Previous Page  220 / 252 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 220 / 252 Next Page
Page Background

218

593.

Émilie-Louise de

B

eauharnais

, comtesse de LAVALETTE

(1781-1855) fille de François de Beauharnais, nièce de

Joséphine, femme (1798) d’Antoine-Marie Chamans, futur comte de Lavalette et directeur des Postes sous l’Empire ; elle

favorisa en 1815 l’évasion de son mari condamné à mort. L.A.S. « Beauharnois de La Vallette », 5 décembre 1816 ; 1 page

et demie in-4.

350/400

P

réparation de

sa défense

,

dans

la crainte d

’

être

jugée

pour avoir aidé

son mari à

s

’

évader de

prison

.

« Oserai-je formuler un vœu, je

ne connois point les Loix ; j’ignore donc si je serai soumise à un jugement ; si cela est je compte m’en remettre parfaitement à l’humanité

des Juges et à la bonté du Roy. Je répondrai aux questions qu’on se croira en droit de me faire je ne veux point d’avocats leur talent est

au-dessus d’une chose si simple, je plaiderai moi-même si cela est nécessaire. Je n’ai point de faits à atténuer, point de vérité à détruire,

ma conscience et mon devoir voila ce qui m’a fait agir, avec cela on pourroit gâter en voulant y travailler. A-t-on pu m’inspirer une chose

qui tient à l’âme ; non, d’après cela aucune suite y eussai-je pensé ne pouvoit m’effrayer. Je voudrois qu’on me rendit la justice de croire,

que je n’aurois pas voulu y impliquer personne ; […] j’oserai ajouter, que ne craignant point le jugement, je serai cependant ravie, si je

suis exempte de paroître, ne désirant point du tout l’effet et ne souhaitant en aucune manière d’attirer les regards du public »…

594.

LETTRE DE SOLDAT

. L.A.S. par le grenadier

D

ecaux

, Estathe [Eichstätt] 27 février 1806, à son frère

D

ecaux

, négociant

« au petit Matelot » à Paris; 3 pages in-4, adresse et marques postales (petit trou de ver).

300/400

A

près

la

bataille

d

’A

usterlitz

.

Il regrette de n’avoir pu lui écrire plus tôt : « nous étions trop éloignés du Rhin. J’aurais craint

que les lettres n’arrivassent pas jusqu’en France. Je te dirai qu’après avoir quitté nos cantonnements nous allames du côté de Vienne

à la rencontre du régiment qui revenait de la bataille d’Austerlitz. Après l’avoir joint nous passames la revue du Colonel, du Gros

Major & des principaux chefs du régiment, nous revinmes avec lui du coté de la France, mais comme les villages dans lesquels nous

passions étaient toujours remplis de troupes qui revenaient de la Grande Armée, nous ne pouvions nous loger que dans des granges et

quelquefois obligés de bivaquer, pour éviter cela l’on nous fit quitter le Régiment et l’on nous mis en cantonnement dans un petit village

sur les fossés de la Prusse, et quand les troupes auront un peu débarrassé les chemins qu’elles obstruent, je crois que nous rentrerons

en France »... Il souffre de la gale, « un mal qu’il est impossible d’éviter dans les pays où nous sommes et il ne me reste que les hôpitaux

pour asile », qui sont remplis de Cosaques... « Je suis bien décidé à ne pas rester plus longtemps dans un etat qui ne m’offre qu’un avenir

malheureux et une vie dégoutante, toujours entouré d’Allemands ou d’Italiens car ce sont des gens de ces deux nations qui composent

le Régiment »...

595.

Émile LOUBET

(1838-1929) Président de la République (1899-1906). L.A.S., Montélimar 16 septembre 1896, à M.

R

oussel

 ; 4 pages in-8, en-tête

Présidence du Sénat

.

200/250

B

elle

lettre

politique

. Il voudrait savoir « si véritablement l’Impératrice de Russie viendra à Paris et si Madame Brisson rentrera avec

son mari ? Ma femme voudrait bien, si possible, éviter la corvée [...] J’irai à Paris le plus tard possible. Je suis ici mieux que dans la

capitale et j’avoue que la politique ne me tente guère. Je suis inquiet sur l’avenir et vois avec peine que les modérés suivant leur habitude

ne remuent pas tandis que les radicaux font rage. Où s’arrêtera-t-on ? Les ministres ont bien voyagé et beaucoup parlé, mais cela ne suffit

pas. Auront-ils le courage de résister à l’assaut qu’ils recevront à la rentrée ? Que seront les élections sénatoriales de janvier ? »... Il le

charge de diverses commissions, dont une visite auprès du ministre de la Justice, pour recommander plusieurs personnes à des postes.

«

D

arlan

ne fait aucun mouvement. Il attend sans doute la rentrée pour être ennuyé par les députés et sénateurs ou renversé afin d’être

débarrassé de ce souci. M.

B

arthou

ne fait rien pour mon s. préfet »...

596.

Émile LOUBET

. 2 L.A.S., Paris 1899-1903, à

sa

femme

, Marie

L

oubet

 ; 4 pages et demie in-8 à en-tête

Présidence de la

République

.

300/400

25 avril 1899

. « Hier nous avons eu à déjeuner M. Favre de Reims qui est fort aimable. Ce soir Paul de Combarieu Roussel etc. dînent

aux Aff

res

Étrangères où M.

D

elcassé

donne un grand dîner en l’honneur du Maire de S

t

Petersbourg »... Il visitera les deux Salons

samedi. Il attend le faire-part pour savoir le jour des funérailles de Mme Perret. « Le pauvre père Schneider est mort et la misère doit

être grande pour les enfants. Je ferai le possible pour qu’on leur donne un bureau de tabac dont ils ont besoin »...

5 septembre 1903

. Il

se plaint de la forte chaleur. « J’ai du monde pendant toute la journée, ce qui est bien pénible. J’ai eu hier une longue visite du roi des

Belges. Elle a duré […] tout juste deux heures. M.

R

ouvier

ne peut pas chasser demain avec moi. Il est reparti hier soir. Les ministres en

prennent bien à leur aise et tous ont déjà quitté Paris ». Il partira lundi pour la Bégude…

597.

Émile LOUBET

. P.A.S., Palais de l’Élysée à Paris, 15 juillet 1905 ; 4 pages in-8.

500/700

T

estament

. « Voulant éviter à mes enfants des difficultés après ma mort pour l’évaluation et le partage des immeubles et de la fortune

que je laisserai à mon décès, j’ai procédé ainsi qu’il va suivre à l’estimation et attribution de ma fortune à ma chère femme et à nos

enfants »... Suit l’énumération et estimation de ses biens immobiliers : maison à Montélimar ; propriété de Marsanne avec son bois et la

terre de la Loupie ; propriété de Bayanne à La Rochette, Ourches et Upie ; propriété de La Bégude de Mazenc ; le tout s’élevant à 400.000

francs. Il en fait la répartition entre ses enfants Paul, Marguerite et Émile, avec des dispositions de jouissance et des provisions viagères

en faveur de sa « chère femme Marie Picard ». En outre, il lègue à celle-ci « une rente qui avec les revenus de sa dot lui assure un revenu

annuel de 40.000 francs [...]. Je recommande à nos chers enfants d’être toujours unis entr’eux et de suivre les directions de leur mère »...