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Née à San Miguel de Nepantla dans une petite ville du Mexique, en 1651 et morte à Mexico en 1695, Sœur Juana Inés de la Cruz était

surnommée

le Phénix du Mexique

et

la dixième Muse

. Religieuse, membre de l’ordre de Saint-Jérôme et amie du grand polymathe

mexicain Carlos de Sigüenza y Gongora, elle est l’auteur d’un grand nombre de textes en vers et en prose. Influencée à la fois par la

philosophie hermétique d’Athanase Kircher, la pensée cartésienne de Descartes et la scolastique aristotélicienne, elle excella dans des

registres différents, tant profane que religieux. Son œuvre se divise en quatre groupes et comprend entre autres 18 « loas »,

22 « villancicos », 3 comédies et 3 « autos ».

Parmi ses comédies les plus célèbres, on compte

Los empenos de una casa

et

Amor es mas laberinto,

la première représentée à Mexico

le 4 octobre 1683, la seconde à Madrid en 1689. Son répertoire dramatique contient également les 3 grands « autos sacramentales », le

El divino Narciso,

son plus célèbre, le

El martir del sacramento

et le

El cetro de José.

On lui doit aussi les œuvres en prose intitulées

Carta athenagorica, Respusta a Sor Philotea de la Cruz,

et

Neptuno alegorico,

ainsi que des

Ejercicios

et des

Ofrecimientos

.

La plupart de ses textes furent publiés isolément, en particulier au Mexique. Ses œuvres complètes furent publiées et réimprimées en

Espagne et au Portugal entre 1689 et 1725, soit au total une vingtaine d’éditions données en divers lieux de la péninsule : Madrid,

Barcelone, Valence, Séville, Lisbonne et Saragosse. Toutes sont sorties de presses différentes, à l’exception de l’édition de 1725, dont

les trois tomes ont été publiés par le même éditeur. Le premier tome parut en 1689 à Madrid, sous le titre

Inundacion Castalida de la

Unica Poetisa, Musa Decima, Soror Juana Inés de la Cruz.

Le second, publié trois ans plus tard, fut imprimé à Séville, sous le titre

Segundo volumen de la Obra de Soror Juana.

Quant au dernier, publié de manière posthume par le jésuite Juan Ignacio de Castorena y

Ursua à Madrid en 1700, il s’intitule

Fama y obras Postumas

[…].

À propos de l’œuvre de Sœur Juana Inés de la Cruz, voir : Maurice Beuchot,

Sor Juana, una filosofia barroca,

1999. — Giuseppe

Bellini,

L’opera letteraria di Sor Juana Inés de la Cruz,

1964. —Guillermo Schmidhuber de la Mora,

La primera dramaturga en lengua

moderna. Sor Juana Inés de la Cruz,

2005. — Luis Manuel Villar,

Bibliografia sorjuanina

, 2011 — Sans oublier sa biographie par

Octavio Paz, adaptée au cinéma en 1990 par Maria-Luisa Banberg

Yo, la peor de todas

.

I

L EST TRÈS RARE DE RASSEMBLER LES TROIS TOMES DES

Œ

UVRES DE L

AUTEUR

,

MÊME DANS DES ÉDITIONS DIFFÉRENTES

.

Quelques rousseurs claires. Mouillure angulaire aux cahiers du premier tome. Au tome II : angle inférieur du feuillet Cc

4

arraché,

coupant la réclame ; galeries de vers dans la marge intérieure de plusieurs feuillets, supprimant parfois des lettres du texte (la plupart

sont comblées à l'adhésif). Petit manque à une coiffe.

9

16