39
94.
Henry de MONFREID
(1879-1974). L.A.S. avec aquarelle originale signée, [fin 1964 ?] ; 1 page oblong in-8, et
aquarelle 12,7 x 16 cm collée au f. supérieur de la lettre.
400/500
L’aquarelle est signée en bas à gauche des initiales et représente l’étang de Leucate. « Meilleurs vœux pour 1965 avec mon
plus affectueux souvenir »…
95.
Henry de MONTHERLANT
(1896-1972). Manuscrits autographes pour
Les Bestiaires
, [1925] ; 11 pages
formats divers, la plupart au dos de feuillets arrachés à un livre, ou de lettres ou pièces à lui adressées. 300/400
Fragments de manuscrit de premier jet pour le chapitre I des
B
ESTIAIRES
. Paginés de « 5 » à « 12 » (et « 11 bis »), et « 21 »,
ils constituent une première version du texte donné aux pages 386 à 396 dans l’édition de la Pléiade. Ces feuillets présentent
des ratures, des corrections et des additions ; Montherlant les a barrés de traits diagonaux. L’auteur raconte ici la découverte de
la tauromachie par Albin de Bricoule. « Et cependant, n’y connaissant rien, il était agacé de se trouver placé entre deux femmes,
parce qu’il pensait que, par principe, des femmes n’y connaissaient rien à cela pas plus qu’au reste. Quand l’arène se déchaîna
en cris contre le matador mauvais, Alban furieux l’invectivait », puis furieux lui lança son programme. « Seize ans plus tard
[…], à Séville, c’était son dur coussin qu’il devait lancer de même contre l’ignoble Chicuelo. Les deux fois il tira sans chance et
n’atteignit pas, mais les deux fois il avait mis toute sa force jeté bien
de volée
, en tentant de toucher et de faire mal. Ce jour fut
celui du coup de foudre. Immédiatement, sans cesser d’être romain, tout devint
taurin
. On apprit l’espagnol. On s’abonna à des
journaux spéciaux de là-bas. Sur chaque livre de classe on colla une photographie détachée d’eux, représentant un épisode de la
course. […] Par élargissement, tout devint espagnol »…
Un dernier feuillet (« 3 »), d’une autre encre et non biffé, décrit le bourg de Moralà et ses environs arides.
96.
Paul MORAND
(1888-1976). L.A.S., [début janvier 1952], à Emmanuel Berl ; 1 page in-4, enveloppe. 250/300
Au sujet de la polémique Mauriac-Cocteau autour de
B
ACCHUS
(la pièce de Cocteau créée le 20 décembre 1951). Morand
veut que Berl lui raconte quand ils se verront « le duel Bacchus, où chaque adversaire dit “si je voulais… mais je ne porte pas
de coups audessous de la ceinture”. Qu’ont-ils donc, tous, audessous de cet équateur ? Quels souvenirs tropicaux ? Je lis que
Christian Dior intitule sa dernière création (“ma dernière création”, dit Dieu), l’intitule
François Mauriac
. Ce pauvre Pascalet
croit finir dans la gloire, il finit dans la vogue. Vogue la galère. Patou appelait ses robes
Ouvert la nuit
en 22. Il vaut tout de
même mieux commencer par là. C’est comme pour les femmes »… Il ajoute en
P.S.
: « Tu ne diras pas que je suis paresseux :
j’ai écrit 13 pages en 3 mois ».
95




