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histoire
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FAVRE Jules
(1809-1880)
homme politique, vice-président
et ministre du Gouvernement
de la Défense nationale.
MANUSCRIT autographe, Paris
21 novembre 1870 ; 5 pages in-fol.
(découpées pour impression,
numérotées au crayon bleu et
remontées sur des feuillets in-fol.).
600 / 800 €
Importante lettre ouverte du ministre
des Affaires étrangères, expliquant aux
agents de la France à l’étranger pourquoi
le siège de Paris continue, et pourquoi le
gouvernement n’a pas encore convoqué
une Assemblée nationale.
[Cette circulaire fut publiée à la « une »
du
Journal officiel de la République
française
du 22 novembre 1870, et par les
principaux quotidiens dès le lendemain. Le
manuscrit présente de nombreuses ratures
et corrections.]
Jules Favre attire l’attention sur la circulaire
de BISMARCK, sur le refus opposé par la
Prusse aux conditions de ravitaillement
proportionnel, et à l’armistice proposé par
les puissances neutres, et il cite à ce sujet
une dépêche importante du chef du Foreign
office, Lord GRANVILLE, qui témoigne des
sympathies de l’Angleterre pour la France.
« L’armistice sans ravitaillement pour faire
statuer au bout d’un mois sur la paix ou sur
la guerre n’était […] ni équitable, ni sérieux. Il
n’était, pour nous, qu’une déception et un
péril. J’en dis autant de la convocation d’une
assemblée sans armistice. S’il avait eu une
pareille combinaison compatible avec la
défense, le gouvernement l’aurait adoptée
avec joie. La Prusse peut lui reprocher
“de n’avoir pas voulu laisser l’opinion du
peuple français s’exprimer librement par
l’élection d’une représentation nationale”. Le
besoin de diviser et d’affaiblir la résistance
du pays explique suffisamment cette
accusation. Mais quel homme de bonne
foi voudra l’admettre ? »… Les membres du
gouvernement ont constamment cherché à
amener la convocation d’une assemblée, et
c’est dans ce but que Favre aborda Bismarck
à Ferrières [les 19 et 20 septembre] : « Je
laisse à la conscience publique le soin de
juger de quel côté ont été les obstacles, et
si le gouvernement doit être dénoncé au
blâme de l’Europe pour n’avoir pas voulu
placer les députés de la France sous le canon
d’un fort livré à l’armée prussienne. […] Les
élections auraient été livrées au caprice de
l’ennemi, aux hasards de la guerre, à des
impossibilités matérielles énervant notre
action militaire, et ruinant à l’avance l’autorité
morale des mandataires du pays »… Or la
Prusse a continué sa conquête du territoire,
et menace la capitale de bombardement
et de famine, « et c’est pour couronner ce
système scientifique de violence qu’elle
nous convie à réunir une assemblée élue en
partie dans ses camps, et appelée à discuter
paisiblement quand gronde le canon de la
bataille ! »… Le gouvernement a accepté
l’intervention des puissances neutres, et il
convoquera une assemblée si un armistice
avec ravitaillement le lui permet, mais la
responsabilité en incombe à la Prusse,
« déterminée à tout braver pour faire
triompher sa politique de conquête violente
et de domination européenne »…
On joint une petite L.A.S. de la Reine Isabel
II d’Espagne
à son amie Anna de Lagrange,
Paris 28 novembre 1873 (1 page in-8 à son
chiffre couronné, enveloppe=.




