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les collections aristophil

germanica

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BRAHMS JOHANNES

(1833-1897).

Compositeur allemand.

L.A.S. « J. Br. », [Wien 14 mars 1892], à l’éditeur musical

Fritz SIMROCK ; 1 page oblong in-8 ; en allemand.

1 800 / 2 000 €

« Quelle blague y a-t-il derrière ? », a été son premier mot quand

Simrock a parlé de prix bon marché pour les nouvelles choses.

C’est noté par écrit, il n’y a donc pas de quoi rire : Brahms est bien

assis. Blague est, bien sûr, un mot trop gentil pour la gifle que Simrock

lui donne, ainsi qu’aux autres personnes concernées. Il suppose que

l’ordre a été maintenant donné de mettre une année sur chaque

première page de musique, au lieu du faux-titre comme Brahms le

désirait…

« “Was für ein Schabernack steckt dahinter ?” war mein erstes Wort,

als Sie von den billigen Preisen der neuen Sachen anfingen. Sie haben

es schriftlich, können also nicht lachen : dass ich Ihnen aufgeseßen sei.

Schabernack ist freilich ein zu freundliches Wort für die Netto-Ohrfeige,

die Sie mir und allen Beteiligten geben. Ich nehme jetzt an, dass Sie

Ordre gegeben haben, auf jeder ersten Notenseite eine Jahreszahl

zu setzen – denn Sie melden mit bekannter Freundlichkeit, daß sie,

ganz meinem Wunsch gemäss, von den Schmutztiteln entfällt ! »…

Briefwechsel,

XII, n°757, p. 63.

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BRECHT BERTOLT

(1898-1956).

Poète et auteur dramatique allemand.

L.A.S. « Bertolt », [à Ruth BERLAU] ; 1 page petit in-4 au stylo

bille rouge ; en allemand.

1 000 / 1 500 €

À son amie et collaboratrice Ruth BERLAU (1906-1974, actrice

et écrivain danoise ; elle fut l’assitante de Brecht, et sa maîtresse).

Il a reçu sa lettre express trop tard, mais a quand même télégraphié.

Il est content qu’elle vienne. Il ne peut rien dire de la tournée ; Helli

[sa femme Helene WEIGEL] est encore à Vienne. Mais ils ne pourront

certainement pas avant le début du mois de juin. Quelle l’appelle dès

son arrivée, il y a toujours beaucoup de gens avec lui…

« Liebe, den eilbrief kriegte ich zu spät, telegraphierte aber doch

noch. – ich freue mich, dass du kommst! – über die tournee kann ich

nichts sagen und Helli ist noch in Wien. Aber wir könnten bestimmt

nicht vor Anfang Juni! – ruf mich gleich an, wenn du kommst [...] hier

sitzen immer eine menge leute herum »…

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EINSTEIN ALBERT

(1879-1955).

L.A.S. « Papa », [Berlin début septembre 1921],

à ses fils Hans Albert and Eduard EINSTEIN ;

1 page in-4 ; en allemand.

2 000 / 3 000 €

Belle lettre familiale à ses deux fils.

Il remercie ses enfants (« Liebe Kinder ! ») pour l’envoi de photos, un peu

sombres, mais ce qu’il ne voit pas est complété par la mémoire fraîche

(« Was man nicht sieht, ergänzt man aus der frischen Erinnerung »).

Il arrivera à la mi-octobre à Zurich ; s’il ne peut loger chez eux, il ira

habiter à l’Augustinerhof. D’ailleurs, il ne restera pas longtemps, préférant

pouvoir rester en Italie un peu plus longtemps. Il s’adresse à Tete

(Eduard), qui doit rester à Zurich comme le plus petit ; il va lui apporter

sa montre en argent, qu’il porte depuis 28 ans et qui marche toujours

aussi bien qu’au premier jour. Maman doit veiller de près à ce qu’il ne

la casse pas (« Denn ich bringe Dir meine silberne Uhr mit, die ich volle

28 Jahre ausprobiert habe, und die noch so vorzüglich geht wie am

ersten Tag. Mama muss dann ein bischen dafür sorgen, dass Du sie

nicht kaput machst »). Si après tout il la casse, alors il se réconfortera

avec le dicton : « Devenir père, ce n’est pas difficile, mais le devenir

l’est vraiment » (« Vater werden ist nicht schwer, doch es sein hingegen

sehr »). Il a eu une grave infection de la gorge mais ça va mieux. Il peine

sur ses conférences de Princeton – l’écriture est un dur combat pour

lui. Une autre fois, il réfléchira à deux fois avant d’assumer une telle

responsabilité (« Ich schwitzen nun an meinen Princetoner Vorlesungen

– das Schreiben ist für mich eine arge Strafe. Ein andermal überlege ich

mirs besser, ehe ich so eine Pflicht übernehme »). Il pense souvent avec

nostalgie à leurs vacances à Wustrow (sur la Baltique). Il veut essayer

de passer le plus de temps possible avec eux. Albert doit s’occuper

de son autorisation de voyage en Italie, en disant que son père, qui a

été invité par l’Université de Bologne, veut l’emmener avec lui…

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EINSTEIN ALBERT

(1879-1955).

L.A.S. « Papa » avec

dessin

, [Paris] 8 novembre 1929,

à son fils Hans Albert EINSTEIN, à Dortmund ;

2 pages petit in-4, enveloppe ; en allemand.

2 000 / 4 000 €

Au sujet de conférences à Paris sur sa nouvelle théorie.

Einstein est à Paris pour donner des conférences (« ein paar Vorträge

zu halten », et prend les dispositions nécessaires pour passer une

nuit avec Hans Albert à Dortmund sur le chemin du retour, s’il n’est

pas complètement épuisé (« wenn ich nicht ganz kaput bin »). Il loge

à la Légation d’Allemagne. Puis il aborde trois sujets, en paragraphes

numérotés : 1) il lui donne des conseils sur le travail de Hans Albert

sur un brevet ; 2) il lui offre des chaises qui se trouvaient dans

l’appartement de Zurich (avec 2

dessins

de ces chaises, le premier

biffé) ; 3) il transmet une invitation du professeur Ludwig Hopf de

la « technischen Hochschule in Aachen » (Aix-la-Chapelle), qui avait

donné à Hans Albert un merveilleux chemin de fer quand il était petit

(« eine wunderbar Eisenbahn geschenkt hat, als Du klein warst »),

cela pourrait être une excursion dans son véhicule infernal (« dein

Teufels-Fahrzeug »).

Il doit maintenant monter sur un trapèze et donner une conférence en

français sur sa nouvelle théorie à l’Institut Poincaré. Ce sera une rude

épreuve. Et il a encore presque une semaine de ce genre devant lui !

(« Jetzt muss ich dann gleich aufs Trapez und im Inst. Poincaré über

meine neue Theorie französische vortragen. Es wird eine infernalische

Strapaze sein. Und ich habe fast eine Woche solcher Art vor mir ! »)

Au moins, habiter la Légation le rend plus difficile à atteindre…

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