ADER. Paris. Femmes de lettres et manuscrits autographes - page 86

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135.
Isabelle-Angélique de M
ONTMORENCY
-B
OUTEVILLE
, duchesse de CHÂTILLON
(1627-1695) fille de François de
Montmorency-Bouteville, sœur du maréchal de Luxembourg, elle épousa en 1646 Gaspard IV de Coligny maréchal
duc de Châtillon (1620-1649), puis en 1664 Christian-Ludwig von Mecklenburg-Schwerin (1623-1692) ; très belle et
célèbre par ses intrigues galantes et politiques, elle fut la maîtresse du duc de Nemours, du duc de Beaufort, et du
Grand Condé, et l’une des héroïnes de la Fronde.
Lettre autographe signée « Isabelle de Montmorancy », [septembre 1653, au cardinal M
AZARIN
] ; 4 pages in-4.
500/700
L
ETTRE
DE
SON
EXIL
APRÈS
LE
RETOUR
DE
M
AZARIN
.
Étant retenue dans ses terres par une lettre de cachet du Roi, elle supplie le cardinal de la laisser se retirer à Paris pour échapper
aux agitations : « Le danger y est si grand qua leur mesme que je me donne lhonneur descrire à Vostre Eminanse lon voit dunne
des tours de ce chasto deux ou trois party fort proche disy et quy me donne une telle apreansion que sela me fait supplier tres
humblement Vostre E. de trouver bon que je me retire dans quelque monastere de Paris nestans pas en estat ny mon fils de pouvoir
aller plus loing »... Cette demande est une marque de son innocence : « je ne suis pas sy criminelle que mes ennemis me veule
faire passer dans vostre esprit puisque je desire passionement de maprocher de leurs majesté [...] quelque traitement que lon mest
fait je nay jamais changé un moment les santiment que jay toujours eu de faire quelque chose quy peut estre agreable a la reine »...
Elle ajoute que le désordre de sa lettre vient de son accablement et de « lefroy que font les pauvre jean quy ce sove dans la cour »…
Elle attend avec impatience les ordres du Cardinal, en espérant pouvoir obtenir de le voir et lui parler de ses affaires : « je suis
acoutumée a tant de maleurs que la perte du bien ne me parait moing que rien et sans la considerasion que je suis obligee davoir
pour mon fils la retraite que je vous demende serait peutestre pour toute ma vie ».
Ancienne collection Alfred M
ORRISON
(2, II, p. 184).
136.
Anne-Marie-Louise d’O
RLÉANS
, duchesse de MONTPENSIER
(1627-1693) « la Grande Mademoiselle » ; fille de
Gaston d’Orléans et de Marie de Bourbon-Montpensier, héroïne de la Fronde.
Lettre autographe signée « Anne Marie Louise Dorleans », Saint-Fargeau 24 janvier [1654], à
SON
PÈRE
G
ASTON
D
’O
RLÉANS
; 6 pages et demie in-4, adresse « A Monsieur » avec cachets de cire noire à ses armes sur lacs de soie bleue.
1 500/2 000
L
ONGUE
LETTRE
À
PROPOS
DU
DIFFÉREND
QUI
L
OPPOSA
À
SON
PÈRE
,
CONCERNANT
LES
COMPTES
DE
TUTELLE
DE
LA
FORTUNE MATERNELLE
,
ET
QUI
FAILLIT
LES MENER
DEVANT
LES
TRIBUNAUX
. [Exilée à Saint-Fargeau après la Fronde, la Grande Mademoiselle met de l’ordre dans
l’immense fortune qui lui vient de sa mère, et demande qu’on lui rende les comptes de tutelle ; de là un grave différend avec son
père. La duchesse y fait allusion au chap. XIX de ses
Mémoires
, ainsi qu’à leur accord pour soumettre l’affaire à l’arbitrage de sa
grand-mère maternelle Madame de Guise.]
