182
468. [
Joseph-Paul GAIMARD
(1793-1858) médecin, voyageur et naturaliste]. 8 L.A.S. à lui adressées, 1835-[1853] ; 9 pages,
la plupart in-8, qqs adresses (3 lettres froissées).
400/500
I
ntéressant
ensemble
adressé au naturaliste et chirurgien de la Marine Joseph Paul
G
aimard
, président de la Commission scientifique
du Nord, montrant les relations du voyageur avec les savants de son époque. [Né à Saint-Zacharie (Var), Joseph-Paul Gaimard avait
participé aux voyages autour du monde de Freycinet et de Dumont d’Urville, lorsqu’il fut nommé, en 1835, président de la Commission
scientifique d’Islande et du Groenland (devenue Commission scientifique du Nord). Il explora ainsi, sur la corvette
la Recherche
, l’Islande
et le Groënland en 1835 et 1836, puis la Scandinavie, la Laponie, le Spitzberg et les îles Féroé entre 1838 et 1840. L’objectif était de
retrouver trace de
la Lilloise
de Jules de Blosseville, disparue en 1833 au large des côtes d’Islande, et de réaliser un vaste programme
scientifique portant sur l’histoire naturelle, la géologie, la médecine, la météorologie, la physique, l’astronomie, et même les langues et
littératures scandinaves confiées à l’écrivain Xavier Marmier. Gaimard a pris une part très importante dans les publications consécutives
aux voyages de
l’Uranie
, de
l’Astrolabe
et de
la Recherche
.]
Eugène
C
hevreul
, 28 octobre [1853] (en-tête du
Muséum d’Histoire naturelle
), invitation à dîner dans sa maison de l’Haÿ, près de
Bourg-la-Reine, avec Mme Berzelius ; Chevreul indique les différents moyens de s’y rendre, dont le chemin de fer de Sceaux. Armand
D
ufrénoy
(2), 27 mars 1839 et s.d., recommandant Durocher, élève-ingénieur des Mines, pour la seconde expédition en Scandinavie :
« Il a le feu sacré, aime la science pour elle et ses succès à l’Ecole Polytechnique et à l’Ecole des Mines sont une garantie des services
qu’il pourra vous rendre »… Isidore
G
eoffroy
S
aint
-H
ilaire
(3), 1837-1838 : il lui renvoie une épreuve corrigée et regrette de n’avoir
pas pu le recevoir ; il a été « retenu toute la matinée au laboratoire et au cabinet par M Jourdan, directeur du musée de Lyon, qui avait
à traiter avec moi, pendant son court séjour à Paris, quelques affaires d’intérêt pour les deux musées de Paris et de Lyon » ; il aimerait
voir M. Sivenstern. Adrien de
J
ussieu
, 13 mars 1835 (en-tête du
Muséum d’Histoire naturelle
), préparation du voyage en Islande et au
Groenland, et les « achats que vous pourriez faire pour le Muséum dans votre nouveau voyage. J’ai besoin de m’entendre à ce sujet avec
vous pour fixer les sommes dont vous auriez à disposer et les détails financiers de paiement »… François-Vincent
R
aspail
, 11 mars 1847,
envoi d’un laissez-passer pour une malade.
O
n
joint
un manuscrit médical sur les services à créer dans les hôpitaux pour y traiter les malades atteints de syphilis (27 septembre
1856) ; un prospectus impr.,
Expédition au Pôle Arctique
, [1838] ; 2 l.a.s. d’Isidore
G
eoffroy
S
aint
-H
ilaire
(1858-1859) évoquant
Gaimard et Ferdinand de Lesseps.
469.
Louis GARNERAY
(1783-1857) peintre de marines et dessinateur, marin et corsaire, et littérateur.
3
manuscrits
autographes ou en partie autographes,
Le passage des tropiques
,
Voyage de traite
, et
Variétés de la justice humaine
;
6 cahiers cousus petit in-fol. de 306 pages (mouillures, salissures, bords effrangés, déchirures avec petits manques).
