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Le château de Marcellus

Situé en Aquitaine, le château de Marcellus domine la vallée de la Garonne.

Appartenant depuis trois cents ans à la même famille, c’est au début du XVIIIe siècle que le château de Marcel-

lus devint la propriété de la famille Demartin du Tyrac [de Martin du Tyrac de Marcellus, orthographe adoptée

après 1789] et la résidence ancestrale des comtes de Marcellus.

En 1772, les deux pavillons septentrionaux en demi hors d'œuvre,

construits entre le XVIe et le XVIIe siècle, furent reliés par une terrasse

soutenue par des arcades. En 1773, l’architecte de la ville de Bordeaux, Ri-

chard-François Bonfin, dressa les plans et le devis pour le nouveau château

que souhaitait construire le comte André Joseph Demartin du Tyrac (1745-

1789) et son épouse Suzanne Angélique de Piis-Beauséjour. Bonfin super-

visa les travaux commencés en octobre 1773 par le maître-maçon, Joseph

Cazade. Les aménagements furent terminés en octobre 1775, après avoir

détruit l'ancien château à l’exception des soubassements. En 1905, à la de-

mande du comte Adrien de Montbron et de la comtesse, née Antoinette de

Marcellus, l’architecte Alexandre Poitevin rénova le château par des trans-

formations extérieures et intérieures qui lui ont donné son aspect actuel.

Les comtes de Marcellus au XIXe siècle

Marie Louis Auguste de Martin du Tyrac (1776-1841), 3

e

comte de Marcellus, fut un littérateur, député de la Gironde et

pair de France, chevalier de l’Ordre de Malte et de l’Ordre du Saint-Esprit. Il épousa sa cousine germaine, Marie Magdeleine

Françoise Sophie de Piis. Le couple eut neuf enfants, dont leur fils aîné Lodoïs de Marcellus. Le tribunal révolutionnaire, qui

condamna sa mère à périr sur l'échafaud en 1794, le retint à la détention jusqu'à la paix. Il fut déporté en Espagne après le 18

fructidor (4 septembre 1797) ; mais il rentra peu de temps après en France et vécut dans la retraite jusqu'à la Restauration. Il

rejoignit à Bordeaux le duc d’Angoulême, avec son fils aîné, le vicomte Lodoïs de Marcellus. En 1814, le duc d’Angoulême

le nomma membre de son conseil. Le département de la Gironde l'ayant élu député au mois d'août 1815, le 5 mars 1817 il

défendit l'inviolabilité des biens ecclésiastiques. Lorsqu'en 1817, un nouveau concordat avec le Pape fut présenté aux chambres,

le comte de Marcellus, qui faisait partie de la commission chargée de faire un rapport sur la loi relative à ce concordat, écrivit

au souverain pontife pour le prier de lui tracer la voie qu'il devait suivre. Celui-ci lui fit une réponse assez étendue, datée du 23

février 1818 ; mais la loi fut retirée par le ministère, et la France resta sous l'empire du concordat de 1802. À la chambre des

pairs, où il fut appelé à siéger en 1823, le comte de Marcellus suivit la même ligne de conduite. La révolution de 1830 le rendit

à la vie privée et il se retira dans son château de Marcellus.

Lodoïs de Martin du Tyrac (1795-1861), fils aîné de Marie Louis Auguste de Martin du Tyrac (1776-1841), 3e comte de

Marcellus et pair de France, il fut vicomte puis 4

e

comte de Marcellus. Diplomate, voyageur et helléniste français, Lodoïs de

Marcellus occupa les fonctions de secrétaire d'ambassade à Constantinople (1815-1820) auprès du marquis de Rivière. On lui

doit d’avoir négocié avec succès, en 1820, l’acquisition par la France de la Vénus de Milo. Le vicomte de Marcellus a poursuivi

une correspondance avec Méhémet Ali d’Egypte après la fin de sa mission. Il publia ses « Souvenirs d’Orient » en 1839. Pre-

mier secrétaire d'ambassade à Londres sous Chateaubriand (1821), il fut ensuite chargé d'affaires près du même gouvernement

(1822). Le 30 mai 1824, il épousa Valentine de Forbin, fille du comte de Forbin, directeur général des musées royaux et notam-

ment du musée du Louvre. Ils en reçoivent le château d'Audour, à Dompierre-les-Ormes. En 1824, il fut envoyé extraordinaire

à Madrid, puis envoyé près de la cour de Lucques (1826-1829). En 1829, il se vit proposer le poste de Sous-Secrétaire d'État des

Affaires étrangères par le Prince de Polignac, poste qu'après réflexion, il refusa. La Monarchie de Juillet le fit se retirer de la vie

publique. Il décéda à Paris le 28 avril 1861, et fut enterré dans l'église de Marcellus. Son épouse lui survécut vingt-cinq ans pen-

dant lesquels elle continua d'accueillir les artistes de son temps au château d'Audour, comme le poète Alphonse de Lamartine.

Bernard David Marie de Marcellus (1799-1849), dit « Eugène », fils de Marie Louis Auguste de Martin du Tyrac (1776-

1841), 3

e

comte de Marcellus et pair de France, il fut gendarme de la Maison militaire du roi en 1814, il intégra en 1816 le

régiment de cuirassiers de la Reine. Il épousa Eudoxie de Verthamon, héritière du grand cru bourgeois Château Loudenne.

Frère cadet de Lodoïs de Marcellus, sa descendance hérita le château de Marcellus.

Cyprien de Marcellus (1831-1906), fils de Bernard David Marie de Marcellus dit "Eugène", il devint le 5

e

comte de

Marcellus au décès de son oncle Lodoïs en 1861. Cyprien épousa Florence de Bony (1838-1906). Le couple eut une fille,

Antoinette de Marcellus, qui épousa le comte Adrien de Montbron.