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Kapandji Morhange
il est habillé d’une redingote et le chef couvert d’un bicorne, tenant de
sa main gauche une canne. Il regarde un infirmier qui en sa présence
ôte les fers d’une aliénée debout à l’air hagard. À la gauche du docteur
Pinel, une femme agenouillée à ses pieds lui baise la main droite dans
un geste de profonde reconnaissance. Au second plan à droite une
femme débraillée est couchée à même le sol sous l’effet d’une crise.
Sur la droite de la toile, aux piliers en bois d’un auvent, des femmes
assises à terre encore enchainées attendent leur délivrance. Au loin, le
bâtiment de la Salpêtrière et un personnage féminin descend par un
escalier.
Bordures marouflées. Quelques accrocs. Frottements. Quelques res-
taurations visibles au verso.
Voir la reproduction.
1 200 / 1500 €
81.
●
PIORRY
(Pierre-Adolphe). L.A.S.
24 janvier 1853, 1 page sur
1 ff. in-4 replié.
Lettre manuscrite à l’encre brune, adressée à un correspondant ano-
nyme.
«
En recevant votre lettre, je n’ai vu qu’une chose : la douleur d’un père et
le désespoir d’une mère, actuellement le médecin et le professeur ne peuvent
rien
. »
Piorry (1794-1879), l’un des pionniers de l’auscultation après Laen-
nec, fit entrer la percussion médiate dans l’examen physique respira-
toire. Il inventa à cet usage le plessimètre à plaque et il apporta égale-
ment des modifications au stéthoscope de Laennec.
Voir la reproduction.
100 / 150 €
de titre verte, tranches mouchetées (reliure usuelle, mouillure en fin de
volume et restauration de papier maladroite aux dernières pages).
Intéressant recueil de pharmacopée belge. Le premier ouvrage corres-
pond à la première pharmacopée nationale commandée par le Collège
des médecins de Gand, elle fut composée par le docteur Van Brabant
et le pharmacien Coppens ; elle comporte un index des noms du Mate-
ria Medica en latin et en néerlandais.
Annotations anciennes marginales à l’encre brune.
La seconde pièce, une ordonnance publiée par le même éditeur, in-
dique la tarification des médicaments.
On joint :
Pharmacopée belge, quatrième édition. Bruxelles, 1930.
In-4, toile
bordeaux chagrinée souple, titre en doré, IX-754 pages, tampon du Minis-
tère de l’Intérieur et de l’Hygiène.
200 / 250 €
79.
▲
PINEL
(Philippe). La médecine clinique rendue plus précise
et plus exacte par l’application de l’analyse…
A Paris, chez Brosson,
Gabon & Cie, An× (1802). In-8, [2] f., pp.[IX]-XL, 432 pp., 3 tableaux
dépliants hors-texte, reliure de l’époque plein veau fauve moucheté et glacé,
dos lisse et orné, pièce de titre basane rouge, tranches rouges (3 coins émous-
sés ; rousseurs éparses très modérées, plus soutenues sur les pl. dont une
présente un petit manque de papier sans perte de texte).
Édition originale
de ce recueil d’observations sur les maladies aigües
faites à l’hôpital de la Salpétrière. Considéré comme le fondateur de la
psychiatrie moderne, Philippe Pinel, né en 1745, fut médecin-chef à
la Salpétrière de 1795 jusqu’à sa mort en 1826. Il introduisit de nom-
breuses réformes dans l’établissement, favorisant une prise en charge
plus humaine des aliénés.
120 / 150 €
80.
●
*
[
PINEL
(Philippe)]
ROBERT-FLEURY
(Tony)
, suiveur de.
Philippe Pinel délivrant les aliénés de leurs chaînes à la Salpêtrière en
1795.
Huile sur toile en grisaille
Après 1880.
Palette : grisaille, noir, ocre, vert et marron. Peinture inachevée, néan-
moins très avancée.
114,2×162 cm.
Tony Robert-Fleury (1837-1911) réalise le modèle original de cette
toile, l’une de ses œuvres les plus célèbres, en 1876. Elle fut destinée
après 1882, selon la volonté de Charcot, à orner l’amphithéâtre de
l’hôpital de la Salpêtrière où il donnait ses cours et où il faisait ses
légendaires expériences. Cette copie, exécutée vraisemblablement par
un élève de Robert-Fleury, est des plus intéressantes et elle marque un
jalon dans la représentation symbolique et iconographique de l’une
des avancées majeures de la psychiatrie moderne.
À la fin de l’été 1793 le docteur Philippe Pinel (1745-1826) prend,
grâce à un décret de la Convention nationale, la direction de l’hôpital
Bicêtre. En compagnie de son subalterne Jean-Baptiste Pussin (1745-
1811), l’ancêtre des infirmiers en psychiatrie et remarquable praticien
issu des rangs même des malades, Pinel prend une décision historique
et révolutionnaire : ôter les chaînes des hommes internés pour aliéna-
tion mentale.
Cet acte fondateur de la psychiatrie moderne a été fixé dans une toile
devenue célèbre de Charles-Louis Müller (1815-1892). Deux ans plus
tard, le 24 floréal an III (13 mai 1795) le docteur Pinel est muté à la
Salpêtrière en qualité de médecin-chef et emmènera avec lui son fidèle
et sage collaborateur Pussin qui ne pourra le rejoindre qu’en 1802. Dès
son arrivée à la Salpêtrière, ce «
grand emporium de toutes les misères hu-
maines
», Pinel fait d’importantes réformes et va appliquer aux femmes
les mêmes réformes que précédemment aux hommes à Bicêtre.
C’est ce moment majeur de l’histoire du traitement de la folie à l’âge
moderne que la toile de Tony Robert-Fleury a voulu immortaliser.
La grande toile de Tony Robert-Fleury représente le célèbre aliéniste
délivrant les démentes internées à l’hôpital de la Salpêtrière. Pinel,
dans une cour et sous des arbres, accompagné de plusieurs person-
nages, est debout au centre vers la gauche de la toile et tourné à droite ;
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