1 200/1 500
M
anuscrits
de
travail
pour
les
souvenirs
de
voyages
et
mémoires
du
marin
et
corsaire
G
arneray
. [Les récits de Garneray furent
publiés en feuilleton au cours de l’été 1851 dans
La Patrie
, et la même année dans
Le Panthéon populaire illustré
, 6
e
série, livraisons 6-12,
sous le titre
Voyages de Louis Garneray, peintre de marines : aventures et combats illustrés par l’auteur
, et livraisons 113-116, sous le titre
Captivité de Louis Garneray. Neuf années en Angleterre. Mes Pontons
. Il a laissé d’autres « souvenirs maritimes ».]
Le passage des tropiques
, manuscrit autographe (cahier de 40 p. avec de nombreuses ratures et corrections et quelques béquets). Récit
du passage de la ligne, mettant en scène l’auteur, « pauvre Parisien novice », et les marins Kernau et Beaulieu, personnages récurrents
dans les mémoires de Garneray. À l’approche du tropique du Cancer, l’excitation gagne tout l’équipage, et il est « grandement question
des néophites qu’il s’agissait d’initier »... Récit haut en couleurs des cérémonies de baptême, présidées par « le père tropique »…
Voyage de traite
, de la main d’un secrétaire avec corrections et additions autographes (4 cahiers de 45-65-67-38 p., numérotés 1, 3,
4, 5 et paginés 1-47 [mq 33-34], 83-147, 148-213 et 214-252, 2 petits croquis). Le titre primitif, raturé sur la page de titre du premier
cahier, était
Le Gaillard d’avant
. Marqué au crayon rouge « 8
ème
publication », ce manuscrit a fait l’objet de commentaires et d’annotations
d’une autre main, au crayon (probablement par un rédacteur de revue) : « Rien », « abréger », « Commencement véritable » (au cours du
chap. 3), « à garder », « à revoir », « demande des explications », « Comprends pas bien : c’est diffus », « Cette tempête et cet épisode durent
deux jours », « Combien vaut la piastre à Zanzibar ? », etc., ainsi que de coupures et passages biffés au crayon. Néanmoins la majeure
partie du texte fut reprise, remaniée, dans les
Voyages de Louis Garneray
, dans les chapitres 17 à 21 qui racontent l’embarquement
des Africains, leur rébellion à bord, le naufrage de la
Doris
et l’arrivée des Européens survivants sur la côte orientale de Zanzibar.
Ce drame qui, dans la version publiée, voit le sauvetage d’une centaine de « créatures humaines » parmi les captifs « malheureux », se
déroule plus simplement dans la version manuscrite : après avoir feint l’intention d’embarquer tout le monde, la plupart des Européens
prennent le large dans un canot de sauvetage, alors que des Noirs « se précipitèrent en foule à la mer pour nous envahir conjointement
avec ceux qui y étaient déjà nous poursuivirent à une grande distance au large et là, trahis par leur force, accablés par le désespoir ils se
noyèrent tous sous nos yeux. C’est de ce point que nous pûmes envisager avec terreur, tout ce que la position de nos camarades entassés
pelle-mêle avec la plus faible partie de la traite sur le flanc du négrier, avait d’épouvantable et de désespérant. Chaque lame emportait
avec elle des femmes, des enfans qui ne reparaissaient plus. Qu’on se figure les écoutilles béantes vomissant par bouffées les cadavres
des malheureux tombés dans le faux-pont au moment de la catastrophe et ces cadavres déchirés, sanglans, quelquefois enlacés l’un à
l’autre couverts d’écume et disparaissant dans le choc des flots, [...] ou bien encore le désespoir du reste de ces captifs d’élite, vigoureux
et libres de leurs mouvements, redressant leurs têtes humides, fendant l’eau de leur large poitrine pour rallier notre frêle esquif
toujours insaisisable pour eux, et venant s’offrir d’eux-mêmes à la voracité des requins, [...] alors on comprendra comment le trépas de
ces hommes quelqu’affligeant qu’il fût était encore une consolation pour nous, puisqu’il garantissait la sécurité de nos compatriotes
abandonnés et la nôtre »... Malgré la noyade des Noirs « les plus redoutables », ceux du canot n’osent entreprendre d’assurer la survie des
Européens restés sur le navire. Dans la version publiée, la décision d’abandonner des camarades ne se prend qu’à l’issue d’efforts et de




