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11. Jean RICHEPIN

(1849-1926). Lettre autographe signée à un confrère auquel il reproche de pasticher Verlaine.

9 janv(ier).

1 p. in-8.

100 / 150 €

Oui, mon cher confrère, j’aime Verlaine. Aimer n’est même pas assez dire […] J’ai lu vos vers. Et encore oui je les

montrerai à Ponchon. Pour sûr, d’ailleurs, ainsi que moi, il trouvera qu’ils sentent trop Verlaine, justement […] On en

dirait un pastiche […] Verlaine n’a pas à être refait. Il est, & fait tout à fait. Donc… ! Vous m’allez juger brutal. Tant pis !

[…] Cordialement à vous quand même.

12. Charles-Augustin de SAINTE-BEUVE

(1804-1869). Lettre autographe signée à

La Sicotière

.

22 octobre 1850

. 3 p.

in-8 avec lets de deuil.

150 / 200 €

Il le félicite pour un article sur M. Le Flaquais, se sent atté que son nom ait été cité et regrette d’avoir quitté la critique

purement dogmatique :

Monsieur, Je connaissais déjà par M. Du Mesnil

(?)

votre poète retrouvé ; et j’avais été bien atté

tout d’abord de voir mon nom se mêler à ces investigations érudites et ingénieuses. En jugeant notre ami M. Le Flaquais

et en caractérisant si bien son mode de poésie, vous m’avez fait à la fois plaisir et un peu remords […] Moi-même déjà

je commençais à me détacher de la critique purement poétique pour me jeter dans ce champ bien moins aimable où je

me suis enfermé de plus en plus et où me voilà aujourd’hui en plein labeur […] Aujourd’hui je mène une vraie vie de

manœuvre […] Je joue de mon texte jusqu’à ce que je rentre dans la demi-retraite où la ré exion, la lecture, un peu de

poésie, une production lente et qui se laisse goûter, composent la vie qu’on se désire pour ses dernières années…

13. Paul VALERY

(1871-1945). 2 lettres autographes à un

cher Monsieur

.

Paris

, s.d. 1 p. et demi in-8 et 1 p. in-4.

300 / 400 €

Lettres sur sa conception de l’esthétique. Dans la première :

Je crois que s’il y avait une Esthétique – il y en aurait deux.

Celle du producteur n’est pas celle du consommateur. On ne peut songer à éduquer que ce dernier. Mais il y a quelques

dif cultés. L’oreille fausse jamais ne deviendra juste. On pourra lui apprendre qu’elle est fausse… Comment inculquer à

celui-ci que ce qui lui fait plaisir doit lui répugner ; et ce qui l’ennuie, lui plaire ? Si je m’attache à renverser ces instincts, il

sera nalement comme un homme qui a appris une langue étrangère : il l’écrira fort bien, mais il pensera dans la sienne. Il

n’osera plus s’amuser au café concert mais il continuera à s’ennuyer sous la symphonie. Le sens du beau est comme les autres.

Si il n’est pas il ne sera jamais…

Dans l’autre lettre :

Il faut avouer que l’esthétique est une grande et presque une irrésistible

tentation. Comment souffrir d’être séduits sans nécessité par certains aspects du monde ou par telles œuvres de l’homme, et

de ne point vous expliquer ce délice tantôt fortuit, tantôt effet de l’art. Il est donc naturel que les philosophes s’y soient mis.

14. Paul VALERY

(1871-1945). Lettre autographe signée.

Dimanche, 40 rue de Villejust

, s.d. 2 p. in-12, recto-verso.

100 / 150 €

Lettre à un critique pour le remercier d’un article :

cher Monsieur, la Revue de France m’est à la n parvenue. Je

n’ai pas lu les vers qui y sont, mais votre article ; et quoi

que vous ayez poussé la bienveillance, ayant écrit sur moi

de si atteuses choses, jusqu’à ne pas vouloir qu’on vous en

remercie. Je ne sais pas vous obéir sur ce point […] je suis

touché de l’attention que vous avez bien voulu donner

à mes vers, et je le suis très particulièrement de certaines

remarques que vous avez faites. La pièce un peu distincte

que vous citez […] je la regarde comme une espèce de

germe ; je suis emerveillé du sens critique qui n’a pas hésité

à la mettre à part. C’est de la divination…

15. Emile ZOLA

(1840-1902). Lettre autographe signée à

un cher confrère [

M. de La Pommeraye

].

L’Estaque, 19

sept

(embre) (18)77. 1 p. et demi, in-8.

600 / 800 €

Lettre en réponse à un article de M. de La Pommeraye

publié dans le

Bien Public

en septembre 1877 sous le titre

Le Naturalisme

dans lequel il commente une pièce intitulée

Pierre Gendron

et précise que Zola a été le pionnier du

Naturalisme avec

Thérèse Raquin : je lis votre article à plus

de deux cent lieues, dans un trou au bord de la mer, où je me

suis réfugié depuis quatre mois […] vous avez été le premier à

ne pas me traiter comme un fou furieux. Croyez que je m’en

souviendrai toujours. Aujourd’hui, vous mettez le comble

de votre obligeance, en disant que j’ai prédit le mouvement

qui s’opère, ce qui augmente ma dette de reconnaissance.

Je crois pourtant que le public est loin d’être conquis à mes

idées. Pierre Gendron a certainement réussi par les parties

conventionnelles. Mais le succès de cette pièce n’en est pas

moins un symptôme curieux…

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