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Maurice
RAVEL
– Brouillon de lettre autographe
signé. [Vevey, mars 1934]. ½ p. in-8, au crayon,
signature à l’encre. Au verso d’une facture pour des
vêtements au nomde Ravel, datée du 18 janvier 1934.
Émouvant brouillon d’une lettre destinée à son
frère Édouard
« Mon petit Edouard, je crois avoir pris le meilleur moyen
en suivant le conseil du profes professeur Michaud,
[rature]
celui que m’avait recommandé Déjardins. Et
dans une lettre, Madame Demmange : Mon Repos est
tenu par des religieuse
[sic]
, comme Blomet.Tous les
soirs, on me (mot)
[sic]
prépare mon bain chaud au
lait de sapin pour me faire dormir. Le matin, après le
petti
[sic]
déjeuner, douche chaude ».
Les troubles
de l’écriture dus à la maladie se manifestent en
plusieurs endroits : Le mot
« petit »
est tracé dans
le coin supérieur gauche, probablement pour un
essai, et est repris ensuite dans le courrier, bien ou
mal orthographié.
L’insertion du mot
« mot »
à l’intérieur du dernier
paragraphe traduit également la confusion entre
signifiant et signifié.
Références : Lettre publiée par Arbie Orenstein dans
MauriceRavel. Lettres, écrits, entretiens.
Harmoniques,
Flammarion, 1989, numéro 334, p. 281.
€ 3’000 - 3’500
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Maurice
RAVEL
– Lettre autographe signée adres-
sée à
« Chère Marie »
[son amie Marie Gaudin]. [
Mon
Repos
- Mont Pèlerin/Vevey (Suisse), 12 mars 1934].
1 page ½ in-8, enveloppe avec adresse autographe.
« il y a plus d’une semaine
que j’ai commencé cette lettre »
Une des dernières lettres autographes de
Maurice Ravel
Les origines et la nature de la pathologie dont
souffrait Maurice Ravel pendant les dernières années
de sa vie font toujours débat, maladie neurologique
ou conséquence d’un choc subi lors d’un accident
de taxi en 1932. Selon plusieurs témoignages,
les troubles apparaissent dès 1927, alors qu’il se
plaint régulièrement de nausées. En décembre
1928, il est victime d’un trou de mémoire pendant
l’exécution de sa
Sonatine
à l’ambassade de France
à Madrid et en juin 1933, en vacances à Saint-Jean-
de-Luz avec Marie Gaudin justement, il doit être
rapidement secouru après avoir oublié qu’il savait
nager... Progressivement d’autres symptômes se
manifestent, troubles du langage ou de l’écriture,
sources d’une grande souffrance pour un artiste aux
facultés exceptionnelles. En février 1934 il est admis à
la clinique
« Mon repos »
de Vevey pour y être soigné.
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La présente lettre, ainsi que celle présentée sous
le numéro suivant, est une des dernières lettres
connues rédigées de la main du compositeur,
elle constitue un témoignage bouleversant de sa
détresse. Les traces de la maladie sont décelables
dans les nombreuses ratures, hésitations et
tentatives d’écriture avortées.
« …
Grâceà l’airvivifiant
de la montagne je commence à pouvoir écrire à peu
près
. Il y a plus de 2 ans que j’aurais dû me soigner :
maintenant c’est l’anémie cérébrale.
Enfin, tous les
médecins, et les les
[sic]
plus grands m’assurent la
guérison, mais que c’est long !
Je suis installé dans un
établissement tenu admirablement par des religieuses
françaises. Je pense y rester y rester encore au moins
unmois. Parlons affaire : comme j’espère encore revenir
à St Jean, il me semble plus commode d’y laisser les
espèces au bureau de la Société Générale. N’étant
guère ferré sur sur
[sic]
la terminologie des affaires,
pourrait-on m’envoyer une lettre que je n’aurais qu’à
signer ?Merci d’avance, dixmilleà tous
[sic].
Écrivez-moi
quelque fois :
je tacherai de vous répondre quoiqu’il
me faille pour cela des journées de tortures : il y a
plus d’une semaine que j’ai commencé cette lettre
».
Références : Lettre publiée par Arbie Orenstein dans
Maurice Ravel. Lettres, écrits, entretiens.
Harmoniques,
Flammarion, 1989, numéro 335, pp. 281 et 282.
€ 2’000 - 2’500




