14
décembre
2016
•
COLLIN DU BOCAGE
•
37
36
•
COLLIN DU BOCAGE
•
14
décembre
2016
Expert : Xavier DUFESTEL
Extraits du 4 octobre 1822 : J’ai reçu, Monsieur, toutes vos
lettres. Je pars demain pour Vérone et les nouvelles destinations du
Duc de Wellington et de m. de Montmorency ne m’arrêtent pas. On
ne peut même rien faire sans moi car je suis porteur des instructions
et des pleins pouvoirs. […]. Du 25 octobre 1822 : […] Tout va très
bien ici. La France y jouit d’une grande considération, l’union entre
les souverains est intime et la Révolution a pour jamais perdu son
procès au tribunal de la Sainte Alliance. Les empereurs d’Autriche
et de Russie sont admirables pour nous. […]. Du 28 décembre 1822
avec un ajout d’un secrétaire : Monsieur de Chateaubriand accablé
d’affaires me charge d’achever son billet. / Le Roi donne à S.E.
le service de porcelaine qui a été envoyé à Londres ; monsieur de
Chateaubriand vous prie de le faire emballer […]. Il désire aussi la
grande livrée et les chapeaux […].Du 2 janvier 1823 (petit accident
dû à l’incendie) : J’ai reçu votre dépêche. Tout le bruit passera.
L’Angleterre peut aimer la souveraineté du peuple mais nous,
nous ne la reconnaîtrons jamais. Dites mille choses à m. Canning
et assurez le de la parfaite tranquillité dont nous jouissons. […].
Du 6 janvier 1823 : […] dans trois ou quatre jours nous aurons les
réponses de Madrid et alors nous serons sur un nouveau terrain.
[…]. […] l’Angleterre peut tout finir en décourageant les révolu-
tionnaires espagnols […]. Dévouement entier. Chateaubriand. Du
16 janvier 1823 : Voilà monsieur, ma réponse à m. Canning. Je vous
prie de la lui remettre […]. […] rien de nouveau de l’Espagne. Per-
mettez que je vous donne un conseil. Dans vos dépêches officielles,
ne parlez plus de vous. Je me suis aperçu que cela vous nuisait. Sans
doute m. Canning a pour vous l’estime que vous méritez d’obtenir
mais ne le dites pas en parlant des affaires publiques. On est on
reste parfaitement satisfait de vos services. […] nous ne savons pas
encore ce qu’a fait m. de la Garde. […] mais son rappel me parait
inévitable […]. Du 23 janvier 1823 : […] C’est une crise, il faut
la surmonter, et nous sommes sûr du succès. Tout à vous. Cha-
teaubriand. Du 27 janvier 1823 : […] Je vous préviens que m. de La
Garde est rappelé. Dites toujours que nous voulons la paix mais que
nous nous préparons à la guerre, que nous ne refusons point les bons
offices de l’Angleterre pour amener cette paix, mais qu’il faut pour
première condition que le Roi doit [ ?] de modifier la [ ?] Constitu-
tion des Cortès. Enfin parlez toujours de paix […]. Du 28 janvier
1823 : […] Dites et répétez bien aux ambassadeurs des trois cours
de Prusse, d’Autriche et de Petersbourg que nous ne nous séparerons
point de l’alliance continentale ; Dites et répétez à m. Canning que
nous voulons la paix comme lui et l’Angleterre peut l’obtenir avant
l’ouverture de la Campagne, si elle veut tenir le même langage
que nous et demander la liberté du Roi afin qu’il puisse lui-même
modifier la Constitution. […] nous ne pouvons pas nous retirer sans
déshonorer la cocarde blanche et sans révolter les soldats […]. Du
30 janvier 1823 : […] Le discours du Roi a fait merveilles. Toutes
les divisions ont cessé […]. Du 1er février 1823 : Je vous envoie un
courrier, il vous porte une lettre pour m. Canning, et la copie d’une
dépêche qu’il est confidentiel que vous lisiez avant que le discours
du Roi d’Angleterre soit prononcé. Cherchez donc m. Canning et
voyez le n’importe où. […]. Du 20 février 1823 : […] Sir Charles
Stuart vient de m’annoncer le passage de m. Jackson qui venant
de Madrid se rend à Londres, il y porte l’arrangement définitif du
traité pour le payement de la dette espagnole envers l’Angleterre.
