1831 au 18-9-1832, du 4-8-1834 au 13-12-1836 et du 13-4-1841 au 5-8-1841), siégea au
gouvernement de Flandre occidentale et à la chambre des représentants pendant 18 ans.
Dans cette correspondance qui devait être presque quotidienne, Léopold I
er
emploie un ton
direct et use de propos structurés afin de travailler de façon cohérente avec son ministre.
Elle est parfois décousue car étalée sur 30 ans mais plus de la moitié des lettres couvrent
les années 1832-1836 et traitent donc essentiellement des années du mariage de Léopold,
des conséquences de la Campagne des Dix-Jours (traité de non ingérence hollandaise
dans les affaires belges, retrait des Hollandais du territoire belge, libre navigation de
l'Escaut, etc.), du respect du traité de la Conférence de Londres (indépendance juridique
et de fait de la Belgique), des négociations du pouvoir royal avec la Constitution, etc.
Plusieurs lettres démontrent la complexité des tactiques parlementaires ou diplomatiques.
En politique intérieure, plusieurs thèmes sont récurrents : la méfiance de Léopold I
er
face
à la presse, les négociations du pouvoir royal et la Constitution, le désir absolu d'avoir
l'exclusivité des arrêtés royaux pour les nominations et démissions de ministres, non
ingérence du législatif avec l'exécutif, etc., le tout subordonné au jeu de pions nécessaire
pour faire avancer ses idées. En politique extérieure,
le jeu de nominations des ambassadeurs à divers
postes est récurrent, la vigilance vis-à-vis des Pays-Bas
aussi, plusieurs lettres de 1836 et après font allusion
indirectement à la politique matrimoniale du souverain
et plus particulièrement au mariage de son neveu avec
Doña Maria de Portugal.
Quelques passages importants, par année : 1831 : il demande à de Muelenaere de pren-
dre le ministère de l'Intérieur, aidé par Teichmann, tout en gardant en intérim les Affaires
étrangères; il estime "inconstitutionnel" que le législatif s'immisce dans les affaires de
l'exécutif à propos de nominations par la Chambre et il rappelle "aux ministres [...] que des
branches d'administration ne sauraient être supprimées sans que la chose soit préalable-
ment soumise à ma décision".— 1832 : "Mon mariage a eu lieu hier voilà une importante
affaire terminée [...] Mon premier objet a été d'empêcher que la Conférence fusse un traité
avec la Hollande, mon second d'obtenir la libre navigation de l'Escaut [...] Nous devons
[...] rejeter toute condition qui nous serait onéreuse"; il énonce ses idées et tactique pour
l'obtention de non ingérence hollandaise dans les affaires belges, le retrait hollandais du
territoire belge et la libre navigation de l'Escaut sans autre droit que ceux de pilotage et
balisage. Quant aux Hollandais, "Vous pourriez bien écrire à Goblet et V. de Weyer que si
le Roi Guillaume veut nous accorder ce qui est raisonnable, nous sommes tout disposé à
transiger avec lui d'une manière qui lui sera satisfaisante" (28 août).— 1834 : arrangement
avec Cockerill pour la construction du chemin de fer vers l'Allemagne; maintien de la sanc-
tion contre Huart et mutations militaires (dont nomination du général Goblet); attribution du
gouvernement d'Anvers à Lebeau et du Hainaut à Rogier, affaire des postes entre Douvres
et Ostende, jeu de pions entre divers généraux pour divers postes (Evain/Goblet), opposi-
tion aux nominations de Huart et Ernest pour diriger l'armée.— 1835 : problème avec le
comte Joseph de Baillet qu'il veut renvoyer pour incompétence; contacts avec le duc de
Wellington et Metternich; maintien du poste de Vilain XIIII à Rome; transfert de l'évêque
de Tournai à Namur; attention pour la "loi du coton" à Gand qui "est la seule des grandes
villes dont la Révolution ait en partie ébranlé le commerce. Il faudrait leur assurer le marché
intérieur"; séjour parisien où "je me trouve en quelque sorte dans un centre politique"; suite
à une remarque de la France, il demande de surveiller "nos faits & gestes dans le Luxem-
bourg [...]" (à propos du chemin de fer ?); récompenses à accorder à des diplomates ou
aux signataires de son traité de mariage (Franciso d'Almuyda, baron de Carlovitz, baron de
Stockman); allusion à certaines nominations diplomatiques.— 1836 : allusion aux nomina-
tions, soutenues par de Muelenaere et Léopold, de Coghen et Meeus (administrateurs de
Manuscrits, Archives...




