70
71
Livres des XVII
e
et XVIII
e
siècles
Livres des XVII
e
et XVIII
e
siècles
8011/21
53.
[GAIN DE MONTAGNAC (Louis Laurent Joseph)].
Mémoires du chevalier de Kilpar, Traduits ou imités de l’Anglais de M. Fielding.
Paris : veuve Duchesne, 1768.
— 2 volumes in-12, (2 ff.), xij, 282 pp., (1 f.) ; (2 ff.), 293 pp., (1 f.). Maroquin
rouge, triple filet doré en encadrement et armes dorées au centre sur les plats, dos lisse orné, roulette dorée
intérieure, doublures et gardes de tabis bleu, tranches dorées sur marbrure (
reliure de l’époque
).
4 000 / 5 000 €
Édition originale dédiée à la comtesse de Beauharnais.
Bien que présenté comme la traduction d’un manuscrit anglais, ce texte est l’œuvre de l’écrivain originaire du limousin,
ancien capitaine de régiment de Riom, Louis Laurent Joseph Gain de Montagnac (1731-1780). Il fut l’auteur de plusieurs
ouvrages tels que les
Amusemens philosophiques
(1764),
Esprit de madame de Maintenon
(1771), etc.
Ces
Mémoires
sont une véritable supercherie littéraire, l’auteur voulant profiter de la notoriété qu’avait à l’époque le
romancier anglais John Fielding, auteur de l’
Histoire de Tom Jones
. Il s’agit en réalité d’un roman dans le genre de la
robinsonade, servant de prétexte pour Gain de Montagnac au développement de réflexions morales sur son époque.
PRÉCIEUX EXEMPLAIRE DE DÉDICACE, SUR GRAND PAPIER DE HOLLANDE, AUX ARMES DE LA
COMTESSE FANNY DE BEAUHARNAIS (1737-1813).
Née Marie-Anne-Françoise Mouchard de Chaban, Fanny de
Beauharnais fut l’une des personnalités incontournables du
monde littéraire à la fin du XVIII
e
siècle. Auteur elle-même
de romans, de poèmes et de pièces de théâtre, elle se consacra
entièrement à la littérature dès 1762, après sa séparation à
l’amiable d’avec Claude de Beauharnais. Elle tint un salon et
s’entoura de plusieurs gens de lettres parmi les plus célèbres
de l’époque, tels que le chevalier de Cubière dont elle
partagea la vie, Rétif de La Bretonne, Louis-Sébastien
Mercier, Baculard d’Arnaud, Cazotte, Claude Joseph Dorat,
etc.
L’exemplaire rentra par la suite dans d’autres prestigieuses
collections, notamment celles de l’auteur dramatique et
bibliophile Guilbert de Pixerécourt (1773-1844) et de
l’écrivain Léon Hennique (1850-1935).
Très bel exemplaire. Les dos présentent chacun un décor
différent avec cependant un même fer floral au centre des
caissons ; le premier volume possède effectivement des
fleurs de lys sur la pièce de tomaison et en queue alors que
sur le second ce motif est remplacé par des fleurettes et en
queue par un oiseau posé sur une volute de feuillage. Ces
différences sont volontaires, l’exemplaire a bien été relié à
l’origine ainsi. Quelques rares rousseurs.
Provenances : Fanny de Beauharnais, avec ses armes sur les
plats. - René-Charles Guilbert de Pixerécourt, avec ex-
libris (cat. 1838, n° 1273) - Léon Hennique, avec ex-libris.
- Le Moyne de Martigny, avec ex-libris.
8155/27
54.
GOLDONI (Carlo).
Le Bourru bienfaisant, comédie…
Paris : Veuve Duchesne, 1771.
— In-8, vj, 106 pp. Maroquin rouge, triple filet doré en encadrement, fleur de
lys dorée aux angles et armes dorées au centre sur les plats, dos à nerfs orné de fleurs de lys dorées, roulette
dorée intérieure, doublures et gardes de papier blanc à décor de feuillages dorés, tranches dorées (
reliure de
l’époque
).
2 000 / 3 000 €
Édition originale dédiée à Madame Marie Adélaïde de France, de cette comédie en 3 actes représentée à la Cour le mardi
5 novembre 1771 et représentée pour la première fois par les comédiens français ordinaires du Roi, le lundi 4 novembre
1771.
PRÉCIEUX EXEMPLAIRE AUX ARMES DE MARIE ANTOINETTE DAUPHINE, titre qu’elle porta entre 1770 et
1774.
Le fer central est celui décrit par OHR sous le
numéro 2525-5. Les gardes présentent un riche
décor de motifs de feuillages dorés aux petits
fers, d’une grande élégance.
Cette provenance, outre le fait qu’elle soit
indéniablement rare, est intéressante lorsque
l’on sait que c’est à l’occasion du mariage de
Marie-Antoinette et du Dauphin, que Goldoni
décida d’écrire cette pièce, la première qu’il
composa en français. « Parmi les réjouissances
de cet auguste mariage les poètes français
faisient retentir la cour et la ville de leurs
chants : ma muse avait envie de se réveiller (…)
Il semble que l’heureuse étoile qui répandait
pour lors ses influences sur ce royaume, m’ait
inspiré du zèle, de l’ambition, du courage. Je
conçus le projet de composer une comédie
française, et j’eus la témérité de la destiner au
Théâtre français (…) Vous devez vous apercevoir
que c’est du
Bourru bienfaisant
dont je vais
parler, pièce fortunée, qui a couronné mes
travaux, et a mis le sceau à ma réputation »
(
Mémoire de Goldoni, pour servir à l’histoire de
sa vie, et celle de son théâtre
, 1822, II, pp. 236-
237).
Exemplaire remboîté.
Lacroix, dans son catalogue de la
Bibliothèque de
la reine Marie-Antoinette au petit Trianon,
cite
cet ouvrage sous le numéro 221. Il ne peut pas
s’agir de cet exemplaire car les livres de cette
provenance étaient généralement reliés en veau
et portaient les initiales CT au dos.
Restaurations ou renforcement à la charnière
intérieure du second plat, occasionnant un léger
décalage du corps de l’ouvrage.




