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LIVRES ANCIENS

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ANACRÉON.

Anacreontis Teii carmina graece e recensione Guilielmi Baxteri…

Leipzig : Johann Gottfried Müller, 1776. —

In-8, 205 x 121 : frontispice, LXXVIII, 324 pp., (2 ff.). Maroquin

rouge, triple filet doré en encadrement et fleuron doré aux angles

sur les plats, dos lisse orné, roulette dorée intérieure, tranches dorées

(

reliure de l’époque

).

Nouvelle édition de cette édition critique d’Anacréon. Il s’agit de

la seconde sur les trois données par le philologue Johann Friedrich

Fischer (1726-1799).

Elle contient une nouvelle préface suivie de celle de la première

édition de 1754. Les œuvres d’Anacréon sont présentées en grec,

accompagnées et suivies de commentaires et de notes en grec et en

latin de Henri Estienne, Tanneguy Le Fèvre (1615-1672), William

Baxter (1650-1723), Fulvio Orsini (1529-1600), Joshua Barnes (1654-

1712) et de Jan Cornelis de Pauw (1680?-1749).

Édition fort bien imprimée, illustrée d’un frontispice représentant le

portrait de profil d’Anacréon dans un médaillon.

Bel exemplaire en maroquin rouge strictement de l’époque attribuable

à l’atelier de Nicolas-Denis Derome. La dentelle dorée en bordures des

contre plats est la même que celle utilisée sur une reliure sortant de

cet atelier figurant sur un exemplaire du

Missale parisiense

de 1777

aux armes de S.-M. Amelot (voir reproduction sur le site « reliures.

bnf.fr

 »).

Minimes frottements d’usage, quelques petites taches sur les plats.

Provenance : Stig Wilton, avec ex-libris.

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suis de votre avis concernant Derain. Il etait obsede par l’idee de “ faire

musee” et son talent s’en est ressenti, malgre son genie !

 » (3.4.1978)

Sur la passion

 : « 

Il faut que la poesie, la peinture, la musique, l’amitie

de tous ceux qui vous entourent, tout l’art que vous aimez et servez soit

un antidote puissant et regenerateur aux tourments causes par la passion :

celle-ci, acceptee, vecue, doit augmenter vos forces vitales et non les

diminuer.

 » (16.1.1979)

Sur sa conception de la musique

 : « 

Il y a avant tout dans la musique de

cette œuvre un sentiment de compassion humaine et de sur-vie (comme il

y a un sur-realisme). C’est-a-dire que, comme l’oiseau temoin impassible

du drame qui se joue autour de l’arbre sur lequel il continue de chanter,

la musique, bien que mue et fremissante pour l’ evenement, temoigne de

l’ intemporalite, depasse l’anecdote et chante pour le triomphe de la vie

sur la mort et cree la sur-vie. C’est du moins ce que j’ai tout naturellement

tente de chanter dans, d’ailleurs, la presque totalite de mes œuvres qui

ont eu pour raison d’etre le besoin de depasser le temps et d’abolir les

frontieres qu’il cherche a nous imposer – dans lesquelles il tente de nous

enfermer – la musique a ce pouvoir. Elle est elementaire, un principe

fondamental, un univers qui contient l’essence des sentiments de toute

nature

. » (18.4.1979)

Sur Jacques Dupont

 : « 

J’ai pu, ce mois d’aout, bien travailler et

achever un 3e quatuor a cordes que j’avais promis d’ecrire a Jacques

Dupont. Et dans cette maison et ce jardin ou il demeure a present, j’ai

compose dans son atmosphere l’œuvre qu’il me souhaitait voir ecrire pour

lui

 » (7.9.1979)

« 

Jacques Dupont est mort vendredi soir d’une embolie pulmonaire. Nous

l’avons enterre hier au milieu de tous ses amis au cimetiere Montmartre

ou j’avais achete une concession pour nous recevoir tous les deux et ou

j’irai le rejoindre a la fin de mon existence. Je suis bien triste : c’est la

fin d’une amitie de pres d’un demi-siecle. Nous ne nous sommes jamais

quittes et nous avons ensemble fait des operas, des ballets, des spectacles et

tant et tant d’echanges de tous ordres

. » (27.4.1976)

Sur Pablo Picasso

 : « 

Il parait que tous les autres Picasso qui sont dans

les musees et dans le monde sont TOUS des faux. Seuls sont vrais ceux

que Picasso avait conserves ! Et aucun n’est a vendre ! Seulement a voir.

Mais leur exposition rapporte plus d’argent que leur vente. C’est ce qu’on

appelle l’art pour tous.

 » (20.11.1979)

Sur Tistou les-pouces-verts, opera jeune public

 : « 

J’emerge d’un

travail qui sollicite la majeure partie de mon temps. J’instrumente ce

petit opera pour les enfants que j’ai ecrit et qui doit etre acheve a la fin de

ce mois. Je n’ai que le temps d’y passer tout mon temps. Il y a eu un beau

concert le mois passe salle Gaveau pour commencer (en avance !) mon 80e

anniversaire. Un violoniste mexicain a admirablement joue mon Concert

d’Orphee

 » (10.2.1981)

Sur la jeunesse

 : «

Des 50 ans il faut se retirer pour faire place “aux

jeunes”. Qui est jeune, qui est vieux ? Quand j’avais une dizaine d’annees

je preferais la compagnie des gens plus ages que moi parce que je trouvais

que mes petits camarades etaient tous trop vieux. Alors... en route pour le

centenaire, n’est-ce pas ?

 » (22.6.1981)

Sur les temps presents

 : «

Ce que vous m’ecrivez sur l’exposition Max

Jacob a Macon est l’illustration de ce mepris dans lequel est enveloppee

la chose artistique dans ce pays devenu un dortoir pour retraites, presents

et futurs. Depuis qu’on a invente la securite sociale, chacun se sentant

definitivement protege – qu’il soit actif ou passif – entend n’agir qu’au

minimum en attendant le moment ou, pris en charge par l’Etat (aveugle,

sourd sinon muet) il deviendra un objet fossilise. Alors les expositions,

les musees, les poetes, les musiciens... Ce sont des objets de loisir. Et le

meilleur des loisirs est dormir, n’est-ce pas ?

 » (13.8.1978)

Un tres bel ensemble de lettres courant sur pres de dix ans, ou l’amitie,

la complicite, la culture, l’honnetete intellectuelle et la droiture

morale s’expriment a chaque page.

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