[ …] Un message du G[ouvernemen]t aux Cortès leur demande
de transporter le siège du g[ouvernemen]t à Cadix […]. […] les
affaires m’écrasent. […]. Du 3 mars 1823 : Vos dépêches sont très-
bonnes. Continuez ainsi. Laissez mon honorable ami Canning se
fâcher tant qu'il lui plaira. ll s'est fourvoyé. Il a rêvé la guerre, et il
ne peut la faire : voilà la raison secrète de son humeur. Vous pou-
vez être certain qu'il se fâchera à propos de tout. Mon discours, qui
devrait le satisfaire, puisque je dis que nous écouterons toute pro-
position de paix, ne le satisfera pas. Il y trouvera quelque nouvelle
raison d'aigreur et d'irritation. […]. Du 06 mars 1823 : Votre idée
est très-bonne, et je vous en remercie. Faites traduire. Je ne sais si
mon discours réussira partout en Angleterre, mais son effet a été im-
mense à Paris; le gouvernement en est devenu cent fois plus fort. Il a
précipité Manuel et son parti dans cette scène dont tout le monde rit
ici. – Pourquoi donc enverrais-je à M. Canning mes discours, quand
certainement M. Canning ne m'enverrait pas les siens ? Il faut un
peu apprendre à tout le monde que nous prétendons à la parfaite
égalité. Du 17 mars 1823 : […] j’ai parlé à la chambre des pairs
avec un succès général. […] Le Roi ne devrait pas partir de Madrid
[…]. Si rien n’arrive nous entrerons en Espagne le 7 ou le 10 avril.
[…] Ce que vous a dit M. Canning sur notre ambassadeur à Londres
est une fanfaronnade. Il aura qui bon me semblera. Il n'y a pas un
mot de vrai sur Cazes. Ce sont de petites nouvelles de sir Ch. Stuart.
Tout à vous. Chateaubriand. Du 24 mars 1823 : […] notre police
qui est admirablement faite, savait que d’autres officiers en France
se préparaient sous des noms supposés à se rendre en Espagne […].
L’ordre a été envoyé par estafette à Bayonne d’arrêter le général,
nous ne soupçonnons pas du tout Guilleminot, mais il s’est singu-
lièrement obstiné à prendre pour aide de Camp, et à placer dans
l’armée ses amis que nous savions être des Bonapartistes. […]. Du
12 avril 1823 : Si je calcule bien, le courrier extraordinaire que je
vous envoie, avec la grande dépêche du courant, arrivera à Londres
Lundi 14 vers deux ou trois heures. Vous porterez à l’instant même
les deux pièces ci-jointes à m. Canning avant qu’il parle. Il est essen-
tiel qu'il sache où nous en sommes avec le Portugal, afin qu'il puisse
répondre à l'Opposition, si on venait à lui demander, s'il est vrai
que le chargé d'affaires de Portugal a demandé ses passeports? […]
J’ai les meilleures nouvelles de Vienne et de Pétersbourg l’empereur
Alexandre vient de m’écrire une lettre pleine de bonté. Tout va bien
ici et bien en Espagne. Il est probable que le succès rendra en Angle-
terre nos amis plus chauds. […].
Du 14 avril 1823 : Je ne puis vous dire qu'un mot. J’ai vu la
dépêche de Canning imprimée, c'est sir Ch. Stuart qui me l’a mon-
tré. Je regrette toujours cette phrase que nous n'avons pas pu donner
de preuves qu’on avait essayé de corrompre notre armée. Tandis
que les preuves sont partout : témoin de la scène de la Bidassoa!
Je regrette aussi de ne vous avoir pas dit que cette nouvelle de
notre flotte à la Martinique pour attaquer l’isle de Cuba, est un
véritable fagot. Nous ne voulons rien prendre et rien garder. Nos
jeunes soldats viennent de se battre comme des lions sous les murs
de St-Sébastien. Voilà la cocarde blanche assurée à leurs chapeaux.
