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Anne de l’Enclos
,
dite NINON DE LENCLOS
(1620-1705) courtisane et femme de lettres. L.A.S. (paraphe),
[septembre 1671], à Mgr d’Albret, maréchal de France et gouverneur de Guyenne, à Bordeaux ; 3 pages in-4,
adresse, cachets de cire rouge emblématiques sur lacs de soie blanche.
2 000/2 500
Belle et rare lettre d’amitié, donnant des nouvelles du temps au nouveau gouverneur de Guyenne.
Elle ne lui a pas écrit, tant qu’il ne s’agissait que des harangues et des honneurs de Guyenne, puisqu’il mérite tout ce que lui
ont dit les harangueurs, mais elle écrit avec joie, sachant qu’il a été malade et qu’il a retrouvé la santé. « Le bruit de vostre mal
qui suivit vostre avenement a la couronne de Guiene me fit faire des reflections de philosofe et je songé d’abort a ce beau dir
d’un sertain grec ou latin les dieux nous vendent les plaisirs mais en ce tems la quil etoient faux il en usoient voicy un endroit
bisare trouves bon que je ne m’enfonce pas a leclaircir et me permetes les encienes libertes qui ne se perdent jamais avec un
homme plus grand que ces emplois. Voila monseigneur ce que vostre amie des Tournelles a trouvé ce matin dans son cœur pour
vous. Conservez luy quelque part dans lhonneur de vos bonnes graces. […] Je ne doute point que M. de Pompone qui passe
pour honnete homme ne soit de vos amis et que vous ne serés bien aise que M. le M
al
de Grammont soit mieux dune maladie
extresme qui avoit fait douter de sa vie en vint quatre heures. Vous noserez point faire toujours quelque mention de la morale
quil disoit, dans le mal de M. de Lionne que pour estre Roy des Romains il ne voudroit pas etre aussy mal. M
ons
de Troiville
a receuilly avec succes tous ces exemples de detachement. Il va a la devotion de jour en jour et nous ne sçavons point encore,
si les cinq propositions on la morale relachée lemportera sur luy il voit egalement le père Bourdalou et les gensenistes »…




