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89 DOSTOÏEVSKI (Fedor Mikhailovitch). Les Frères Karamazov. Traduction de B. de Schœlzer. Cent lithographies de
Alexandre Alexeïeff.
Paris, La Pléiade, J. Schiffrin, 1929.
3 volumes in-4 (312 x 238 mm), maroquin vert foncé, décor
géométrique abstrait composé, sur les plats supérieurs, des mêmes éléments avec de légères variations : listels droits,
courbes et circulaires mosaïqués en maroquin fauve, beige et noir, jeux de filets dorés et au palladium, grand cercle
pointillé au palladium, ligne horizontale de pastilles blanches mosaïquées passant sur le dos et les bordures intérieures,
et sur les plats inférieurs d’un grand cercle de points argentés, dos lisse titré au palladium, doublures et gardes de soie
à damier noir et gris, doubles gardes, couvertures et dos, tranches argentées sur témoins, chemise et étuis assortis,
emboîtages modernes de toile bleue (
Paul Bonet
)
.
Magnifique édition illustrée de cent lithographies hors texte d’Alexandre Alexeïeff en noir.
Tirage unique à
118
exemplaires numérotés sur hollande Pannekoek accompagnés d’une suite à part de toutes les
illustrations sur hollande mince (n°
43
).
Superbe exemplaire conservé dans un élégant ensemble de reliures constructivistes de Paul Bonet réalisées en
1929
-
1930
pour le grand collectionneur argentin Teodoro Becú (
1890
-
1946
).
L’artiste les décrit dans ses
Carnets
comme de « bonnes reliures à décor abstrait, différent pour chaque volume, mais fait
des mêmes éléments ». L’exécution est de
Gorce
et la dorure de
Jeanne
.
Paul Bonet (
1889
-
1971
), « déçu par les pratiques ordinaires autant qu’envoûté par son strict contemporain, Pierre Legrain,
sans lequel il n’aurait probablement pas franchi le pas », est, selon Yves Peyré, « relieur sous influence avant de se libérer
et de créer un style bien à lui. C’est à compter de
1930
qu’il devient lui-même, c’est-à-dire un homme en proie à l’invention
constante. Il ne cesse de mettre au point des effets nouveaux. Tantôt il recourt à des matières peu usitées, comme le métal,
ou à des techniques singulières comme la découpe, la sculpture ou la photographie. Il scrute aussi les ressources de la
tradition et les tourne en d’autres révélations, ainsi qu’il le fait avec le filet des reliures irradiantes. [...] Son œuvre marque
profondément la reliure dans son histoire comme dans sa pratique. Il est tellement créateur que ses facilités d’après-guerre
ne comptent que peu au regard de ses exploits. »