Cela est immense. Soignez bien les journaux pour les communi-
cations […]. Du 17 avril 1823 : […] Je ne connais encore que par
extrait le discours de m. Canning, et de Lord Liverpool. […] ; c’est
la neutralité avec force injures pour Le Roi, pour la France, pour
le gouvernement, et pour moi en particulier. L’Angleterre veut que
cette guerre nous rend notre influence sur l’Espagne et nous replace
au rang en Europe […]. Du 22 mai 1823 : […] Vous avez un ambas-
sadeur : c’est le P[rin]ce Jules de Polignac mais gardez le secret, il
faut que sa nomination ne soit officiellement connue que quand la
session parlementaire sera close. […]. Du 29 mai 1823 : [ …] Une
chose immense est d’avoir trouvé à Madrid l’infantado qui a vu mgr
le Duc d’Angoulême et qui accepte la présidence qu’on va former.
[…]. Du 5 juin 1823 : Depuis ma dernière lettre, il m’est arrivé un
cour[r]ier de Pétersbourg et un autre de Venne qui ont changé la
face des choses. Le Prince de Metternich m’écrit de sa propre main
une lettre pleine d’obligeance pour ce que j’ai fait. Il parle à peine
du Roi de Naples et m’annonce qu’il envoyer à Madrid un agent
diplomatique […]. Du 12 juin : […] Nous bloquerons les Cortès par
terre et par mer dans Cadix, et ce n’est plus qu’une affaire de temps
et de patience. […]. Du 19 juin 1823 : [ …] Nous voyons bien dans
le g[ouvernemen]t anglais un redoublement d’honneur à mesure
que nos succès augnmentent et que les choses tirent à leur fin : cela
passera et l’Angleterre sentira la nécessité de ne pas se brouiller
avec l’Europe. […]. Du 25 juin 1823 :[…] nous ferons aux indivi-
dus tous les avantages personnels qu’ils désireront pour délivrer
la famille royale. […]. Du 26 juin 1823 : L’humeur de Sir Charles
Stuart augmente avec nos succès. Il en est aux menaces. Ce qui me
fait présumer que l’humeur de m. Canning augmente en proportion
de celle de l’ambassadeur. Ces menaces me font bien peu peur et
je sais combien dans ce moment elles sont vaines. […]. Du 30 juin
1823 : […] Je reçois à l’instant la nouvelle que Morillo s’est déclaré
contre la Régence de Cadix et a envoyé aux officiers à mgr le Duc
d’Angoulême après avoir soulevé toutes les galères contre les Cortès
: c’est une bonne nouvelle il ya aussi des espérances à Cadix. […].
Du 3 juillet 1823 : […] nouvelle victoire tout est maintenant dans
Cadix. […]. Du 7 juillet 1823 : […] Cadix est bloqué avec la plus
extrême rigueur. […]. Du 10 juillet 1823 : […] C’est aujourd’hui la
grande affaire de l’emprunt […]. Du 12 juilet 1823 : […] Le Prince
de Metternich va ouvrir une espèce de négociation officielle pour
engager l’Angleterre à rentrer dans l’alliance et à favoriser la déli-
vrance du Roi d’Espagne. […]. Du 21 juillet 1823 : […] je ne crois
pas à la démission de m. Canning […]. La démarche de l’Autriche
ne peut aucun succès : j’en ai jugé ainsi dès le premier moment,
c’est une nouvelle intrigue du Prince de Metternich qui cherche tous
les moyens de nous ôter les résultats de l’affaire d’Espagne et de se
substituer à nous en amenant sur le tapis les prétentions de Naples
ou les négociations de l’Angleterre. […]. Du 7 juillet 1828 : […] Je
ne pourrai profiter de votre offre obligeante, parce que je compte
me rendre à Rome par la route du centre. C’est moi qui espère vous
recevoir dans la ville éternelle […]. Voilà, Monsieur, mon itiné-
raire, sauf le chapitre des accidents, toujours long dans ma destinée.
