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76 DUHAMEL (Georges). La Possession du monde. Édition revue et corrigée par l’auteur.
Paris, Claude Aveline, 1923.
In-8 (188 x 134 mm), maroquin brun orangé, décor géométrique sur les plats de filets dorés et à froid en diagonale,
s’entrecroisant en trois petits triangles de maroquin bronze mosaïqué, et de listels dorés verticaux et horizontaux,
poussés en creux, dont deux passant sur le dos, dos à deux nerfs titré, encadrement intérieur d’un filet et un listel dorés,
couverture et dos, tranches dorées sur témoins, emboîtage moderne de toile grège et brique (
Rose Adler, 1924
)
.
Édition en partie originale.
Écrit en
1917
mais publié seulement deux ans plus tard pour ne pas vouloir profiter du conflit mondial qui avait déchiré le
monde, cet ouvrage, qui se veut être avant tout une œuvre de paix, est le cri pacifiste d’un homme engagé sur le front à
soulager la misère humaine.
Cette édition, peu commune, est ornée d’un portrait de l’auteur et de quatorze compositions en noir et bistre dessinées et
gravées sur bois par
Paul de Pidoll
.
Un des
28
exemplaires réimposés sur vélin de Hollande, outre
10
hors commerce, d’un tirage à
650
exemplaires mis
dans le commerce.
Très bel exemplaire dans une des premières reliures signées et datées de Rose Adler, « pionnière de la reliure
moderne ».
Cette admirable reliure, rarissime exemple de la première période de création de Rose Adler, a été exécutée peu après sa
rencontre avec Jacques Doucet en
1923
. On ne connaît que cinq reliures datées de
1924
(voir Alice Caillé,
Les Reliures de
Rose Adler
, I, p.
420
).
Entrée en
1917
à l’Union centrale des Arts décoratifs, Rose Adler (
1890
-
1959
) est remarquée six ans plus tard, lors de
l’exposition des Arts décoratifs au pavillon de Marsan, par le couturier et collectionneur Jacques Doucet, qui lui présenta
Pierre Legrain. C’est le début d’une riche collaboration entre ces trois personnalités tournées vers le modernisme.
« Rose Adler ne tardera pas à devenir le chef de file incontesté des relieurs femmes, groupe quelque peu dérangeant au sein
d’une profession qui, jusqu’alors et à peu d’exceptions près, était restée l’apanage des hommes » (
Une vie, une collection
,
p.
157
).




