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83 GOURMONT (Remy de). Le Songe d’une femme. Roman familier. Gravures au burin de J.-E. Laboureur.
Paris,
Camille Bloch, 1925.
In-8 (245 x 170 mm), maroquin vert, deux panneaux de maroquin noir mosaïqués encadrés d’une
multitude de roulettes dorées de formes diverses (chaînettes bouclées, ondulées, perlées, guillochées...) et soutenus et
surmontés par une rangée horizontale de grosses fleurs stylisées dorées, dos lisse orné de même, titré en long sur le
panneau de maroquin noir, filet perlé sur les coupes, doublures de maroquin noir bordées de maroquin vert au riche
décor d’animaux, de grecques et de roulettes dorés, gardes de soie jaune or, doubles gardes, couverture et dos, tranches
dorées, chemise et étui assortis, emboîtage moderne de toile bleu-gris (
Marie-Louise H. Farge
)
.
Belle édition illustrée de vingt-huit burins originaux de Jean-Émile Laboureur (
1877
-
1943
), dont un frontispice,
une vignette de titre et vingt-six compositions dans le texte.
« C’est un véritable chef-d’œuvre de typographie et d’illustration, certainement un des plus beaux livres du XX
e
siècle [...].
M. Laboureur a composé là ses plus belles gravures. Son art est fait d’une finesse extraordinaire. On dirait qu’il effleure à
peine ses sujets [...]. C’est un magicien de la gravure au burin », écrivait Max Molho dès
1926
.
Un des
27
exemplaires contenant un tirage à part des planches à l’état définitif sur vélin d’Arches (n°xxxi) d’un
tirage limité à
455
exemplaires numérotés, tous sur vélin d’Arches à la forme.
Belle et fraîche reliure mosaïquée de Marie-Louise Farge, strictement contemporaine de la délicieuse illustration
de Laboureur.
Citée d’abord par Crauzat comme jeune femme relieur et ensuite par Fléty à la rubrique des
Décorateurs et relieurs
amateurs ayant participé à des expositions entre 1890 et 1939
, on peut en conclure que Marie-Louise Farge était déjà active
à partir de
1925
. Dans un numéro de
1937
de la revue
Arts et Métiers graphiques
, Alphonse-Jules Gonon, ancien éditeur
et devenu lui-même relieur, nous apprend que Madame Farge fait tout dans son atelier, depuis les papiers jusqu’à la dorure.
Son style allie avec élégance un certain archaïsme fin-de-siècle à une sensibilité toute moderne qui convient parfaitement
à ce « roman épistolaire » dont les exquises planches de Laboureur renforcent encore le charme.
Chemise et étui passés.
S. Laboureur : Jean-Émile Laboureur, II, p. 66, n°307 – Carteret : Illustrés, IV, 193 – M. Imbert : Camille Bloch éditeur, n°22 – M. Molho :
Le Courrier des Lettres et des Arts, mai 1926, n°6 – Crauzat II, p. 162 – Fléty 181.
Expositions : D’or et d’agent, 2004, n°179 – Une vie, une collection, n°116.




