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Paul
SIGNAC
– Lettre autographe signée deux fois
de son monogramme, adressée
à Camille
Pissarro
.
S.l.,
« Dimanche soir »
[6 novembre 1892].
3 pp. in-4 (21 x 27 cm).
Lettre écrite la veille de son mariage à celui qui
va en être le témoin
« Mon cher maître, j’espérais vous voir aujourd’hui :
c’est pour ce, que je vous préviens si tard de
l’heure
de la cérémonie : Demain, lundi, 4 heures du soir,
mairie du XVIIIè
(montmartre, au bout de la rue
Clignancourt – mais le plus simple n’est-il pas de
venir nous prendre à trois heures à l’atelier – De là
nous irons en voiture, là-bas … »
Puis après une conversation avec un de ses autres
témoins, l’écrivain Georges Lecomte, il annule ces
dispositions : Luce et Lecomte le retrouveront à
son atelier.
Le 7 novembre 1882, Signac épouse Berthe Roblès,
une lointaine cousine de Pissarro. Celui qu’il appelle
son
«maître»
sera un de ses témoins avecAlexandre
Lemonier, Maximilien Luce et Georges Lecomte.
Paul Signac devient après sa rencontre avec
Georges Seurat en 1884, un des représentants
du mouvement pointilliste. Il expérimentera de
nombreuses techniques : gravures, lithographies,
croquis à la plume et inspirera la génération
suivante (Matisse, Derain). Il présidera la
Société des
artistes indépendants
de 1908 jusqu’à sa mort.
€ 1’500 - 2’000
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Richard
WAGNER
– Lettre autographe signée
adressée
à Jules Ferry
.
« Dimanche matin »
,
« 21.
Briennerstrasse »
[Munich, 15 septembre 1865].
1 page ½ in-8.
Un rendez-vous manqué entre Jules Ferry et
Cosima von Bülow
Cette lettre est écrite dans une période tourmentée
de la vie du compositeur. Sa relation avec Cosima
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von Bülow commence à faire scandale et ses liens
avec le jeune roi Louis II, devenu son mécène et
protecteur, agitent la Cour.
La première de
Tristan und Isolde
a eu lieu en juin
et Wagner vient de passer le mois d’août dans
un relais de chasse, en montagne, avec vue sur
le Walchensee, avec pour seule compagnie sa
gouvernante Anna Mrazek et son chien Pohl.
À Munich, Wagner est logé chez les Bülow,
Briennerstrasse, où il tente de trouver le repos.
RichardWagner devra finalement quitter Munich le
6 décembre de la même année pour venir ensuite
s’installer à Genève.
« Je suis condamné à la cure de silence ; de parler me
fatigue et surexcite mes pauvres nerfs extrêmement
souffrants.
Je m’étais réfugié dans une solitude
absolue aux montagnes à 3000 pieds de hauteur ;
le mauvais temps, le manque de toute commodité
m’a expulsé dans mon domicile de Munich, mais
je reste parti pour tout le monde : le seul moyen de
regagner un peu de repos !
Je suis désolé de votre arrivée à Munich sous de
tels aspects
Les Bulow ne seront de retour qu’en 8
jours.
Votre lettre si vous la mettez à la poste tout de
suite, les trouvera à Venise, poste restante.
Si vous voulez me faire le plaisir de vous voir, vous me
trouverez chez moi ce soir à 8 heures… »
€ 3’500 - 4’000




