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16 LIÉBAULT (Jean). Trois livres appartenans aux infimitez et maladies des femmes.
Lyon, Jean Veyrat, 1597.
In-8 (167 x
98 mm),maroquin brun, décor argenté composé d’un encadrement de doubles filets avec coquilles aux angles,médaillon
de feuillage contenant un soleil à visage humain au centre, dos orné d’un semé de coquilles dans un encadrement de
feuillage, tranches lisses, emboîtage moderne de demi-chagrin brun (
Reliure de l’époque
)
.
Rare édition lyonnaise de ce traité gynécologique célèbre, l’un des premiers livres entièrement consacrés aux
maladies des femmes, maintes fois réimprimé depuis sa première édition, parue à Lyon en
1582
.
L’édition de Jean Veyrat n’est citée par Baudrier que sous la date de
1598
, et d’après le seul exemplaire de la bibliothèque
de Grenoble. Elle est ornée sur le titre de la marque au « vase d’or » du libraire gravée sur bois.
Jean Liébault (
1535
-
1596
), originaire de Dijon, était médecin et agronome. Il avait épousé Nicole Estienne, la fille de
l’imprimeur Charles Estienne, dont il traduisit en français et compléta la célèbre
Agriculture et maison rustique
dans son
édition augmentée de
1572
.
« Ce livre n’est point une traduction de celui de Marinello, comme on l’a prétendu ; mais il n’est pas extraordinaire que
Liébault se soit souvent rencontré avec le médecin italien, puisqu’il traitait le même sujet. Le traducteur français de
l’ouvrage de Liébault en a retranché plusieurs détails que la décence ne permet pas d’exprimer en notre langue. En
terminant cet ouvrage, Liébault en promettait un autre qui n’a pas vu le jour,
Sur la manière de nourrir et élever les
enfants
». (Joly,
Remarques sur le Dictionnaire de Bayle
).
Précieux exemplaire dans une rarissime reliure à emblème attribuable à Marguerite de Valois (
1553
-
1615
), fille
d’Henri II et de Catherine de Médicis, première épouse d’Henri IV, répudiée en
1599
.
L’attribution quasi-systématique des reliures ornées de fers de marguerites à la bibliothèque de la reine de Navarre qui
prévalait encore du temps de Quentin-Bauchart lui avait fait conférer cette provenance à soixante-douze reliures. Ce
nombre a été ramené à neuf, dont deux incertaines, par G. D. Hobson, au terme d’une critique drastique de ces attributions
indues.
Parmi celles-ci, quatre présentent un semblable décor emblématique de soleil et de coquillages :
L’Amiral de France
offert
par la reine à son secrétaire Bernard en
1605
que conserve la Pierpont Morgan Library (PML
1867
) ; un livre cité par
Tammaro De Marinis (
Appunti e ricerche bibliografiche
, Milan,
1940
, ill.
236
) ; un Ovide de
1571
conservé au château de
Pau ; les
Prédications
de Louis de Grenade de
1584
provenant de l’ancienne collection Libri ; auxquels s’ajoute le présent
traité gynécologique de Liébault de la collection Michel Wittock.
Si la bibliothèque de la reine Margot, dont l’inventaire fut dressé en
1608
, rassemblait quelque trois cents ouvrages, on ne
compte aujourd’hui qu’une douzaine de volumes pouvant lui être rattachés.
Il est singulièrement intéressant que le présent traité de gynécologie dédié aux chastes et jeunes dames ait
appartenu à la reine répudiée dont les infidélités furent notoires. On sait que pour appuyer l’invalidité de leur
mariage auprès du pape, le roi et son épouse mirent en avant la stérilité de leur couple et sa consanguinité.
L’exemplaire a été présenté dans le catalogue n°
39
de la librairie Georges Heilbrun (
1973
, n°
47
).
Décor argenté oxydé. Coiffe inférieure et trois coins restaurés, gardes renouvelées, trous de vers bouchés avec soin dans
l’angle supérieur des pp.
820
-
900
, quelques mouillures marginales.
Baudrier, IV, 404 (à la date de 1598) – V. Worth-Stylianou, n°44 (idem) – BMC, XV, 311 – FVB, n°34569 – Quentin-Bauchart, I, 123-160
– Hobson : Fanfare, pp. 80-84 – Nixon, n°52b – M.-N. Baudouin-Matuszek, « La bibliothèque de Marguerite de Valois », in Henri III
mécène, Paris, 2006, pp. 273-292.
Hobson & Culot, n°70.




