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Verzameling J. Jadot - Handschriften & Archieven

Collection J. Jadot - Manuscrits & Archives

de 15 ans. Émigré en 1792, il vécut en Angleterre, aux États-Unis et en Allemagne où le roi

de Prusse le nomma chambellan en 1801. Resté fidèle à la royauté, il ne revint en France

qu'à la fin du règne de Napoléon I

er

, mais sans s'y fixer et s'établit en 1815 à Bruxelles, où

il se donna la mort l'année suivante. Il a laissé des "Mémoires" riches en témoignages sur

la cour de Louis XVI.

Par ordre chronologique. (1). VAUDREUIL, Jos.-François de Paule cte de (1740-1817).- 1 l.a.

non sign. (auteur identifié dans les "Mémoires" de Tilly, 1828, t. III, pp. 217-218, citant

cette lettre), Édimbourg, 1796

: évoque son exil en Écosse avec Monsieur, alias le comte

d'Artois, futur roi Charles X.— (2-3). FLEURY, André-Hercule de Rosset de Rocozelst, duc

de (1770-1815).- 2 l.a.s., Mitau (Courlande), 1799 et Jabtonna (Pologne), 1805

: interroge

Tilly sur son mariage, remarques sur les bontés de Louis XVIII, qu'il a suivi en exil, évoque

son propre exil en Pologne et demande à Tilly d'appuyer ses requêtes à "l'Empereur"

[Napoléon I

er

].— (4-7). TILLY-BLARUS, cte Charles de (1757-c. 1811).- 4 l.a.s., Weimar

et Carlsruhe, 1800-1803

: propos amers sur son infortune et sur l'amitié, sur la position

de son fils incorporé au régiment du prince de Ligne, requête à propos d'un projet de

mariage de sa fille, arguments pour appuyer sa nomination au service de l'électeur de

Bavière, reconnaissance de dette.— (8). [LOMBARD, J.-Guillaume (1767-1812)].- l.a. non

sign. (auteur identifié par une note ms de Tilly en bas de page), [Berlin?], s.d.: court poème

destiné au comte de Tilly dont il vante les charmes.— (9-10). [DEDEM van de GELDER,

Antoine-Baudoin-Gisbert van (1774-1825)].- 2 l.a. non sign. (auteur identifié par une note

de Tilly), [1806]

: espère être envoyé en mission diplomatique à Berlin, conseils d'homme

du monde sur les conquêtes féminines, nouvelles de la cour du roi de Hollande.— (11).

CHOISEUL, vte de (?) : 1 l.a.s., Prague, 1806 : ruiné, il sollicite une aide financière.— (12).

KRÜDENER, Sophie von (1784-1859)

: 1 l.a.s., [1802]

: faire-part de décès de son père, le

baron Burchard Alexis Konstantin von Krüdener (1744-1802), diplomate et ambassadeur

de Russie en Courlande.— (13-14). BRAY, cte François-Gabriel de (1765-1832)

: 2 l.a.s.,

Berlin, 1803 et s.l.n.d.

: remerciements et compliments pour l'envoi d'un livre publié par

Tilly, sans doute l'édition des "OEuvres mêlées" de 1803 (allusion à un morceau sur M. de

La Harpe).

Joint

: TILLY, A. de.- OEuvres mêlées. Berlin, s.n.; Paris, chez les marchands de

nouveautés, 1803. In-8° (piqûres parfois assez fortes) maroquin rouge, plats cernés d'une

chaînette dorée et fleurons aux coins, dos lisse orné de filets, tr. dorées (coins émoussés,

dos lég. passé et fendillé). Ex-libris Jean Jadot.

▲ Provenance

: Jean Jadot (sans mention ni cachet sur les lettres).

272 – (Tilly) -

Ens. 5 lettres et 1 grav.

 - 

[LIGNE, Charles-Joseph de (Bruxelles 1735-

1814 Vienne)].- 5 lettres autographes non signées au comte Alexandre de Tilly.

Vienne (sauf la dernière : Töplitz), entre 1801 et 1806.

Numérotées de 1 à 5 d'une main ancienne, cachets de cire rouge aux armes du prince de Ligne (1 cachet brisé

lors de l'ouverture de la lettre n° 1, les autres lég. fendillés mais complets). Avec transcriptions mss, où sont

soulignés les passages imprimés dans le t. III de l'éd. de 1828. On joint : CARDON, A.- Prince de Ligne. Portrait

d'après C. Le Clercq, collé sur pap. blanc, sans marges.

Sous emboîtage moderne à imitation de livre in-f° (30,5 x 26,5 x 2,5 cm)

: plein chagrin brun, double cadre

et fleurons d'angles "à la du Seuil", dos fleuronné doré à nerfs et étiq. de cuir ocre titrée "Lettres du prince de

Ligne au comte de Tilly", filets et fines roul. dorées sur les coupes et remplis, doublures de papier Canson gris,

lacets de fermeture en toile écrue (ombres blanches sur les plats et les mors). Sous étui bordé.

Est.

