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BOSSUET (Jacques-Benigne).

Lettre adressee a madame de Beringhen.

Germigny, 15 juin 1685

.

Lettre autographe signee “

J. Benigne E de Meaux

”, 2 pages in-4.

Lettre d’un grand interet, annoncant le futur pourfendeur du

Quietisme.

Madame de Beringhen, nommee abbesse, doit succeder a sa tante

recemment disparue, mais les bulles enterinant sa nomination

tardent a arriver. Bossuet est venu la rassurer non sans lui rappeler les

obligations que lui imposent ses nouvelles fonctions.

J’ay de la peine a croire madame que vos bulles puissent estre retardees

par le defaut d’aggregation puisque comme vous le remarquez vous estes

dans la maison depuis tant d’annees [...]. On me mande que mle de

Mauleon commence un peu a se lever. Je luy ferai scavoir l’ honneur que

vous luy faites. Au reste souvenez- vous ma fille de l’obligation ou vous

estes de resister a vostre douleur. La douleur a je ne scais quelle trompeuse

douceur a laquelle il faut s’opposer comme aux autres ; mais elle abat a

la fin et rend l’ame paresseuse. Dieu veut qu’on soit vigilante. Surtout

quand on se prepare a entrer dans un etat ou l’on doit rendre conte de soy

et des autres. Je prie dieu qu’il vous remplisse de son esprit consolateur.

A sa mort, on avait attribue a l’aigle de Meaux une liaison avec

Mademoiselle de Mauleon, fille d’un marchand fripier parisien, sans

preuves. Les deux phrases la concernant ont ete curieusement omises

dans l’edition de la

Correspondance

.

(

Correspondance

III, 1910, n° 332.)

1 500 / 2 000

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BOSSUET (Jacques-Benigne).

Lettre adressee a madame de Beringhen.

Meaux, ce lundi de la

Pentecote

[19 mai 1687].

Lettre autographe signee “

J. Benigne E de Meaux

”, 4 pages in-8.

Repute pour son sens de l’equite, Bossuet ne manquait pas une

occasion de rappeler les sœurs a leur devoir d’obeissance.

Vous pouvez dire Madame a la sœur Berin qu’elle ne doit point hesiter a

donner la quittance en la forme qu’on la luy demande parce que sa reception

dans une des maisons ne depend point de la reserve qu’elle fera de ses droits,

mais de moy uniquement. Je luy donnerai sur cela toutes les suretes qu’elle

pourra desirer. Elle n’a qu’ a bien travailler et demeurer en repos.

Je suis plus en peine de ce qu’on m’a dit qu’elle avoit rebutte Me Vaillant sa

compaigne en la voulant astreindre a son directeur. Ce n’est pas mon intention

qu’on entre dans de telles contreintes et quoique je ne pretende pas obliger les

Sœurs a se confesser au cure je serai toujours plus aise tout le reste egal qu’on

le prefere a tout autre et l’esprit de ces maisons est toujours d estre attachee a

la hierarchie. Je ne scai plus ou en sont les affaires avec Me de Bonneval. Il

me semble qu’elle estoient en assez bon trein et qu’en l’etat ou Mr de Chevry

avoit porte les choses de part et d’autre c’estoit assez l’interest commun qu’elles

se terminassent selon son projet. Au retour du petit voyage que je m’en vais

faire a la cour de Madame la dauphine je vous en demanderai des nouvelles.

Il sera temps aussi de parler de Madame de Nostre Dame qui a enfin donne

sa demission sans qu’on ait pu faire changer de dessein quelque delay qu’on

apportat a l’execution de ses anciennes resolutions

.”

Enfin, il avait charge Mlle de Mauleon d’offrir a Mme de Beringhen

l’oraison funebre du prince de Conde, composee en 1687.

(

Correspondance

III, n° 427).

1 000 / 1 500

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