15 CATALOGUE DES LIVRES EXAMINEZ & CENSUREZ (Le), par la Faculté de Theologie de l'Université de
Paris : suyvant l'Edict du Roy, Publié en la Court de Parlement, le troisiesme iour de Septembre, M. D. LI.
On les
vend à Paris par Jehan Dallier, 1551.
In-8, vélin souple, traces de liens, dos lisse (
Reliure de l'époque
).
5 000/6 000
€
Bujanda (dir.),
Index des livres interdits,
t. I, pp. 14 et sq. — Reusch,
Indices librorum prohibitorum des XVI
Jahrhunderts,
pp. 86-129.
R
ARISSIME ÉDITION DE L
'I
NDEX LIBRORUM PROHIBITORUM DE LA FACULTE DE THEOLOGIE DE LA
S
ORBONNE
.
Il s'agit de l'une des trois éditions imprimées en 1551. Les deux autres ont été données à Toulouse par Claude Sanson,
et à Paris, à l'adresse de Jean André.
Elle possède un privilège pour six ans, accordé le 13 octobre 1551 à
Jehan André & Jehan Dallier, marchans, libraires,
bourgeois de Paris.
Les armes de France figurent sur le titre, ainsi qu'au verso du dernier feuillet, accompagnées des
croissants d'Henri II et du monogramme de Diane de Poitiers, le double D.
Face à la diffusion massive par le livre des idées intellectuelles et religieuses de la Réforme protestante, les universités
et les autorités ecclésiastiques catholiques décidèrent de publier dans les années 1540 des catalogues de livres prohibés.
L
E TOUT PREMIER D
'
ENTRE EUX FUT CELUI DE LA FACULTÉ DE THÉOLOGIE DE
P
ARIS
.
IMPRIMÉ EN
1544,
IL DONNAIT UNE LISTE
DE
230
VOLUMES
.
L'
Index
français fut réédité à plusieurs reprises en 1545, 1547, 1549, 1551 et 1556, avec l'ajout de nombreuses listes de
condamnations établies par les docteurs de la Sorbonne, et devint le modèle de référence des
indices
publiés par
l'université de Louvain (1546), le Portugal (1547), Venise (1549), et l'Inquisition espagnole (1551).
Cette nouvelle version de l'
Index
de Paris a été imprimée quelques mois après l'Édit de Châteaubriant, promulgué le
27 juin de la même année par Henri II pour renforcer les mesures contre les protestants.
Elle met notamment en œuvre l'article 20 de l'édit qui enjoint tous les libraires de détenir et d'exhiber le catalogue des
livres prohibés. Cette disposition apparaît dans le privilège (ff. n
2
-n
3
v°) :
tous marchans, imprimeurs, libraires, &
vendeurs de livres, en quelques villes & lieux ou ilz fussent, seroient tenuz & contrainctz d'avoir un Catalogue, & le tenir
en leurs bouticques
(
affiché en lieux evid
ē
t
)
de tous les livres reprouvez par la Faculté de Theologie.
L'
Index
de 1551 est une refonte des catalogues existants. Il contient près de deux fois plus de titres que celui de 1544,
et 47 supplémentaires par rapport à la version de 1549. On y trouve deux listes de 215 livres en latin et 192 en français,
classés par ordre alphabétique d'auteurs.
Parmi ceux-ci figurent des bibles de Robert Estienne, de nombreux écrits de Martin Bucer (6), Jean Calvin (25), Luther
(35), Melanchthon (16), Zwingle (7), Étienne Dolet (8), etc. Les humanistes ne sont pas épargnés puisqu'on retrouve
plusieurs textes de Lefèvre d'Étaples et d'Érasme. On note aussi la présence du
Tiers livre de Pantagruel
(1545). À ces
listes s'ajoutent les défenses approuvées par la faculté de Paris contre les traductions protestantes de la Bible et contre
les ouvrages du prédicateur réputé Bernardino Ochino.
L'ouvrage fait partie d'un recueil contenant 4 autres édits et ordonnances, parmi lesquels figure cette édition de l'Édit
de Châteaubriant :
Edict du Roy nostre sire, touchant la cognoissance, iuridiction, & iugement des proces des lutheriens & heretiques,
appartenans à tous iuges Royaulx & presidiaulx.
Paris, Jean Dallier, 1551.
Lindsay & Neu, n°36. — Renouard,
Imprimeurs et libraires parisiens du XVI
e
siècle,
t. I, n°223.
Très rare édition, originale (?), de cet édit fameux, ornée d'un écu échancré aux armes de France au verso du dernier
feuillet, accompagné des croissants d'Henri II et du monogramme de Diane de Poitiers, le double D.
Cet édit permit notamment un renforcement du contrôle de l'imprimerie et de la librairie (interdiction d'imprimer ou de
vendre des livres condamnés entre autres).
Deux articles érigent un cordon sanitaire autour de Genève. Ils interdisent
toute correspondance, trafic de livres et envoi d'argent avec la cité protestante
(David El Kenz,
Les bûchers du roi,
p. 43).
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