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204.
Gilbert du Motier, marquis de LA FAYETTE
(1757-1834). L.A.S., 28 décembre 1830, au maréchal Soult
duc de Dalmatie ; demi-page in-4 (trace de contrecollage au dos, petite déchirure et fente sans toucher le texte).
500/700
Recommandation, pour une place d’officier d’ordonnance auprès de Soult, répondant à un devoir de piété envers un mort
récent. « Mon cher Maréchal, je vous ai recommandé au nom de Fritz Merode, mourant au champ de patriotisme et d’honneur,
M La Gatellerie, son ami lieutenant en disponibilité. Ce sont les dernières paroles que le jeune Héros Belge ait prononcées ; elles
m’ont été transmises par son frère et mon neveu Felix de Merode membre du gouvernement provisoire »…
Frédéric de Mérode (1792-4 novembre 1830), de l’illustre famille de Mérode, était un volontaire de la révolution belge ;
engagé dans la garde bourgeoise, il fut gravement blessé le 24 octobre 1830 à la bataille de Berchem (près d’Anvers), et mourut
dix jours plus tard après avoir subi l’amputation d’une jambe. Ce fut le tout premier membre de l’aristocratie belge victime des
combats de la révolution anti-orangiste ; son frère aîné Félix de Mérode (1791-1857), futur ministre de Léopold I
er
, était neveu
par alliance de La Fayette (il avait épousé une nièce de son épouse, née Noailles).
205. Alexandre-Louis Andrault, comte de LANGERON (1763-1831) général français au service de Russie, il se battit
vaillamment contre les Turcs, contre les armées révolutionnaires et contre Napoléon. L.A.S. « Le Concitoyen
Langeron », Maison d’Abbeville, Paris 8 ventose II ou 26 février 1794 « vieu stile », au citoyen Chaumette, agent
national de la Commune de Paris ; 1 page in-4, adresse avec marques postales.
200/250
Sur l’approvisionnement de Paris. L’approvisionnement de son « ménage garçonal » l’a convaincu que la disette des
denrées, et notamment de la viande, n’est pas aussi réelle qu’on le dit, à condition d’y mettre le prix. Cela « démontre la
nécessité de taxer le prix des bestiaux, en meme tems que […] toutes les denrées meme le prix des repas pris chés les hôtelliers
qui volent impunément et sans pudeur, les voyageurs »… S’étant présenté à la barre de la Convention Nationale pour demander
« l’ouverture d’un canal » apte à faciliter l’approvisionnement de Paris, il le prie de faire le rapport de son mémoire à l’assemblée
de la Commune, afin qu’elle-même formule la demande à la Convention…
206. [
Adrien LOIR
(1862-1941) biologiste, neveu de Pasteur]. Environ 48 photographies originales, dont plus de la
moitié portraits professionnels, fin XIX
e
-début XX
e
siècle ; formats divers.
200/300
Portraits (quelques maisons) provenant des archives du biologisteAdrien Loir, dont beaucoup avec identifications manuscrites
au dos : Adrien Loir lui-même, ses parents, sa première femme et leurs enfants, des membres de sa belle-famille, le comte Folke
Bernadotte, etc.
207.
LOUIS XIV
(1638-1715). L.S. (secrétaire), Versailles 20 décembre 1685, à M. de Saint-Léger ; contresignée par
Colbert de Croissy ; 1 page in-fol., adresse (bords un peu effrangés).
100/150
Nouvelle défense de chasser ou faire chasser par ses domestiques sur les terres du comte de Marsan.
208.
LOUIS XIV
. P.S. (secrétaire), Versailles 9 février 1707 ; signée sur le repli par Chamillart ; vélin in-plano, sceau
cire brune pendant sur cordelette (brisé).
200/250
Dispense d’un degré de service pour pouvoir acquérir et transmettre la noblesse, en faveur de « notre amé et feal Jean-
Baptiste Aronio sieur des Escalus », conseiller trésorier de France au bureau des finances de Lille…
209.
LOUIS-PHILIPPE
(1773-1850) Roi des Français. P.S., septembre 1828 ; 1 page in-fol. en partie impr., vignette aux
armes de la Maison d’Orléans (mauvais état).
100/150
Permission de chasser, « avec chiens couchans et bassets dans l’inspection de Dreux », au nom du comte Chesnard de Boussey.
On joint un brevet de commandeur de la Légion d’honneur au nom de Jules-César-Alexandre Guenet de Saint-Just, 1868
(griffe de Napoléon III, mouill.).
210.
René-Marie LUMINAIS
(1788-1870) député de Loire-Atlantique (1830-1834) puis d’Indre-et-Loire (1848-1849),
père du peintre Évariste Luminais. L.A.S., Paris 13 février 1834, à l’écrivain Émile Souvestre
; 4 pages in-4.
100/150
Belle et longue lettre, remerciant chaleureusement d’une dédicace : « J’attendrai avec impatience votre ouvrage, dans
lequel il me sera si agréable de me voir associé à l’auteur, sans que cela m’ait donné la moindre peine, […] sans quitter le
commode fauteuil sur lequel je m’étale chaque soir avec tant de volupté au coin de mon feu, bavardant avec mes amis, causant
de tout un peu, pourvu qu’ils consentent à ce que mon esprit, comme ma personne, reste toujours en robe de chambre ». Il a lu
avec intérêt son article sur la Cornouaille… « quand ferez-vous donc une Bretagne poëtique, vous qui la comprenez si bien et
qui êtes riche d’imagination et de sentiment ? qui en savez les mœurs, les traditions, les vieilles croyances, et qui avez de plus cet
amour du pays qui donne de la vie à toutes les productions ; parce que c’est vraiment de l’amour, de la conviction qui prête à un
ouvrage le même intérêt qu’on éprouve au langage d’une mère qui parle de son enfant »... Quant à la politique, il pense « que
nous nous trouvons dans un moment de transition et que nous ne sommes encore ni assez éclairés, ni assez avancés pour songer
dans ce moment à changer la forme gouvernementale, les esprits n’étant pas selon moi suffisamment préparés, – effrayés qu’ils
sont de la République de 93, des inspirations que certains hommes voudraient y puiser et des dissidences et des incertitudes
des hommes qui s’appellent d’avenir. Une seule chose serait possible maintenant, parce que le besoin en est senti par les masses
qui souffrent ; c’est une nouvelle organisation des intérêts sociaux, qui assurât le matériel de la vie, qui en rendît la condition
meilleure : en envisageant notre situation sous ce rapport, des législateurs sages et éclairés pourraient faire beaucoup de bien »...
Etc. Il parle de Fourier et des saint-simoniens, et avoue être « républicain de cœur et de conviction ; je déteste le gouvernement
actuel ; mais en même tems je ne me dissimule pas qu’on pût avoir une mauvaise République comme nous avons une mauvaise
Monarchie […] La République ne peut donc pas rendre tous les Français vertueux comme par une puissance magique : je veux
la République mais je crains qu’elle ne surgisse trop tôt »… Etc.




