KA-MONDO Paris. BEAUX LIVRES ANCIENS ET DE COLLECTION

N° 50 – Catalogue de vente du 15 juin 2026 62 63 Tirage limité à 120 exemplaires, celui-ci l’un des 50 premiers réservés aux membres titulaires de la Société des Amis du Livre (le N°17, imprimé pour Henri Cherrier) renfermant une suite à part des illustrations, tirées en noir sur papier de Chine. Ex-libris monogrammé d’Henri Cherrier à la première double garde. Très bel exemplaire avec de remarquables doublures mosaïquées par Charles Meunier. Voir la reproduction. 800 / 1 000 € 175. HUGO (Victor). Le Roi s’amuse, drame par Victor Hugo. Bel exemplaire joliment relié du Roi s’amuse, drame en cinq actes de Victor Hugo créé en 1832, œuvre majeure du théâtre romantique par son retentissement à l’époque comme par sa postérité. Paris, Eugène Renduel, 1832. In-8 (236 × 152 mm), demi-veau glacé rouge à coins, dos lisse orné de trois compartiments garnis de filets et feuillages romantiques, tête doré. Reliure de la fin du XIXe siècle. 183 pages. (Couvertures lavées avec petites restaurations, la première renforcée au verso) Édition originale, sans mention fictive d’édition sur la page de titre. Illustrée d’un frontispice de Tony Johannot gravé par Andrew, Leloir et Best et collé sur Chine. La pièce, qui dépeint le roi François Ier comme un souverain débauché et tyrannique, a été interdite dès le lendemain de sa première représentation, le 22 novembre 1832. Hugo a intenté un procès pour défendre la liberté d’expression, mais la pièce est restée interdite pendant cinquante ans. Il fallut attendre la version imprimée pour pouvoir lire la préface dans laquelle l’auteur dénonce la censure dont il fut victime. La pièce connut alors tout le succès qu’elle méritait, mais dans sa version imprimée. Bien que moins jouée que d’autres œuvres de Hugo, « Le Roi s’amuse » reste un texte étudié pour son audace et son influence. Elle a inspiré Verdi pour son opéra « Rigoletto » (1851), qui a popularisé l’histoire dans le monde entier. Superbe exemplaire, grande de marges en parfait état de fraicheur. 400 / 600 € Charles VII qui régit les relations entre l’Église gallicane (c’est-à-dire française) et le pape. Ce texte constitue un pas important dans l’émancipation de la monarchie à l’égard du Saint-Siège. Dans son commentaire paru d’abord à Paris en 1486 Guymier affirme les libertés gallicanes contre la centralisation romaine et propose une des premières élaborations juridiques et théologiques en faveur d’un gallicanisme d’État. À la suite on a relié, comme dans l’exemplaire de la BNF, le texte de Concordat de Bologne (1516) conclut entre François Ier et le pape Léon X, imprimé à la même adresse à Lyon pour Antoine Vincent. 600 / 800 € 173. HORACE (Quintus Horatius Flaccus, dit). Carmina. Édition strasbourgeoise luxueuse des « Odes » du poète épicurien Horace, dans une belle reliure dans le goût de Bozerian. Strasbourg, Georges Treuttel, 1788. In-folio, plein veau glacé, reliure dans le goût de Bozerian, dos lisse orné de fleurons dorés entourés de losanges dorés, avec filets et guirlandes de style néoclassique dorés et pièce de titre de cuir rouge, plats encadrés de roulettes dorées, roulettes dorées sur les coupes et sur les chasses, tranches dorées. En latin, VII et 380 pp. (Quelques taches et griffures sur les plats, coiffes et mors frottés, quelques rousseurs, essentiellement sur les gardes, une mouillure sur la page de faux titre) Édition strasbourgeoise luxueuse des « Odes » du poète épicurien Horace, dans une belle reliure dans le goût de Bozerian. Tirage sur papier fort. Texte établi par Jérémie-Jacques Oberlin (1735-1806), philologue et archéologue français d’Alsace, docteur en philosophie et bibliothécaire de l’université de Strasbourg. Avec ses « Odes », Horace abandonne le style satirique au profit d’un lyrisme teinté d’autodérision. Le poète y abandonne l’iambe et l’hexamètre dactylique pour adopter le vers asclépiade majeur, caractéristique de la poésie lyrique, et la strophe alcaïque (de quatre vers) quasiment inusitée depuis. Tout en chantant la gloire de Rome et la politique de pacification augustéenne, Horace loue le bonheur d’une vie épicurienne à l’abri des tourments du monde et des plaisirs vains de l’ambition et de la richesse. Il formule à cette occasion le fameux « Carpe diem », auquel on résumera parfois hâtivement la philosophie épicurienne. Le poète s’y peint lui-même en cygne prenant son envol avec une emphase solennellement burlesque. Superbe reliure dans le goût de Bozerian, intérieur très frais. 