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Livres Anciens
43.
LA MOTHE LE VAYER (François de).
De la vertu des payens.
Paris : François Targa, 1642.
— In-4, 223 x 165 : (4 ff.), 364 pp. mal chiffrées 374.
Demi-maroquin brun, dos à nerfs orné (
reliure du XIX
e
siècle
).
600 / 800€
Édition originale dédiée au cardinal de Richelieu.
Ce traité est l’un des textes les plus importants dans l’une des controverses théologiques
majeures du XVII
e
siècle, concernant les vertus des païens. Composé en plein règne du
néo-stoïscisme alors que certains grands auteurs comme Balzac et Corneille célébraient les
vertus de Rome, il émet comme thèse principale qu’il n’est pas impossible qu’un infidèle
ne puisse exercer quelques vertus, et qu’un païen, malgré son ignorance de la religion
chrétienne, est parfaitement capable de vertu, de moralité et d’être ainsi digne de respect.
La thèse défendue par La Mothe Le Vayer (1588-1672), homme de lettres libre d’esprit et
rénovateur de la philosophie sceptique, était en cela opposée à celle des jansénistes et ainsi
incompatible avec la doctrine augustinienne. Antoine Arnault ne tarda pas à la réfuter dans
son ouvrage intitulé
La Nécessité de la foi en Jésus-Christ
qui ne sera cependant publié qu’à
titre posthume en 1700.
Exemplaire bien complet des 4 pages d’addenda reliées à la fin, qui furent imprimées
après l’impression du livre. L’auteur y justifie certaines de ses positions en réponse à des
interrogations et remarques de lecteurs.
Frottements et épidermures au dos. Quelques très rares traces de mouillures sans gravité.
Diverses annotations et quelques repères de lecture anciens au crayon rouge dans la marge.
44.
LA QUINTINIE (Jean de).
Instruction pour les jardins fruitiers et potagers, Avec un Traité des Orangers,
suivy de quelques Reflexions sur l’Agriculture.
Paris : Le Compagnie des libraires, 1700
. — 2 volumes in-4, 244 x 176 : portrait,
(4 ff.), 16, 522 pp., (1 f.), 2 planches ; 572 pp. mal chiffrées 566, (1 f.), 11 planches ;
(2 ff.), 140 pp. Basane brune, dos à nerfs orné, tranches mouchetées (
reliure de
l’époque
).
400 / 500€
Ce traité agronomique et scientifique est l’œuvre majeure de l’agronome et directeur
général des jardins fruitiers et potagers des demeures royales Jean de La Quintinie (1626-
1688). Il parut pour la première fois de façon posthume en 1690.
Il s’agit du premier des grands traités agronomiques modernes, dans lequel l’auteur expose
ses expériences dans le domaine des primeurs et de la taille des fruitiers.
Cette édition est une remise en vente de la réédition de 1697, avec un titre de relais à
chaque volume. Elle comprend bien les 16 pages proposant deux textes en vers en l’honneur
de l’auteur, le premier en latin de Jean-Baptiste Santeul (1630-1697), le suivant en français
de Charles Perrault (1628-1703).
L’édition est tout de même augmentée du traité intitulé
Nouvelle instruction pour la culture
des fleurs
que l’on trouve à la fin du second volume avec un titre propre et une pagination
particulière. Ce traité figurait déjà dans l’édition de 1695 mais n’a pas été reproduit dans
toutes les éditions postérieures. Il s’agit d’un abrégé des importants traités du franciscain
italien Agostino Mandirola. On y trouve notamment la manière de cultiver les fleurs, ce
qu’il faut faire chaque mois de l’année selon les espèces de fleurs ainsi qu’un catalogue des
« fleurs les plus belles et les plus rares. »
L’édition est illustrée d’un portrait de l’auteur gravé par Cornelis Vermeulen (1644-1708)
d’après Florent Richard de Lamarre (1630?-1718), de 9 superbes vignettes anonymes placées
en tête de l’épître au roi et de chacune des parties, gravées sur cuivre, ainsi que de 7 petites
compositions dans le texte dont 3 en taille douce et 4 gravées sur bois. À cela s’ajoutent 13
planches gravées sur cuivre dont l’une représente un plan du jardin potager aménagé du
côté sud du palais de Versailles.
Manque à la coiffe de tête du premier volume, quelques travaux de vers au dos du même
volume. Épidermures sur les plats et frottements d’usage aux dos. Quelques feuillets brunis.