Elle est bien malheureuse que l’on explique à mal à Son Altesse Royale tout ce qu’elle fait et dit, mais elle se réjouit que S.A.R.
lui fasse l’honneur de lui mander « quelle ne veut point pleder contre moy […] jen suis ravie car come je luy e dit e redires
eternelement se nest point mon intension de pleder mes elle trouvera bon que je reponde a se quelle me mende dens la letre quelle
ma faict lhoneur de m’ecrire que set moy qui luy e faict fere une somation que ses jens sont bien mechans de luy avoir dit la chose
de sete manière puis que se fut de conser avec eus et dens son conseil que lon resolut la chose et mesme le procureur jeneral de
V.A.R. […] lala solisiter avec mes jens pour fere conetre que setet avec la partisipasion de V.A.R. que sela se feset pour se debaraser
de quelques creantiers qui avet faict sesir de mes teres jusques a se que mon conte fut fini »… Son Altesse Royale peut juger par
l’explication que l’on a donnée à une chose « qu’il n’en pourret avoir que de bonnes les movaises intensions cont pour moy seus qui
luy ont dit otrement qu’elle netet mintenent jay grande joie de coy V.A.R. veut bien remetre tous ses interes à M
e
de G
UISE
puis
quelle a agréé sete proposition que je luy ay faicte et qu’elle l’a trouvée resonable. Il me semble que l’on n’a plus deroict de dire
que jen fase ni que j’en fase fort de deresonable »… Cependant sa mauvaise fortune fait qu’en approuvant toutes les propositions,
« l’on dit ensuite que je suis deresonnable »… Mme de Guise qui est plus habile qu’elle, « plus capable den juger que qui que se
soit et elle est plus seur osi que persone pour les interes de V.A.R. et pour les miens qui ne doivent a mon avis etre jamais separés
[…] Enfin Monsieur je recris encore à V.A.R. que je loue Dieu de la bone inspiration quil luy a doné de remetre toutes nos affaires
entre les mins de M
e
de Guise et j’espere que vous luy donerés le pouvoir de choisir la voie den sortir a fons et prontement […]
des demin j’enveré unne procuration à M
e
de Guise pour fere tout ce quil lui plaira »…
Ancienne collection Antoine-François B
OUTRON
-C
HARLARD
puis Edmond F
RÉMY
(30 octobre 1998, n° 56).
137.
Anne-Marie-Louise d’O
RLÉANS
, duchesse de MONTPENSIER
(1627-1693) « la Grande Mademoiselle » ; fille de
Gaston d’Orléans, héroïne de la Fronde.
Lettre autographe signée « Anne Marie Louise Dorleans », « Obterre [Aubeterre] ce 29 dans la chambre de la Reine »,
à Nicolas G
OULAS
[homme de confiance de Gaston d’Orléans] ; 2 pages in-4 (encre un peu pâle), adresse avec cachets
de cire noire à ses armes sur lacs de soie noire (portrait gravé joint).
600/800
Elle le remercie d’avoir fait ce qu’elle voulait pour les filles d’E
STE
mariées ; puis elle parle de l’affaire de B
ERNIS
: « javes toujour
et de votre santimant », mais il lui avait dit qu’il « i alet de son honeur […] je ne le preferes pas a un autre an quelque chose de sorte
que je luy aves dit je vous fes doner les provisions a condition que vous me les remeteres dans sins mois desirant que sete ville ne
resoive les ordre que du gouverneur du peis et mesme je luy dis la reson que vous me mandes que ses jans la setant dones a moy
et temoignant ne le pas desirer je ne les pouves pas contrindre a se poin la il mavet prié que je nan parlase à persone. Si vous jujez
plus a propos de diminuer le tans la chose depan de Monsieur mes que cela se fase dune maniere quil paroise etre prefere a lotre
et suis fort ese que votre santimant se soit trouvé conforme au mien sela man donera dorenavant meileure opinion »…
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