300 / 400 € 174. HOUSSAYE (Arsène) et GIRALDON (Adolphe). Aspasie – Cléopatre – Théodora. Illustrations de A. Giraldon. Première édition illustrée, ornée de 60 compositions d’Adolphe Giraldon, dans une splendide reliure de Charles Meunier, doublée d’un riche décor mosaïqué d’inspiration égyptienne. Paris, Chamerot et Renouard, 1899. Grand in-8 (170 × 260 mm), maroquin vert, dos à 4 faux-nerfs encadrés de filets à froid se rejoignant sur les plats, motif floral flanqué de deux serpents mosaïqués en maroquin brun, ocre rouge et havane au centre du dos, doublures de maroquin orange bordé de deux listels de maroquin citron et Lavallière, droits et courbes, avec feuilles de lotus mosaïquées de maroquin brun, vert, écru et bleu-gris en écoinçons, et pour le premier contreplat un grand décor central de style égyptien, composé de différents sujets symbolique mosaïqués en maroquin de différentes couleurs (bouquet de lotus en fleurs et en boutons, médaillon ocre jaune central avec un scarabée flanqué de deux serpents et deux grandes ailes), gardes de moire olive, doubles gardes, tranches dorées, couvertures et dos conservés (Ch. Meunier, 1901). III, 294 pages et 8 ff.n.ch. (liste des membres de la Société), 60 compositions d’Adolphe Giraldon, gravées sur bois par Quesnel et teintées en couleurs et en or, dont 1 frontispice, 3 dessins à pleine page, 27 en médaillons, 27 culs-de-lampe et 2 en-têtes. (Dos très légèrement passés, frottements minimes) Première édition illustrée, ornée de 60 compositions d’Adolphe Giraldon, gravées sur bois par Quesnel et teintées en couleurs et en or par Ducourtioux et Huillard. 171. GUITRY (Sacha). Poème d’amour à son épouse. Exceptionnel dossier sur Sacha Guitry établi par Jacques Crépineau (19322017), contenant entre autres un poème d’amour manuscrit et signé de la main de l’artiste, accompagné de 3 photos originales du couple. Poème très probablement écrit après son emprisonnement en 1944, adressé à sa dernière femme Geneviève de Séréville, mêlant le souvenir de l’enfermement réel à celui, volontaire et amoureux : « Un an ! Toute une année ! Et combien j’eus raison de fuir la prison pour me faire enchaîner dans le collier de tes deux bras… » — et il termine — « …et d’un baiser tu me libères. » Circa 1944. In-folio (330 × 250 mm). Lettre sur double feuillet, papier ancien nacré, présentant un pli central, établie avec 3 photos montées sur papier vélin, couverture avec une vignette collée ornée de la reproduction de la signature de Guitry, ruban tricolore. Le tout dans un double emboîtage cartonné, avec au dos de la chemise le titre : « Le Sacre de Sacha Guitry ». On joint : – Dessin à l’encre de Chine signé « MP » représentant Sacha Guitry de profil, fumant une pipe. – Planche imprimée en noir de la caricature du compositeur Reynaldo Hahn par Georges Bastia (1904-1980). – HAHN (Reynaldo). Ô mon bel inconnu. Comédie musicale en 3 actes de Sacha Guitry. Musique de Reynaldo Hahn (Éditions Salabert, 1933). Recueil-partition pour piano et chant de 5 airs de la partition de cette comédie musicale créée aux Bouffes-Parisiens le 5 octobre 1933, avec Suzanne Dantès, Arletty et Simone Simon dans les rôles féminins : Strophes d’Antoinette, Couplets de Félicie (À la chalcographie), Ô mon bel inconnu (valse chantée), Chanson à deux voix (Qu’est-ce qu’il faut pour être heureux), et Couplets de Marie-Anne. La couverture est illustrée par Uzelac. On joint le programme illustré des Bouffes-Parisiens pour la création. – Hommage à Sacha Guitry, exposition au théâtre Édouard VII, 1984. – Tiré à part d’un poème de Guitry illustré par Émile Compard. [Paris, Raoul Solar – Collection Les Voix célèbres, 1947] In-4 de 6 ff. – Le numéro de Paris Match du 3 août 1957 consacré à la mort de Guitry, dans un état exceptionnel, contenant uniquement les articles consacrés à Guitry et truffé de nombreuses coupures de journaux. Provenance : ex-libris de Jacques Crépineau (19322017), directeur du Théâtre de la Michodière, historien du théâtre, collectionneur reconnu et apprécié. 500 / 800 € 172. GUYMIER (Cosmas). Pragmatica Sanctio studiosis utilissima Concordatis. Cosmae Guymier (…) Commentarius ad Pragmaticam sanctionem in Synodo Basilien[si] sub Papa Eugenio iiii & Carlo vij. [suivi de] Concordata inter sanctis. Œuvre importante de Cosme Guymier (14..