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128

96 BRETON (André). Arcane 17.

New York, Brentano’s, 1944.

In-8 (225 x 152 mm), box vermillon, loupe de verre

convexe incrustée dans le premier plat sur fond de même box dans lequel a été mosaïqué un petit gant en daim noir,

dos lisse titré en doré, bordure intérieure ornée de filets à froid aux angles, doublures de papier vert ornées chacune

d’un panache de plumes multicolores au naturel, gardes de soie brochée vert-de-gris, doubles gardes, couverture et dos,

tête dorée, non rogné, emboîtage moderne de toile bleue (

Thalheimer

)

.

Édition originale.

Elle est ornée de quatre lames de tarot surréaliste par

Roberto Sebastián Matta

, sérigraphiées en couleurs et montées hors

texte sur papier gris.

Tirage à

325

exemplaires numérotés, celui-ci un des

300

sur vergé Oxbow (n°

227

). L’exemplaire est signé par l’auteur.

Rare et intéressante reliure surréaliste de Lucienne Thalheimer.

Active dès la fin des années vingt jusque vers

1950

, Lucienne Thalheimer (née en

1904

) fut, dans les années trente, l’un

des rares relieurs proches des surréalistes – et d’André Breton en particulier, dont elle fut l’amie – reliant nombre de leurs

ouvrages, dont l’esthétique novatrice l’a libérée des contraintes académiques et la fit évoluer vers des formes nouvelles.

« Pour proche qu’elle soit des hommes du mouvement [surréaliste] et de leurs principes, elle vit en effet leurs jeux et leurs

passions, comme elle suit au plus près leurs découvertes, elle s’avance à sa manière dans le vertige onirique. Son approche est

à la fois simple et extrêmement téméraire. Elle élit des matières variées qu’elle fait se rencontrer dans l’espace de sa reliure…

Sa participation par une triple présence à l’Exposition internationale du Surréalisme de

1947

à la Galerie Maeght est

révélatrice. Elle est absolument relieur mais surréaliste à part entière, admirée par Breton qu’elle enchante… » (Yves Peyré).

Aussi pouvait-elle écrire en

1979

: « Si je n’avais pas eu la chance de rencontrer Breton et si le surréalisme ne m’avait pas

tant apporté, ma reliure aurait peut-être pris une autre direction. Mais les mondes expliqués et proposés pas les surréalistes

m’ont conviée à cette forme d’expression répondant à des goûts et des désirs secrets. Il fallait pour moi rendre sensible la

dualité entre l’œuvre écrite et l’habit que représente la reliure ».

Le manuscrit original d’

Arcane 17

, conservé à la bibliothèque littéraire Jacques Doucet, est lui aussi revêtu d’une reliure

de Lucienne Thalheimer, en peau de pécari ornée de photographies d’Élisa Breton.

Précieux exemplaire de la bibliothèque de Jean-Charles Lissaragues (ex-libris, vente à Paris,

15

mai

2009

, lot

15

, ill.).

L. Thalheimer, « Pourquoi des reliures surréalistes ? », Bulletin du bibliophile, 1979, I, p. 43 – Peyré, 208 – Fléty, 167.

Reproduction de la reliure en 4

e

de couverture