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82 [LA FAYETTE (Madame de)]. La Princesse de Monpensier.
Paris, Thomas Jolly, 1662.
Petit in-8, maroquin olive, décor
à la Du Seuil, dos orné, roulette sur les coupes, tranches dorées (
Reliure pastiche
)
.
1 500 / 2 000
Édition originale, rare et recherchée, du premier ouvrage de Madame de La Fayette.
Publiée sous le voile de l’anonymat, comme toute l’œuvre romanesque de l’auteur, l’édition fut partagée entre quatre
libraires : le privilège fut accordé à Augustin Courbé, qui le céda à Thomas Jolly et à Louis Billaine, lesquels y associèrent
encore Charles de Sercy (dont les exemplaires présentent une vignette de titre différente).
Amie de La Fontaine, de La Rochefoucauld et de Segrais, familière de l’hôtel de Rambouillet, la comtesse de La Fayette
(
1634
-
1693
) fut assistée par Ménage dans la composition de cette nouvelle peignant les ravages que peut faire l’amour dans
l’existence d’une femme.
La Princesse de Montpensier
a été adaptée au cinéma en
2010
, par Bernard Tavernier.
Bel exemplaire dans une reliure en maroquin olive à la du seuil remarquablement exécutée à l’imitation de l’époque.
Tchemerzine, III, 831 – Le Petit, 346 – Lever, 354 – Brunet, III, 742 – Manque à Rochebilière.
83 [LA FAYETTE (Madame de)]. La Princesse de Clèves.
Paris, Claude Barbin, 1678
[puis]
1689
. 4 tomes en 2 volumes
in-12, veau fauve marbré, dos orné, pièces de titre rouge et de tomaison lavallière et brune, tranches rouges (
Reliure
du XVIII
e
siècle
)
.
3 000 / 4 000
Édition originale des tomes I et II, auxquels on a joint dans cet exemplaire les tomes III et IV en deuxième édition.
La première édition de
La Princesse de Clèves
est l’une des éditions originales les plus rares des grands textes classiques.
La seconde édition, publiée onze ans plus tard par le même éditeur, en est une réimpression ligne pour ligne.
Pâle mouillure et angle supérieur du corps d’ouvrage légèrement rongé dans le premier volume, quelques piqûres éparses,
discrètes restaurations aux reliures.
Tchemerzine, III, 838-841 – Rochebilière, n
os
720-721.
84 [LA VALLÉE (Joseph)]. La Mulâtre comme il y a beaucoup de blanches. Ouvrage pouvant faire suite au Nègre comme
il y a peu de blancs.
Paris, Marchand, 1803.
2 volumes in-12, bradel cartonnage papier marbré, dos lisse, pièce de titre
bleue, non rogné (
Reliure moderne
)
.
300 / 400
Rarissime édition originale des « Liaisons Dangereuses à Saint-Domingue », ornée de
2
frontispices gravés en taille-
douce.
Demeurée anonyme, cette critique romanesque des préjugés coloniaux et racistes est parfois attribuée à Joseph Lavallée,
auteur en
1789
du
Nègre comme il y a peu de blancs
. «
Les Liaisons dangereuses
à Saint Domingue : tel pourrait être le
titre de ce roman sentimental rarissime… Épistolaire comme le roman de Laclos,
La Mulâtre
y ajoute une dimension
raciale et explore le préjugé raciste, donnant à voir le libertin blanc, Sylvain, et sa proie, la mulâtresse Mimi. Cette dernière,
tiraillée entre l’amour et l’inflexible préjugé d’alors contre le mariage mixte, se trouve ainsi face à une variante du drame
cornélien », écrit John Garrigus dans sa présentation de l’ouvrage pour sa réédition parue en
2007
chez L’Harmattan – la
seule depuis
1803
.
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