60
36 Missale parisiense... Caroli-Gaspar-Guillelmi de Vintimille... auctoritate, ac venerabilis ejusdem ecclesiæ capituli
consensu editum.
Paris, Simon, Coignard, Hérissant, Desaint pour les libraires de Paris, 1738.
In-folio (426 x
276 mm), maroquin rouge, large dentelle dorée composée de six grands fers à raccords et agrémentée de moindres
fers de coquillages, fleurs à pistil, fleurettes et points, monogramme (mar) répété dans les fers d’angles, cartouche
rocaille surmontée d’une couronne royale fermée contenant le même monogramme et une croix pattée, dos orné
de cartouches ovales au même monogramme entourés de petits fers, monogramme (ma) répété en tête et en queue,
coupes ornées, roulette intérieure, tranches dorées sur marbrure, douze onglets de soie rouge (
Reliure de l’époque
)
.
Somptueux missel parisien, exécuté sur ordre de l’archevêque Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc.
Impression en rouge et noir, avec le texte sur deux colonnes dans un encadrement de filets, contenant
66
ff. de plain-chant
gravés sur bois en rouge et noir, dont
72
pp. pour les
Passiones cum cantu
insérées sous pagination séparée à la fin de
volume.
Le volume est enrichi de
19
ff. de texte supplémentaire, formant
6
ff. au format in-
4
insérés dans la reliure relatifs à la
célébration des fêtes spéciales pour la Sainte Vierge, saint Sulpice, saint Vincent de Paul et sainte Jeanne de Chantal et
13
ff.
à l’usage du séminaire de Saint-Sulpice, paginés séparément et réemmargés au format en fin de volume.
L’illustration, gravée en taille-douce par
Petit
, se compose d’une vignette aux armes de l’archevêque sur le titre et de dix
figures, dont une dans le texte et une hors texte en tête du Canon signées de
Petit
d’après
Le Brun
et huit figures en tête
des chapitres, coupées à la gravure et montées hors texte sur vergé fort.
Belle et imposante reliure de style rocaille à très larges fers et cartouches frappés du monogramme de la Vierge,
attribuable à Padeloup aussi bien qu’à Dubuisson.
Conféré à la Vierge Marie, le monogramme mar frappé dans le grand cartouche central, orné de la croix et des clous de la
Passion, pourrait, suivant Beraldi, dénoter une chapelle royale, du fait de la couronne fermée dont il est surmonté. De fait,
l’inclusion de plusieurs prières spécifiques à Saint-Sulpice, et notamment des Messes propres au séminaire de cette
paroisse, suggère une provenance paroissiale parisienne, peut-être le séminaire de Saint-Sulpice lui-même. La curieuse
juxtaposition du monogramme de Marie, mar, et du chiffre ma, répété neuf fois en tête et en pied du dos, renforce
l’hypothèse d’un exemplaire relié pour les sulpiciens, dont l’ordre portait le monogramme ma ou am pour
Ave Maria
, et
dont les paroisses et missions étaient presque toujours dédiées à la Vierge.
Le doreur a fait usage pour les six monogrammes des entrenerfs d’un cartouche de fanfare sans prolongement de torsade
et de fers simples dans le style des petits fers du siècle précédent. Cette utilisation de fers et styles archaïsants évoque les
reliures dorées par Antoine-Michel Padeloup (
1685
-
1758
), par ailleurs renommé pour l’usage de très grands fers décoratifs
sur les reliures de grand format. Ce décor aux très grands fers peut également être attribué à son contemporain René
Dubuisson, auquel Padeloup faisait parfois appel pour ce genre de décors : on trouvera en effet parmi ceux-ci des éléments
décoratifs repris par son fils Pierre-Paul Dubuisson, qui, en sus des plaques qui l’ont rendu célèbre, faisait aussi usage de
larges fers. On trouve ici son emploi du fer « en anse de tiroir » sur la bordure des plats. Pierre-Paul Dubuisson, actif dès
1746
, fut par ailleurs le successeur direct de Padeloup au titre de relieur du roi.
On trouve ces plaques sur trois autres ouvrages de grand format recensés par Paul Culot : l’exemplaire d’
Aéglé, ballet de
M
r
de La Garde
, s.l.n.d., de la collection Rahir (
1910
, n°
232
, pl.
42
et cat.
1930
, I, n°
132
), un recueil d’opéras manuscrit, s.d.
(Librairie Rau, Paris, cat. IV,
1934
, n°
203
, pl. IV) l’exemplaire des
Fables choisies
de La Fontaine,
1755
-
1759
, de la collection
Ortiz-Patiño (
1998
, I, n°
145
), où ces plaques sont accompagnées de quelques fers d’animaux au naturel.
De la bibliothèque Henri Beraldi (ex-libris, vente II à Paris,
29
-
31
mai et
1
er
juin
1934
, lot
178,
avec ce commentaire :
« riche reliure pouvant être attribuée à Padeloup »).
Infimes restaurations aux coins inférieurs, quelques mouillures marginales.
Expositions : Cinq siècles d’ornements, n°79 – Une vie, une collection, n°30.
37 L’Office de la Semaine Sainte, en latin et en françois, à l’usage de Rome & de Paris... Dédié à la reine pour l’usage de sa
maison.
Paris, veuve Mazières et Garnier, 1728.
In-8 (214 x 140 mm), maroquin olive, roulette dorée en encadrement,
plats richement ornés d’un décor aux petits fers dorés composé de compartiments quadrilobés chargés de fleurs tigées
et de palmettes alternés de fers de dauphins couronnés entourés de fleurettes et d’étoiles, armoiries dans l’ovale
central, dos orné de petits fers et de dauphins et fleurs de lis alternés, coupes ornées, roulette intérieure, doublure et
gardes de papier doré, tranches dorées (
Reliure de l’époque
)
.
Belle édition de cet office dédié à la reine Marie Leczinska, ornée d’un titre-frontispice, une vignette en-tête et trois
figures hors texte gravés sur cuivre par
Jean-Baptiste Scotin
.




