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Mais je ne puis me resoudre sur la perte de l’estime

[...]

et de perdre les

bonnes graces de V Exl que je mefforcois de meriter E pour lesquelles j

hazarderay tousjours ma vie.

Cependant Monseigneur cette disgrace me rend inutil a tout et je va estre

le rebut et le mepris des honnettes gens, personne ne se pouvant persuader

que lon congedie un domestique qui a bien servy.

Si les fautes que l’on m’impute sont d’une nature quelles meritent ung

chastiment je le souffriray avec patience mais si elles se peuvent excuser ou

corriger je supplie tres humblement V Excl de croire que je scaurois m’en

rediviser

(?). [...]

Si javois lhonneur de parler a V Excl je luy ferois cognoistre les verites

qu’on luy a supprimes et quil est important que V Excl sache. Jay fait mon

possible pour la voir icy et luy rendre compte de ma conduitte affin de

recevoir ses ordres mais je n’ay pu obtenir cet honneur ce qui m’oblige de

faire cette lettre a V Excl pour la supplier a conjurer de jetter les yeux de

sa bonte et de sa charite sur moy de rappeler en sa memoire les services que

jay rendu a feu Madame la duchesse de Mercoeur qui m’ honoroit si fort

de sa protection que la calomnie na jamais pu entendre sur moy

. [...]

V

Excl scayt les services que jay rendu aux derniers troubles de provence.

[...]”

Les motifs de la disgrace de Jacques Bossuet d’Aiseray se trouvent

exposes dans

Les Causes celebres et interessantes avec les jugemens qui les

ont decidees

de Francois Gayot de Pitaval (1738).

Le cousin germain de Bossuet contesta, en 1657, le mariage qu’il avait

contracte avec Reine Roussel devant le parlement de Grenoble puis

celui de Paris. L’affaire monta jusqu’au conseil du Roi qui, en 1694,

debouta Jacques Bossuet.

Le duc de Mercœur est Louis de Vendome (1612-1669), qui epousa

une niece de Mazarin, Laure Mancini. Veuf en 1657 il entra dans

les ordres. Alexandre VII lui confera la pourpre cardinalice en 1667.

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BOSSUET (Madeleine).

Lettre a son frere Jacques-Benigne.

Le 3 avril

[1679].

Lettre autographe signee “

vte tres humble servante Bossuet

”, 4 pages

in-4.

Touchante lettre autographe inedite de la sœur de Bossuet, separee de

son mari depuis peu.

Vous aves en effet prevenu le dessein que j’avois de meller ma joye avec la

vostre car il ne vous cederay point en ce rencontre pour la joye que jay eu

de la justice qu’on a rendue a mr l’abbe

[...].

Je croy qu’on s’en trouve bien,

pour ce qui est de mes affaires avec mr son pere. Elles sont plus miserables

que ne ce peut dire. Il me fait mille chicanes malgre sa transaction, je me

suis retiree aux nouvelles catholiques qui est le lieu que mes freres m’ont

marque. Je les vois souvent. Cet apres dieu ma plus grande consolation.

Du reste je suis dans un estat bien malheureux mais cet ma faute.

[...]”

Elle salue la nomination d’un nouveau prelat a sa paroisse : “jespere que

nous le garderons encor quelque temps, cela vous devroit bien obliger a

venir faire icy un tour. Vous retrouveres toujours vos amis et amies car

l’absence ne peut faire de tort a un homme qui vaut ce que vous vales. [...]”

Bossuet etait le septieme des dix enfants de Benigne Bossuet et de

Marguerite Mochet. Sa sœur Madeleine, nee a Dijon le 13 janvier

1630, filleule de Sebastien Zamet, eveque de Langres, epousa a

quarante-six ans Joseph Foucault, secretaire du Conseil d’Etat, dont

elle se separa a l’amiable en 1678 a cause de leur mesentente. Elle

retourna vivre chez son frere, comme avant son mariage. Souffrant de

la goutte, elle mourut en juin 1703 a Paris.

Petites perforations par endroits dues a l’oxydation de l’encre.

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