1.000/ 1.200 €

Correspondance ayant servi de source aux "Mémoires" du comte Alexandre de Tilly (Le

Mans 1761-1816 Brux.). Homme de cour et de lettres français, page de la reine dès l'âge

de 15 ans, il quitta la France sous la Révolution pour l'Angleterre et les États-Unis où il

épousa une Américaine. De retour en Europe en 1799, il séjourna à nouveau en Angleterre

puis en Allemagne où le roi de Prusse le nomma chambellan en 1801. Il revint en France,

sans s'y fixer, à la fin du règne de Napoléon I

er

et s'établit en 1815 à Bruxelles, où il se

donna la mort l'année suivante. Cet authentique libertin, qui a peut-être servi de modèle

au Valmont des "Liaisons dangereuses", a laissé des "Mémoires pour servir à l'histoire

des moeurs de la fin du XVIII

siècle", qui font la part belle aux anecdotes galantes mais

constituent néanmoins un témoignage essentiel sur la vie en France à la fin de l'Ancien

Régime et dans les années post-révolutionnaires. Il les dédia au prince Charles-Joseph de

Ligne, qu'il admirait et qui s'était lié d'amitié avec lui et avait lu une partie de ses Mémoires

en 1805. Notre correspondance concerne cette lecture (à l'époque Tilly résidait à Berlin)

qui contient des souvenirs de la cour de Louis XVI, dont des passages entiers sont cités

dans les "Mémoires", publiés en 1825 en traduction allemande d'après les manuscrits, puis

en 1828 en français.

(1).- 15-4 [après 1801], 1 p. in-8°

: le prince lui propose d'apporter ses manuscrits à Töplitz

("Je suis assez sensé pour en être le censeur, sans être un Caton [...]") et commente une

lettre publiée par Tilly dans le "Journal de Francfort" ("elle m'a fait le plus grand plaisir.

Elle est écrite comme vous écrivés, c'est tout dire

: mais j'ai assez bonne opinion de mes

contemporains, pour croire qu'ils ne seront pas assez bêtes pour vous en vouloir." À propos

du "D[uc] de G.", il évoque "les plaisanteries que j'ai faites souvent avec la R[eine] sur son

compte et auxquelles avaient donné lieu Me de Montesson, la petite Choiseul et Amélie de

Boufflers par l'expérience de ses amours pour elles [...]",

(2).- 30-[9]-1805, 2 pp. in-8°, à "Mon cher camarade en Imprimerie et en Gueuserie et point

en mérite d'ouvrage !": le prince joue implicitement le rôle d'informateur pour la composition

des "Mémoires" et communique diverses anecdotes concernant e.a. les ducs de Choiseul

et d'Aiguillon, de Maupeou, le comte d'Artois, Madame du Barry, la duchesse de Polignac,

l'abbé de Vermont, le ministre des Finances Jacques Necker, etc. Et il ajoute : "Voicy ce qui

me vient dans la tete pour vos intérèts. Ceux de votre gloire sont entre vos mains

: mettés

ceux de votre fortune entre celle de Walther, qu'il vous imprime à ses frais ]...]".

(3).- 13-12-1805, 3 pp. in-8° : "Votre recueil que j'ai lu avec tant de plaisir, est fait pour tous

les tems, = tous les pays, et n'a pas besoin d'indulgence." Nombreux commentaires sur

divers passages des "Mémoires",

(4).- 5-3-[1806], 1 p. in-8°

: "A merveille, mon cher Comte, Conflans et Voyer peints à

merveille. Comme toute la bonne compagnie a presque péri et comme quantité d'Emigrés

n'ont jamais vu la Cour, il n'y aura bientot plus que vous et moi qui en puissions parler [...]

Voulés-vous mettre dans vos memoires la prophétie de M. de Lille? Je vous l'enverrai si

vous ne l'avés pas [...] Si je [vais] à Berlin [...], je serai votre servante de Moliere. Depuis

les memoires sur la Cour de Louis 14, et un peu sous celle du Régent, il n'y a eu que des

porteurs de chaises de Versailles, qui ayent écrit. Il est tems que le reste des beaux tems

de la France soyent en bonnes mains",

(5).- Töplitz, 6-7-1806, 6 pp. sur 2 ff. in-12°, enveloppe cachetée

: le prince livre des

anecdotes e.a. sur le duc de Choiseul, dont il retrace la généalogie, et sur une parente: "Ma

cousine germaine Soubise était horrible et avait son Ecuyer. Un jour que tous les Rohan

prièrent mon pere de lui en faire des representations, au moment qu'elle lui jurait que cela

n'etait pas vrai, ce M.r entra en pantoufles chés elle, croyant qu'il n'y avait personne [...]

A vos ordres, cher Comte, pour tout ce que vous voudrés. Je serai trop heureux d'etre

interrogé [...] J'en reviens à votre ouvrage. Comme tous ceux qu'on fait sur toutes les cours

sont des libelles pour etre piquans, vous le serés par votre style, et en repoussant les

calomnies sur notre malheureuse Reine."

# Malet, Tina.- Une vie de Tilly ou La mort du Lys. Saint-Denis, Edilivre, 2013, en particulier

p. 6.

▲ Provenance

: Jean Jadot (sans mention ni cachet).