Vente Publique du 26 mars 2016
49
recherchées que de nos jours.
Bien que d’une économie sévère dans son intérieur, Antoine Rongé savait payer et payer largement, quand il les
rencontrait, les objets rares ou curieux pouvant enrichir ses collections.
Il habitait une ancienne maison portant l’enseigne de la Griffe d’or formant l’angle de la rue des Onze mille
vierges et de la rue royale, comprenant, avec ses dépendances, toute la superficie du Café du Grand-Marché et des
deux maisons qui lui font suite.
Au rez de chaussée, une pièce était réservée aux bustes, statuettes, médaillons, bas-reliefs et objets d’art en marbre,
en bronze, en argent, en ivoire, en laque, en bois, &c.
A l’étage un salon à rue, aux trumeaux desquels on avait fixé quatre armures complètes, était affecté au cabinet
d’armes. De superbes porcelaines de Chine et du Japon, servaient de décor à ces deux collections. Rongé
accueillait bien les visiteurs et se faisait un plaisir d’attirer leur attention sur les progrès successifs réalisés dans la
fabrication des armes portatives, et de leur expliquer les divers systèmes anciens d’armes à feu perfectionnées,
renfermant en germe la plupart des inventions modernes.
De nombreux amateurs se présentèrent pour acheter, souvent à hauts prix, le cabinet d’armes soit en tout, soit en
partie; toujours Antoine Rongé répondit par un refus; en fait d’antiquités, il achetait, mais ne vendait point.
L’esprit de conservation qui l’habitait était tel qu’il déclina l’offre que lui fit un jour le Baron de Serdolin, époux de
la Comtesse Loyson
[Loisin]
, de lui céder, en échange du cabinet d’armes (aujourd’hui hôtel d’Andrimont) avec
l’immense terrain dépendant, terrain qui comprenait alors, non seulement le périmètre actuel de la propriété, mais
tout le carré formé par les rues des Carmes, du Méry, et de l’université.
Antoine Rongé est mort le 17 février 1834, laissant sept enfants issu de son mariage avec Marie Catherine Renson
qui l’avait précédé dans la tombe depuis le 20 mars 1826.
Désireux de sortir de l’indivision les enfants vendirent à différents amateurs les porcelaines et les objets d’art, à
l’exception de quelques uns de ceux-ci qui furent partagés entre eux.
Quant au cabinet d’armes, ils en dressèrent un catalogue qui fut livré à l’impression en 1835; mais ce catalogue,
dont les auteurs manquant des connaissances nécessaires pour un pareil travail, est défectueux sous tous les
rapports.
M. Louis Jamme, alors Bourgmestre de Liège, aurait vivement désiré voir acquérir ce cabinet par la ville, comme
noyau du Musée d’Armes qu’elle devrait posséder. La ville recula devant la dépense, la révolution de 1830 ayant
épuisé les finances communales.
Ce fut un antiquaire de Londres, qui, pour un prix relativement minime, se rendit acquéreur du cabinet d’armes et
le transporta avec lui en Angleterre.
Peu de temps avant cette vente furent pris, tant bien que mal, en gardant les proportions , mais malheureusement
sans annoter les mesures, les croquis des pièces les plus remarquables , unique souvenir restant à Liège des armes
anciennes qui ont formé la riche collection d’Antoine Rongé. (Nota : L’échelle adoptée pour les dessins est de 10
centimètres par mètre).
Liège 10 septembre 1876.
429.
[REVOLVER].
Revolver à barillet à 4 canons rotatifs, système Mariette. Avant
1850.
Est. 150 / 200
Longueur : 19 cm. En bonne condition.
Marionnette liégeoise
430.
[MARIONNETTE].
Roland de Roncevaux.
Est. 400 / 500
Marionnette. Bois peint, tissu (velours bleu; galon doré). Hauteur : 89 cm. Ce chevalier Roland a été
repeint et rhabillé.
Iconographie
431.
[LIEGE]. BRAUN et HOHENBERG.
Leodium. 1574.
Est. 150 / 200
Vue gravée en coloris d’époque, 33 x 47, marges. Avec l’inscription dans un médaillon
«Civitatis
Leodiensis genuina delineatio»
… Vue prise des hauteurs de Saint-Gilles. En très belle condition.
Reproduite dans Eugène Wahle, Liège dans la gravure ancienne et moderne, p. 21-23. Bel exemplai-
re en beaux coloris d’une des vues les plus célèbres de Liège. Sous passe-partout.
432.
[LIEGE]. ANONYME 1702.
Aeigenliche Abbildtung Der Stadt Lüttich Wie Sie
Van den Englendtern Und Hollendtern Beschossen Und Bombarttirt Wirt.
Est. 200 / 300
Titre ci-dessus et légende à gauche : 1 Der Stadt 2 Das Cidadel 3 Der Cartaus 4 Das Lager». Eau-
forte, 24 x 35 (marges : 33,5 x 41); La vue de Liège occupe la moitié supérieure (une autre vue, du
fort de Figo, occupant la partie inférieure). Pièce tirée d’un ouvrage militaire non déterminé. Pièce en
bonne condition.
433.
G. BODENEHR.
Lüttich, auss Niderl. Luyck, zu Latein Leodium, u. auss Franz.
Liege, geheissen.
1725.
Est. 350 / 400
Carte avec légende à gauche et à droite. Reproduite dans Wahle, Liège dans la gravure ancienne et
moderne, p. 52-53, copie réduite de Hollar et Blaeu, 1649. En bon état. Sous verre et passe-partout
laissant les bords de la feuille visibles, dans un cadre doré soigné.