-1503), jurisconsulte parisien réputé, la première d’un mouvement qui allie la monarchie absolue et le Parlement contre les hérétiques, qui rendra plus tard en France la Réforme sans pertinence juridique. Lugduni : Sumptibus Ant. Vincentii : apud Math. Bonhome. Sans mention de date (1538). In-8 (170x114mm). Basane havane, dos à nerfs orné de caissons fleuronnés aux fers dorés (Reliure début XVIIIe s.). En latin. Deux parties en un volume 262 ff.n.ch. ; 54 ff.n.ch. (texte et table complets) ; 21ff+4ff.nch (texte complet, manque 1 ou plusieurs feuillets de la table, dont le colophon). (Epidermures au dos et plats, départ de fente en tête du premier mors, restauration à la coiffe de pied. Bon intérieur malgré un petit manque angulaire du titre, mouillure sur les premiers 9 feuillets et dans la marge des derniers 4 feuillets, petite galerie dans la marge des feuillets xi à lviii, plusieurs passages soulignés) Rare édition lyonnaise du XVIe siècle, bien imprimée en 1538, avec titre en rouge et noir dans un encadrement architectural gravé sur bois, texte en caractères gothiques orné de lettrines historiées gravées sur bois. Commentaire fondamental de Cosme Guymier sur la Pragmatique Sanction de Bourges (1438), décret promulguée le 7 juillet 1438 par 169. GOWER (Robert). Iconographie de la Reine Marie-Antoinette. Catalogue descriptif et raisonné de la collection de portraits, pièces historiques et allégoriques, caricatures,…, formée par lord Ronald Gower. Précédée d’une lettre par G. Duplessis. Source majeure pour l’étude de l’iconographie de Marie-Antoinette. Exemplaire du bibliophile et collectionneur d’estampes André Barrier, enrichi de 6 pièces originales dont 3 physionotraces de la famille royale. Paris, Quantin, 1883. In-4 (320 × 230 mm), à la Bradel en demi-percaline verte à coins, dos lisse orné d’une pièce, titre, fleuron et date aux fers dorés. Marges non rognées. Couvertures conservées. Marges non rognées. XVI-247 pp., 42 planches, index des artistes. (Couvertures un peu passées, légère mouillure dans la marge de pied des derniers 5 feuillets. Sur les pièces originales quelques traces de manipulations, petites mouillures marginales et quelques rousseurs, sans gravité) Édition originale, imprimée sur vélin, et enrichie d’une belle iconographie de 42 planches reproduisant des gravures anciennes. Ouvrage de référence qui recense et analyse les représentations de la reine, des portraits officiels aux images satiriques, en passant par les œuvres de peintres renommés comme Élisabeth Vigée Le Brun ou Jean-François Janinet. Exemplaire de choix, établi par André Barrier, qui y a joint cinq pièces originales montées en début de volume. Parmi celles-ci figurent des physionotraces non signés de la famille royale, ainsi qu’un rarissime portrait gravé en sanguine par R. Brookshaw (1774), absent du catalogue. L’ouvrage comporte en outre plusieurs annotations manuscrites en marge. André Barrier (Paris, 1870-1957), grand bibliophile et collectionneur d’estampes, fut président à la Cour d’appel de Paris et président des Cent Bibliophiles. Son bel ex-libris gravé à l’eau-forte figure sur le premier contreplat. 300 / 500 € 170. GREEN (Julien) et ALEXEIEFF (Alexandre). Adrienne Mesurat. Très bel exemplaire de cette rare édition illustrée par Alexeieff, en plein box signé. Paris, Société « Les Exemplaires », 1929. In-4 (290 × 200mm), plein box noir, plats décorés d’une série de 10 vagues typographiques dorées ascendantes en biais, dos lisse, tranche de tête dorée, belles gardes de papier bombé noir et rose, couvertures conservées, non ébarbé, étui (LéoneRaymonde Houadès). [2ff.] 312pp. [2ff.] ; vignette de titre, 3 gravures pleine page en têtes de parties, 52 eaux-fortes in-texte. Édition illustrée de 56 eaux-fortes d’Alexandre Alexeïeff, rehaussées à l’aquatinte. Un des 99 exemplaires numérotés sur vélin à la forme des papeteries de Rives, seul tirage ; celui-ci imprimé spécialement pour Monsieur Roger Braun. Adriene Mesurat est un roman de Green initialement paru en 1927. Il suit l’enfermement d’une jeune femme vivant avec un père tyrannique dans une petite ville de province ; elle finira par le tuer avant de sombrer dans la folie. Alexandre Alexeïeff (1901-1982) fut un artiste illustrateur, graveur et cinéaste d’animation franco-russe, principalement connu pour avoir inventé avec sa compagne Claire Parker la technique de l’écran d’épingles. Cette méthode unique, fondée sur la manipulation de milliers d’épingles noircies éclairées en clair-obscur, permet de créer des images animées d’une grande finesse, proches de la gravure ou du dessin au fusain. Il réalise plusieurs courts-métrages expérimentaux, dont « Une nuit sur le mont Chauve » (1933), considérés comme une œuvre majeure de l’animation d’avant-garde. Provenance : – Roger Braun (nominatif ) : ancien notaire, alsacien, il fut viceprésident du Vieux-Papier, était connu dans le monde du livre et dans celui de la gastronomie, qu’il honorait doublement, comme convive et comme collectionneur. Sa collection de menus était de loin la plus importante qui ait pu être constituée. En souvenir de son mari, sa veuve en fit don au Cabinet des Estampes de la BNF en 1941. 600 / 800 € 174

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