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12 CICÉRON. Ad Q[uintum] fratrem dialogi tres de oratore. Variis Dionysii Lambini & aliorum doctissimorum
quorumque lectionibus, ad marginem ditati... [Tomus secundus].
Lyon, Pierre Roussin pour Jean Pillehotte, 1588.
In-12 (144 x 75 mm), maroquin rouge, riche décor mosaïqué à la fanfare composé de pièces de maroquin bordeaux,
havane et citron serties de simples ou doubles filets dorés déterminant de multiples compartiments ornés aux petits
fers de rameaux d’olivier, volutes, enroulements, fleurons, ovale central en réserve, dos lisse orné du même décor
mosaïqué et doré, filet doré sur les coupes, tranches dorées, étui de percaline bleue (
Reliure parisienne de l’époque
)
.
Rare édition de petit format des œuvres de Cicéron procurée par Denis Lambin et accompagnée dans les marges des
notes philologiques d’Alexander Scot.
Imprimé sur les presses de Pierre Roussin, à Lyon, l’ouvrage est orné sur le titre de la marque à l’insigne de la Compagnie
de Jésus du libraire Jean Pillehotte, qui prit en charge les frais de l’édition.
Présenté seul, ce volume forme le second tome de l’édition, qu’on ne trouve que très rarement complète des neuf volumes.
Exemplaire réglé.
Précieuse reliure à la fanfare au décor à inclusion de pièces de maroquin, constituant un très rare exemple de la
véritable technique de mosaïque incrustée.
Les pièces de maroquin ont été découpées, ajustées et incrustées – et non pas collées, comme l’on fait pour une mosaïque
habituelle. D’une exécution difficile, cette utilisation exceptionnelle de la mosaïque produit des œuvres fragiles et d’une
conservation délicate. Elle fut abandonnée au milieu du XVIII
e
siècle et l’on n’en connaît que très peu d’exemples.
Cette belle reliure est en outre ornée d’un décor à la charnière de deux styles : du XVI
e
siècle, elle maintient le médaillon
central relié au décor par des torsades, l’utilisation des petits branchages au naturel, l’ornementation aux petits fers des
caissons ; les prémices du XVII
e
siècle se font sentir dans le découpage symétrique et équilibré du décor.
Ce spécimen appartient à un petit groupe de six reliures connues, toutes réalisées selon la même technique et ornées des
mêmes fers. Parmi celles-ci, quatre furent étudiées par Paul Culot (qui n’a pas identifié l’atelier dont elles proviennent) ;
il s’agit du présent
Cicéron
et du
Claudien
de la collection C. F. Murray (
1910
, lots
94
et
95
, ill.), du
Quinte-Curce
d’Édouard Rahir (
1930
, I, lot
64
, ill.) et du
Tite-Live
du vicomte Couppel du Lude (
2009
, lot
39
, ill.). À ces quatre volumes
doivent être ajoutés les deux volumes des
Psaumes
et des
Prophètes
de la bibliothèque Raphaël Esmerian (
1972
, I, lot
101
,
ill.) et le
Pausanias
présenté par la Librairie Giraud-Badin le
2
mars
2005
(lot
136
, ill.).
À propos de son
Quinte-Curce
, Édouard Rahir a ce commentaire, qui s’applique aussi bien à la présente reliure : « la dorure
particulièrement fine et brillante donne à ce volume l’apparence d’une pièce d’orfèvrerie ».
Des bibliothèques Charles Fairfax Murray (étiquette de cote, cat.
1910
, n°
94
), Charles Gillet (numéro d’inventaire
manuscrit) et Edmée Maus (ex-libris). Pour une notice biographique sur Edmée Maus voir le lot
4
.
Légères restaurations aux coins et aux coiffes ; manquent les deux feuillets B
6
et B
7
; titre anciennement doublé et amputé
de la mention
Tomus secundus
.
Baudrier, II, 270 – Davies : C. Fairfax Murray, Early French books, n°94, ill. (exemplaire cité) – A. Rau : « Contemporary Collectors XVI.
Edmée Maus » in The Book Collector VII, 1958, pp. 38-50.
Hobson & Culot, n°72.
Exposition : Cinq siècles d’ornements, n°48.




