza de trois contes orientaux algériens recueillis par Sliman Ben Ibrahim, traduits et illustrés par Étienne Dinet (1861-1929). Paris, H. Piazza, 1902. In-8 (227 × 162 mm). Broché, couverture illustrée & rempliée. Chemise cartonnée à rabats, premier plat orné en or. 175 pp., (2 ff.). L’illustration comprend 50 compositions en couleurs dans le texte et à pleine page de Dinet, ainsi que nombreux et magnifiques ornements polychromes avec des rehauts en or. Ouvrage tiré à 340 exemplaires, celui-ci un des 260 sur vélin à la cuve. Le peintre orientaliste Étienne Dinet (1861-1929) s’est converti à l’islam en 1913 sous le nom de Nasreddine. Sa découverte de l’Algérie méridionale et sa rencontre avec Slimane Ben Ibrahim en 1889 avaient profondément infléchi sa vie artistique et spirituelle. En 1905, Dinet s’installa définitivement à Bou Saada ; il effectua le pélerinage à la Mecque peu avant sa mort, en 1929. Bel exemplaire. 300 / 500 € 131. DES CAURRES (Jean). OEuvres morales, et diversifiées en histoires, pleines de beaux exemples, enrichies d’enseignemens vertueux, & embellies de plusieurs sentences & discours. Le tout tire des plus signalez & remarquables Autheurs Grecs, Latins & Francois… Intéressant recueil humaniste sur des sujets divers et variés tels que les songes, les effets des fruits sur la santé, l’astronomie, l’astrologie, les coutumes anciennes et modernes, sur les femmes, sur les hommes, sur les maniaques et les frénétiques etc. Paris, Guillaume Chaudière, 1584. Fort vol. in-12 (185 × 124 mm), plein veau havane patiné, double filet d’encadrement sur les plats, un fleuron central, dos encadré d’un double filet titre aux lettres dorées. Titre, (1), 11 ff.n.ch. 654pp, (1), 10ff.n.ch. (Cuir passé, dos un peu craquelé. Habiles restaurations aux dos et coupes. Gardes renouvelées. Plusieurs coins restaurés. Rares passages marqués dans la marge à la plume noire) Seconde édition, d’après l’originale de 1575, augmentée d’un septième livre. Ornée du portrait de l’auteur gravé sur cuivre et des figures sur la création du monde ou sur l’âge du monde gravées sur bois. Édition bien imprimée avec jolis caractère ronds, italiques, grecs, présentation avec manchettes & ornements typographiques gravés sur bois (lettrines, bandeaux…). Marque de l’imprimeur sur le titre. Agréable exemplaire restauré de cet intéressant ouvrage encyclopédique de la Renaissance. 500 / 800 € 132. DESLIGNÈRES (André) et ROUPNEL (Gaston). Nono. Belle édition des éditions Mornay illustrée de bois originaux d’André Deslignères. Exemplaire de tête sur japon impérial. Paris, Mornay, 1928. In-4 (255 × 200 mm), broché, couvertures conservées, chemise rigide à dos maroquiné, dos à nerfs orné du titre doré, étui bordé. 303 pp. Exemplaire numéro 1 sur Japon ancien à la forme numéroté et renfermant la moitié des originaux et les différents états des gravures. Initialement paru en 1910, « Nono » figura sur la liste du prix Goncourt de la même année. Il décrit la vie des vignerons Bourguignon ; Gaston Roupnel fut historien de la ruralité. André Deslignères (1880-1968) commença sa carrière de dessinateur dans une manufacture de passementeries du Nord, avant de s’essayer à la gravure sur cuivre qu’il exposera au Salon des artistes français dès 1905. En 1921 il fonde le premier et unique Salon de l’OEuvre anonyme ; dans son atelier, boulevard de Clichy, Deslignières fréquente les artistes de Montmartre et s’exerce à la peinture. On rencontre dans son atelier Utrillo, Carco, Mac