53
23 [CROMÉ (François Morin, sieur de)]. Dialogue d'entre le Maheustre & le Manant : Contenant les raisons de leurs
debats & questions en ses presens troubles au Royaume de France. S.l.n.n. [Paris, Rolin Thierry et Léon Cavellat],
1593. In-8, veau fauve, filet à froid encadrant les plats, dos orné, pièce de titre rouge, tranches rouges (
Reliure de
la première moitié du XVIII
e
siècle
).
4 000/5 000
€
Hauser, t. IV, n°3078. — Pallier,
Recherches sur l'imprimerie à Paris pendant la Ligue,
n°856. — Renouard,
Imprimeurs
& libraires parisiens du XVI
e
siècle : Cavellat,
n°597.
R
ARISSIME ÉDITION ORIGINALE DE CE GRAND PAMPHLET DE LA
L
IGUE
, probablement publiée à Paris en décembre 1593 par
Rolin Thierry et Léon Cavellat.
Écrit à partir de l'été 1593, l'ouvrage se présente comme un dialogue entre un royaliste partisan d'Henri IV, le
Maheustre,
et un bourgeois de Paris défenseur des Seize (sorte d'état-major de la Ligue), le
Manant
. Son auteur, François Morin, sieur
de Cromé, membre du conseil des Seize, y critique violemment la politique et l'attitude du duc de Mayenne (1554-1611),
son chef militaire, dénonce les divisions internes qui règnent au sein de la Ligue, et attaque Henri IV et la noblesse.
Ce texte fait partie des
libelles mythiques des guerres de religion.
Il exprime notamment les convictions catholiques de
son auteur, son refus de voir Henri IV, hérétique et plusieurs fois relaps, monter sur le trône, et livre des renseignements
historiques et précieux concernant les tractations entre ce prince et la Ligue (cf. Daniel Ménager, « Le Dialogue entre le
Maheustre et le Manant : mystique ou politique ? » in
Histoire & littérature au siècle de Montaigne,
2001, pp. 97-108).
À sa parution, le duc de Mayenne fit détruire ce pamphlet et emprisonna trois imprimeurs soupçonnés de son impression :
Chaudière, Nivelle et Rolin Thierry. Il sollicita également un certain Nicolas Rolland pour rédiger une réponse qui parut
au début de l'année 1594, sous le titre
Censure d'un livre n'agueres imprimé à Paris en forme de dialogue soubs les
noms du Manant et du Maheustre entreparleurs.
Cromé, quant à lui, condamné à mort par Henri IV, s'enfuit vers les
Flandres et mourut en exil dans des conditions misérables.
Cette première édition est la seule qui offre le texte primitif tel qu'il fut écrit en 1593 par Cromé. En effet, une version
dite
royaliste
fut publiée l'année suivante sous le même titre par un partisan d'Henri IV, qui supprima les passages
défavorables au roi et en ajouta d'autres en sa faveur ou contre les ligueurs.
S
EULEMENT
7
EXEMPLAIRES DE CETTE ÉDITION SEMBLENT RÉPERTORIÉS DANS LES FONDS PUBLICS
: Chantilly (1), Paris (4 dont
3 à la BnF), Aix-en-Provence (1) et Madrid (BnE, 1).
Un papillon collé sur la première garde contient deux notes manuscrites soulignant la rareté de l'édition. La première
date du XVIII
e
siècle et indique
Exemplaire peut etre unique. La Bibliothèque de Secousse, la plus considerable sur
l'histoire de France dont le catalogue ait été publié
[en 1755],
ne possédait que l'édition de 1594 - voir le n°2620.
La seconde, en-dessous, au crayon, mentionne
Ed. originale dont on ne connaît que 2 exemplaires. Le présent, et celui
qui a figuré dans les ventes Ganay, Chartener
(
205 fr
)
et De Ruble
(
160 fr
).
Autre note à l'encre sur une garde :
On pretend qu'il est de Morin dit Cromé l'un des seize.
On a relié à la suite : CICQUOT.
Les Paraboles, en forme d'advis, sur l'estat du Roy de Navarre.
Paris, Jouxte la coppie
Imprimee à Lyon, 1593.
Lindsay & Neu, n°1789. — Pallier,
Recherches sur l'imprimerie à Paris pendant la Ligue,
n°809.
T
RÈS RARE ÉDITION DE CE LIBELLE FACÉTIEUX ET PIQUANT CONTRE
H
ENRI
IV,
ÉCRIT EN LANGAGE RABELAISIEN
par Cicquot,
ou plutôt Chicot, bouffon du roi, mort en 1592 au siège de Rouen. Selon Pierre de L'Estoile, ce discours est
le meilleur
et le plus sublin de la Ligue.
P
RÉCIEUX VOLUME CONSTITUÉ AU DÉBUT DU
XVIII
E
SIÈCLE PAR UN AMATEUR
,
RÉUNISSANT DEUX GRANDS LIBELLES DU TEMPS
DE LA
L
IGUE
.
Ex-libris armorié gravé par Claude Bérain (deux couleuvres affrontées), non identifié.
Des rousseurs claires. Coiffe supérieure et deux mors restaurés, charnière supérieure en partie fendue.




