MANUSCRITS ET AUTOGRAPHES
TAJAN - 67
180 - Richard WAGNER
. 1813-1883. Compositeur.
L.S. "Richard Wagner", à Edouard Dujardin. Bayreuth le 17 mai
1882.
2 pp. 1/2 bi-feuillet in-8 à l’encre violette ; joint son enveloppe
(timbre et marques postales) ; joint une transcription tapuscrite.
4000/5000 €
Très intéressante lettre, rédigée en français, adressée au directeur de la revue
La Renaissance musicale
à propos des représentations de
Lohengrin
à Paris.
Prévu pour être joué au théâtre des Nation sous la direction d’Angelo Neumann,
directeur du théâtre de Leipzig,
Lohengrin
attira les critiques d’une grande partie
de la presse patriotique, indignée de la représentation d’une œuvre allemande,
dix ans après l’humiliation de la guerre de 1870. Effrayé des susceptibilités
et des tracasseries de divers ordres, Wagner renonça à faire représenter son
opéra, adressant cette lettre ouverte:
Un extrait de journal qu'on m'envoie, et
que je vous communique, me prouve que la question de la représentation du
Lohengrin à Paris est pleine d'obscurité; je veux m’efforcer de l'éclaircir (…).
Wagner ne souhaite pas que son opéra soit représenté à Paris et en expose
les raisons:
d'abord Lohengrin ayant fait son chemin à travers le monde n'en
a pas besoin. Ensuite il est impossible de le traduire, ni de le faire chanter en
français, de manière à donner une idée de ce qu'il est. Et en ce qui concerne
une représentation en allemand je conçois que les Parisiens n'en aient pas envie
(…).
Il n’a rien contre la représentation de fragments en concert;
mais maintenant
que ce sont des actes entiers qu'on donne aux concerts, je ne puis vous cacher
que cela m’est désagréable.
Après réflexion, il retire l’autorisation à Neumann,
de faire jouer sa musique à Paris, entreprise qui n’aura d’autre fin que de le
contrarier.
Mes œuvres sont essentiellement allemandes, et j'ai la confiance que
ceux de vos compatriotes auxquels, à un titre ou à un autre, elles paraissent
dignes d'attention, ne se refuseront pas à les connaître dans l'original (…).
A la
demande de Wagner, cette lettre-ouverte sera publiée le 21 mai 1882.
181 - Camille SAINT-SAËNS.
1835-1921. Compositeur.
14 L.A.S. ou B.A.S. à Arthur Steck (chef d’orchestre) et son fils Paul
(peintre).
1887-1917.
18 pp. in-8 et in-12, 5 pp. in-4.
4000/4500 €
Belle correspondance intime et professionnelle montrant les liens très forts unissant
Saint-Saëns à la famille Steck: 1887, concernant la réforme de Paul pour lequel
son intervention a été vaine;
sur l’engagement de Mme Masson comme cantatrice
et femme de son excellent ami Ernest Masson de la Société des concerts; Saint-
Saëns précise que Gounod l’avait engagé pour chanter
mors et vita.
1890 :
annonçant son installation à St-Germain, déclinant une invitation; 1902 : il est
fâché d’avoir une bronchite et de l’avoir forcé à venir à Londres pour l’exposition;
invitation pour dîner avec Bernadette et Augusta Holmes; 1906 :
J’apprends par
mon ami Sizes que vous jouez souvent mes œuvres et que vous les jouez fort bien,
ce qui ne m’étonne pas (…).
1908 : à propos d’un mot d’une de ses cousines qui
lui a fait rater son rendez-vous et d’un accident survenu à son ami; il lui racontera
les histoires de Cannes et du mariage princier (…)
Il s’excuse encore:
C’est à
mettre dans le panier des fautes irréparables avec la dernière gaffe de l’empereur
d’Allemagne (…)
; 1917 : l’obligation d’aller tous les jours à l’Odéon par les
grands froids lui a fait beaucoup de mal,
mais le résultat est bon: ma musique a plu
et l’ensemble fait un très beau spectacle (…).
Il lui promet d’aller le voir avant son
départ à Marseille, Monte-Carlo puis à Rome. Il ne l’a pas oublié pour
Henri VIII
, et
ne lui a rien envoyé s’inquiétant de sa santé fragile;
Il ne faut pas tu ailles au théâtre
ave ce froid déjà trop vif (…) C’est ce que Gavani appelait les soirées tyranniques.
Mais il y a des cas où ils sont nécessaires (…).
Joint
un quatrain au crayon rouge et bleu avec petit croquis à la fleur.
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