88 [SALVERTE (Eusèbe de)]. Un Pot sans couvercle, et rien dedans, ou les mystères du souterrain de la rue de la
Lune, histoire merveilleuse et véritable.
Se vend à Paris, B. Logerot, an VII.
In-8, demi-chagrin noir, relié sur
brochure, non rogné (
Reliure du XIX
e
siècle
).
200/300
€
Gay-Lemmonyer, III, 1287. — Quérard, VIII, 428.
Édition originale, rare, de cette piquante parodie du roman noir, soit disant traduite de l’anglais par Louis Randot.
L'auteur dénonce la redondance de ses artifices et de ses histoires :
Heureux l'écrivain qui d'avance a placé son lecteur
dans un vieux château ruiné, dans une tour exposée de toutes parts aux injures de l'air, et néanmoins impénétrable au
jour ; dans quelque long corridor où depuis cent ans plusieurs portes sont murées, dans des souterrains creusés par la
terreur, et consacrés par la vengeance ! L'esprit alors est, en termes de l'art, tout à fait prédisposé à l'effroi. Une souris
qui trotte, semble un monstre terrible ; le bourdonnement d'une mouche porte à nos oreilles le funèbre murmure des
spectres et des fantômes. Heureuse Anne Radcliffe ! Cent fois heureuse de t'être approprié ces sublimes moyens, en les
rebattant, au point que la plume la plus disposée au plagiat, n'oserait les employer après toi ; si l'on ne savait que pour
de si belles choses le public ne connaît point la satiété. Puisse, pour prix de tes rians travaux, ton âme doucereuse errer
éternellement dans ces asyles si chers à ton génie ! Puisse-t-elle éternellement y mêler ses délicieux hurlemens aux cris
lamentables des oiseaux de nuit, aux gémissemens des captifs, aux râlemens des mourans, aux sifflemens aigus des
vents, au sombre bruissement des vagues, aux sourds roulemens du tonnerre, aux éclatans craquemens de la foudre, aux
échos lugubres et prolongés des cavernes retentissantes !
(pp. 11-12).
Louis Randol n'est autre que le pseudonyme de Salverte.
L'ouvrage est orné d'un curieux frontispice gravé, non signé.
Mouillure sur le frontispice et à quelques feuillets. Petites épidermures sur le second plat.
89 SANNAZAR (Jacques). L'Arcadie.
Paris, Michel de Vascosan pour
[luy, et]
Gilles Corrozet, 1544.
In-8, maroquin
rouge, double filet doré, dos orné de caissons fleurdelisés (
Reliure du XVIII
e
siècle
).
800/1 000
€
P
REMIÈRE ÉDITION DE LA TRADUCTION FRANÇAISE
,
RARISSIME
. Elle a été établie par Jean Martin, secrétaire de Maximilien
Sforza et du cardinal de Lenoncourt, également connu pour avoir été le traducteur des traités de Serlio, deVitruve et d'Alberti.
Ce roman pastoral en douze épisodes, en vers et en prose, est né des voyages du poète napolitain Jacopo Sannazaro, alors
en proie à un grand amour non partagé. Ce chef-d'œuvre, composé vers 1481-1486, avait circulé dès sa conception sous
forme de manuscrit à la cour de Frédéric d'Aragon, auquel l'auteur était attaché. Il fut publié pour la première fois en
1504 à son insu.
Belle impression en caractères italiques sortie des presses de Michel de Vascosan.
Exemplaire un peu court de marges, titre sali. Reliure restaurée, le caisson supérieur du dos refait. Le dernier feuillet,
blanc, n'a pas été conservé.
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