ADER. Paris. Femmes de lettres et manuscrits autographes - page 72

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« Mon frere venoit de partir lorsque je fis voir a ma mere la letre que vous mavies fait l’honneur de mescrire elle ma commendé
de vous randre de tres humble graces des soins que vous aves des choses quy la regarde et de vous asurer de plus Monseigneur
quy sy elle avoit cru que mon frere ut eu ases de forse pour vous pouvoir servir il y a lontans quelle luy oret commendé de vous
suivre […] mais que jugant que la feblesse de mon frere seroit peut estre cause quil vous seroit a charge par la bonté que vous
tesmoignés a tout se quy luy appartient elle avoit extrement desaprouvé sa resolusion elle se plaint un peu et mon pere ausy quyl
laye exsecutee contre leur commendements neanmoins jespere que parse quil est aupres de vous il luy pardonneront plustost.
Pour moy Monseigneur quy ne vous ay jamais peu randre se que je devois pour mes debtes propres vous me dispanseres sy je ne
me charge point de celles de mon frere. Je souhete seullement quy soit honeste homme car pour la volonté de vous honorer je
say quy le la en plus haut point que personne du monde et quy ne manquera jamais de recognoisance. Jayme encore mieux estre
sa causion pour sela que son heritiere »…
Charavay
.
111.
Marie-Madeleine de V
IGNEROT
, duchesse d’AIGUILLON
(1604-1675) femme de lettres et salonnière (Corneille
lui dédia
Le Cid
), nièce et héritière de Richelieu, qui acheta pour elle le duché d’Aiguillon, dame d’atours de Marie
de Médicis, elle se consacra aux œuvres charitables de Saint Vincent de Paul.
Lettre autographe signée « La duchesse d’Aiguillon », Paris 13 novembre 1648, à Claude B
OUTHILLIER
, comte de
C
HAVIGNY
; 1 page in-4, adresse avec cachets de cire rouge aux armes sur lacs de soie blanche.
600/800
B
ELLE
LETTRE
AU
CONFIDENT
DE
SON
ONCLE
LE
CARDINAL
DE
R
ICHELIEU
.
« J’avois attendu de vous scavoir arrivé au lieu ou vous estes, pour vous asseurer que personne du monde, n’a pris plus de part,
que moi, aux chozes qui vous ont touché, et que ji ai esté tres sensible. A ceste heure je suis obligée a vous rendre mille graces, de
la justice que vous m’avez faicte de n’en avoir point douté, et de ce que vous avez creu que le souvenir de Monseigneur le grand
cardinal [R
ICHELIEU
] augmentoit ma peine dans ceste facheuse rencontre. Il est vrai, Monsieur, que cela m’estoit bien dur, de veoir
souffrir une personne qu’il avoit si cherement aimée, et dans un lieu qui estoit a lui, si j’avois pu vous y rendre tous les services
que j’aurois souhaitté, vous y eussiez donné l’ordre, mais au moins j’ai essaié de faire tout ce qui a esté en ma puissance »..
O
N
JOINT
une pièce signée « La duchesse d’Aiguillon », Paris 5 août 1651, ordre de paiement de 3700 livres pour des ouvrages de
menuiserie qu’elle a fait exécuter dans l’église de la Sorbonne (1 page obl. in-4, petit manque et répar.).
Reproduction page 66
112.
Julie d’ANGENNES, duchesse de MONTAUSIER
(1607-1671) célèbre précieuse, dite « l’incomparable Julie » ;
fille de Charles d’Angennes marquis de Rambouillet et de la marquise, elle épousa en 1645 son soupirant Charles de
Sainte-Maure duc de Montausier (1610-1690), qui avait fait composer pour elle
La Guirlande de Julie
.
Lettre autographe signée « La Duchesse de Montausier », Compiègne 29 juin, [au ministre Hugues de L
IONNE
] ; 1 page
in-4 (légères rousseurs).
700/800
À
PROPOS
DE
L
INTÉRÊT
QUE
PORTE
LA
R
EINE
À
SON
RÉTABLISSEMENT
. [Dame d’honneur de la Reine Marie-Thérèse, elle écrit au
ministre des Affaires étrangères Hugues de Lionne, dont la santé chancelante commençait à avoir besoin de ménagements.]
« La Rayne prent trop dinterest a la conversation des gens aussy utilles au service du Roy que vous l’etes pour navoir pas apris
avec joye que vous allies a Paris achever de vous guerir. S.M. ma commendé de vous ordonner davoir bien soin de vous. Pour moy
Monsieur vous me feres bien la justice de croire que personne ne sinteresse tant a tout ce quy vous touche que moy »…
Ancienne collection Marcel P
LANTEVIGNES
(8 mars 1977, n° 125).
Reproduction page 66
113.
Marie-Éléonore de ROHAN
(1629-1682) fille d’Hercule de Rohan duc de Montbazon, elle devint bénédictine,
abbesse de la Trinité de Caen puis de Malnoüe, et écrivit des ouvrages de piété.
Lettre autographe signée « M. de Rohan » ; 1 page in-4 (petit trou de ver).
250/300
« Je vous remercie d’avoir songé a ce que je vous avois tesmoigné souhaiter. La difiqulté seulle qu’on i aporte me fait conoistre
que la Religion romaine se contente dexterieur puisqu’une aumosne considerable que j’ofrirois pour cela vaudroit bien la peyne
de passer par dessus des choses qui au fonds ne sont que formalités pour lesquelles mesme observer on en seroit quite pour ne
benir un endroit en nostre particulier »… Elle ajoute qu’elle a eu la permission de S.A.R. de faire faire une sépulture à feu le duc
de Rohan…
114.
Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, Madame de LA FAYETTE
(1634-1693) femme de lettres, auteur de
La
Princesse de Clèves
; elle épousa (1655) François Motier comte de La Fayette.
Lettre autographe, [1661 ?], à Gilles M
ÉNAGE
« dans le cloistre nostre dame » ; 1 page in-8, adresse (copie ancienne
jointe).
1 300/1 500
A
U
SUJET
D
UN
PROCÈS
DE
SON MARI
.
« Si vous n’avés point d’affaire aujourduy vous m’obligeriés tout a fait de vouloir voir M
r
le chancelier [S
ÉGUIER
] pour demander
un raporteur pour un gentilhomme des amis et des parans de M
r
de La Fayette. On luy en a donné un suspect. Il demande
seulement qu’on luy oste celuy la, et laisse le choix a M
r
le chancelier de luy en donner tel autre quil voudra »...
Correspondance
(éd. André Beaunier, Gallimard, 1942, t. I, p. 153).
Librairie Les Autographes, 1998
.
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