Orlan, Dorgelès, toute la joyeuse bande montmartroise qui se retrouve, le soir, chez le père Frédé, au Lapin Agile. Les dessins, réalisés au crayon et lavis bistre, sont tous signés par l’artiste et réalisés sur des feuillets contrecollés dans un cahier broché à part. 600 / 1 000 € 133. DESMARETS DE SAINT-SORLIN (Jean). Les Visionnaires. Rare édition du chef d’œuvre de Desmarets de Saint-Sorlin. Paris, sn., 1648. In-12 (120 × 70 mm), plein maroquin rouge, dos à 5 nerfs, caissons décorés aux petits fers, plats encadrés d’un triple filet doré, tranches dorées (Chambolle-Duru). 91pp. Mention de « dernière édition », tirée sur vergé. Notice sur la pièce (source TNP) : « Alcidon, un bourgeois benêt et influençable, prétend marier ses trois filles. Comment le faire quand les trois donzelles n’en ont guère envie ? Hespérie, la première, croit que la gent masculine se dispute ses beautés, Mélisse, la seconde, rêve d’Alexandre le Grand, Sestiane est amoureuse de la Comédie. Les prétendants ne valent guère mieux ! Un matamore trouillard, un crève-la-faim qui espère un improbable héritage, un poète narcissique 130. DAUDET (Alphonse) et BRISSAUD (Pierre). Les Contes du lundi. Illustré de quatorze eaux-fortes originales en couleurs au repérage gravées par Pierre Brissaud. Élégante reliure de Lehaye ornée d’une charmante mosaïque en couleurs sur le premier plat ; l’un des 25 premiers exemplaires sur Japon (N°5) enrichi d’un dessin original de Lehaye ayant servi à la maquette de la reliure, accompagné de 4 états des eaux-fortes et d’une aquarelle originale en couleurs signée de Pierre Brissaud. Paris, Les Éditions d’Art Devambez, 1928. In-4 (225 × 280 mm), maroquin ébène, dos à 4 faux-nerfs orné du nom de l’auteur et du titre au palladium, mosaïque signée Lehaye incrustée au centre du premier plat dans un encadrement argenté, figurant un paysage enneigé avec un canon, un ruisseau, des arbres et un village en maroquin multicolore, filet argenté sur les coupes, encadrement intérieur de six filets dorés et d’un filet entrecoupé de sphères au palladium, signature « Lehaye » dans le cuir, doublures et gardes de soie moirée chocolat, doubles gardes, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, étui bordé (Lehaye). 231 pages, 14 eaux-fortes originales en couleurs au repérage gravées par Pierre Brissaud, dont 1 frontispice, 11 hors-texte et 2 en-têtes. (Menus frottements sur les mors et dans un coin du second plat, infime usure à l’étui) Belle édition de ce célèbre recueil d’Alphonse Daudet inspiré des événements de la guerre franco-prussienne, illustrée de 14 eauxfortes originales en couleurs du peintre et illustrateur Pierre Brissaud (1885-1964). Tirage limité à 406 exemplaires, celui-ci l’un des 25 premiers sur Japon à la forme (N°5) après un exemplaire unique, contenant 4 états des eaux-fortes (premier état, deuxième état avec remarques en noir, état avec remarques en couleurs, état définitif) et une aquarelle originale en couleurs signée par Pierre Brissaud et datée de 1928 (10 × 15 cm), montrant un fantassin qui se repose, les mains appuyées sur sa carabine. Il est en outre enrichi d’un dessin original en couleurs signé de Lehaye, ayant servi de maquette à la mosaïque de la reliure. Ex-libris de « Robert Nossam » (Robert Masson) sur la première garde blanche. Très belle reliure signée de Lehaye avec un charmant paysage hivernal mosaïqué sur le premier plat. Voir la reproduction. 800 / 1 200 € 130
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