[…].
On joint trois lettres signées par Chateaubriand mais écrite
par un secrétaire et datées des 11 et 24 février 1823 et du 8
avril 1829.
25 000 / 35 000 €
George Canning (1770-1827) est un homme d'État britan-
nique, il fut secrétaire d’état aux affaires étrangères de 13
septembre 1822 au 20 avril 1827.
XX
111.
CORRESPONDANCE DE FRANÇOIS-RENÉ DE CHATEAUBRIAND
Exceptionnel ensemble de soixante-deux lettres autographes écrites au vicomte Lodoïs de
Marcellus, premier secrétaire d'ambassade à Londres par François-René de Chateaubriand,
célèbre écrivain français et ambassadeur de France au Royaume-Uni (1822-1823).
Plus de deux-cents pages manuscrites qui retracent la vie et les sentiments du célèbre
écrivain à l’égard de la politique européenne pendant ces deux années (1822-1823) au
cours desquelles il fut un des plénipotentiaires au congrès de Vérone (20 octobre 1822) où
il fit décider l'expédition d'Espagne menée par la France, en avril 1823, afin de rétablir le
roi Ferdinand VII sur son trône à Madrid.
Certains extraits de cette correspondance furent publiés en 1853 par le vicomte de
Marcellus dans son ouvrage « Politique de la Restauration ». Cependant la retranscription
des extraits y apparaît très lacunaire et parfois peu fidèle aux originaux que nous présentons
aujourd’hui pour la première fois à la vente et dont le caractère inédit du contenu apporte
une nouvelle contribution à la connaissance d’un des plus grands écrivains français mais
aussi de l’histoire du XIXe siècle en France et en Europe.
Année 1822 :
2 mars 1822 [3 pp.] ; 4 mars [2 pp.] ; 11 mars [4 pp.] ; 14
mars [3 pp.] ; 18 mars [4 pp.] ; 21 mars [3 pp.] ; 22 mars
[1 p.] ; 25 mars [3 pp.] ; 16 sept [2 pp] ; 19 sept [2 pp.] ; 4
oct. [3 pp] ; 25 oct. [3 pp] ; 28 déc. 1822 [4 pp.]. Format
in-8 pour la plupart.
Année 1823 :
2 janvier 1823 [2 pp] ; 6 janvier [3 pp.] ; 16 janvier [4 pp.] ;
23 janvier [2 pp.] ; 27 janvier [4 pp.] ; 28 janvier [3 pp.] ;
30 janvier [3 pp.] ; 1er février [3 pp.] ; 20 février [ 4 pp.] ; 3
mars [4 pp.] ; 6 mars [3 pp.] ; 10 mars [4 pp .] ; 13 mars [2
pp.] ; 17 mars [ 4 pp.] ; 24 mars (2) [10 pp.] ; 27 mars [5
pp.] ; 31 mars [3 pp.] ; 3 avril [1 p.] ; 12 avril [4 pp.] ; 14
avril (2) [2 pp.] ; 17 avril [7 pp.] ; 21 avril [4 pp] ; 23 avril
[3 pp.] ; 24 avril [7 pp.] ; 1er mai [2 pp.] ; 5 mai [6 pp.] ;
8 mai [4 pp.] ; 12 mai [2 pp.] ; 16 mai [3 pp.] ; 19 mai [ 4
pp.] ; 22 mai [6 pp.] ; 26 mai [2 pp.] ; 29 mai [3 pp.] ; 2
juin (2) [ 4 pp.] ; 5 juin [3 pp.] ; 12 juin [2 pp.] ; 16 juin
[1 p.] ; 19 juin [1 p.] ; 25 juin [4 pp.] ; 26 juin [2 pp.] ; 30
juin [5 pp.] ; 3 juillet [2 pp.] ; 7 juillet [4 pp.] ; 10 juillet [2
pp.] ; 12 juillet [1 p.] ; 14 juillet [2 pp.] ; 21 juillet [4 pp.] ;
25 juillet 1823 [1 p.] ; 7 juillet 1828 [2 pp.]. Format in-8
pour la plupart.




